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Les vies authentiques des vingt-quatre Tirthankars

BHAGAVAN RISHABHDEV, LE PREMIER TIRTHANKAR    

 « Ce fut le premier roi de cette époque et aussi le premier ascète. C’est lui également qui a été le premier constructeur du gué (Tirthankar). Mes salutations à ce Rishabh Swami ! »  Acharya Hemchandra. 

Suivant la mesure jaïne du temps cosmique, un cycle de temps comporte deux divisions. Dans le cycle ascendant, il y a une amélioration graduelle des conditions physiques et mentales qui comprennent la force corporelle, la santé, la bonheur, la simplicité, aussi bien pour les êtres que pour les conditions de climat et de vie. Pendant le cycle descendant,  une détérioration graduelle de ces conditions se produit. 

La Période des Jumeaux 

Durant les trois premières ères du cycle descendant, l’homme était complètement dépendant de la nature, pour tous ses besoins. Les arbres qui satisfont les souhaits leur fournissaient tout ce qui leur était nécessaire. L’homme avait une attitude simple, pacifique et satisfaite. L’environnement n’était absolument pas pollué. L’eau était goûteuse, froide et douce. Le sable lui-même était doux comme du sucre. L’air était sain et vivifiant. Les grains et les fruits étaient nutritifs et rassasiants. Un simple repas d’une petite quantité de fruits et d’eau durait pour des jours. L’estomac rempli et les désirs satisfaits agissaient comme antidotes à l’irritation et réduisaient les disputes et les activités mauvaises. L’ensemble du royaume animal vivait en harmonie avec la nature. 

Avec le temps, des changements graduels se produisaient et, vers la fin de la troisième ère, la production des arbres à souhaits se réduisait. La détérioration générale de la situation entraînait le commencement des querelles et des disputes. Pour se protéger de ces disputes, et pour vivre en paix et en harmonie, l’homme formait des groupes, et le système « Kulkar » se développait. Un certain nombre de personnes s’unissaient pour former un « Kula » (une famille) et le chef du groupe était appelé « Kulkar ». C’était la tâche du « Kulkar » d’arrêter les discordes et d’établir l’ordre. Nabhiraja fut le septième et le dernier de la lignée des « Kulkars ». Sa femme s’appelait Marudeva. L’époque du système « Kulkar » était connue comme celle des jumeaux (yugalia). Un couple humain avait coutume de donner naissance à des jumeaux - un garçon et une fille. Ces jumeaux devenaient mari et femme une fois adultes. Ils avaient l’habitude de mener une vie heureuse et satisfaite et ils mouraient de mort naturelle ensemble. 

Consommer ce qui était disponible était leur façon de vivre. Comme telle, cette période était aussi connue comme « bhog-bhumi-kaal » ou l’ère de la consommation libre. Jusqu’à l’époque du Kulkar Nabhiraja, l’homme vivait dans ce milieu d’abondance. 

La naissance de Rishabhdev 

Ce fut durant la dernière partie de la troisième ère du cycle du temps de déclin actuel que la grande et pieuse âme qui devait devenir Rishabhdev descendit dans le sein de Marudeva, dans la nuit du quatrième jour de la moitié sombre du mois d’ « ashadh » (juin/juillet). 

Il est mentionné dans les écritures jaïnes anciennes que, durant de nombreuses vies antérieures, l’âme qui devait devenir Rishabhdev avait réalisé des pratiques spirituelles prolongées. Comme résultat du degré élevé de pureté de ses pensées et de ses attitudes, de même de sa pénitence, de sa méditation, de sa charité et de ses actes bienveillants, il avait gagné des karmas hautement pieux. 

Dans son incarnation comme Dhanna, le chef de caravane, il avait fait des aumônes et rendu des services aux ascètes et autres. Comme docteur Jivanand, il avait pris grand soin aussi bien des masses souffrantes que des ascètes. Comme roi Vajranabh, il avait apporté son soutien aux masses pauvres et affligées. Après de nombreuses années de services publics, il avait renoncé au monde et s’était fait ascète. Du fait de pratiques spirituelles sans précédent, comprenant : études religieuses, pénitence, tolérance et méditation, il gagna le Tirthankar-nam-et-gotra-karma. Ces bonnes actions, durant ses naissances antérieures, firent qu’il naquit comme Rishabhdev. 

Lorsque son âme pieuse fut conçue, sa mère Marudeva rêva de quatorze choses favorables. La première qu’elle vit dans son rêve fut un beau et gros taureau blanc qui entrait dans sa bouche. Les autres choses furent : un éléphant géant avec quatre défenses, un lion, la déesse Laxmi assise sur un lotus, une guirlande de fleurs, la pleine lune resplendissant dans le ciel, la soleil scintillant, un drapeau flottant, une urne dorée, un bassin plein de fleurs de lotus, une mer de lait, un  véhicule des dieux dans l’espace, un monceau de pierres précieuses et un feu sans fumée. 

Nabhiraja était quelqu’un d’expérimenté et de savant. Lorsqu’il apprit les rêves de Marudeva, il dit « Devi ! Vous donnerez naissance à une âme hautement dotée qui montrera la voie de la paix et du bonheur à ce monde ». 

Les célébrations de la naissance 

Le huitième jour de la moitié sombre du mois de « chaitra » (mars/avril), vers minuit, Marudeva en parfaite santé donna naissance à des jumeaux. Ces pieuses naissances eurent une influence sur l’entourage. Le ciel eut un rayonnement apaisant, le vent devint parfumé, et toute l’atmosphère fut imprégnée d’une joie sans précédent, difficile à décrire. 

De partout vinrent les cinquante-six déesses des directions. Elles entourèrent la reine Marudeva et s’inclinèrent devant elle. Elle chantèrent aussi les louanges de l’enfant qui devait devenir un Tirthankar et procédèrent aux rites de purification post-natale. 

A cet instant, le roi des dieux de forme Saudharm, Saudharmendra Shakra, vint faire connaître que le premier Tirthankar était né. Il arriva avec sa grande suite de dieux et s’inclina devant la mère. 

« Oh ! Grande mère ! Moi, Saudharmendra Shakra, je m’incline devant vous et je vous présente mes salutations ! ». 

Après cela, la mère fut endormie et Saudharmendra créa cinq apparences semblables à son corps à lui. Avec le premier, il prit doucement l’enfant dans ses mains. Avec le second, il prit une ombrelle et plaça le corps derrière l’enfant. Avec le troisième et le quatrième, il prit des plumeaux et plaça ces corps de chaque côté du bébé. Avec le cinquième, il leva son arme divine, Vajra, et se tint debout devant le bébé comme un garde du corps. Dans cette formation, le roi des dieux amena le bébé dans les airs sur le Mont Meru. Là, tous les dieux, comprenant leurs 64 rois et leurs consorts, effectuèrent cérémonieusement les rites d’onction post-natale. Cette cérémonie, connue couramment sous le nom de « janma-kalyanak » d’un Tirthankar, n’a pas son pareil en ce monde. 

Le don du nom 

Le matin suivant, Nabhiraja organisa les célébrations natales. Il invita ses amis et ses parents à une fête où il annonça : « Comme il y a le dessin d’un taureau sur la cuisse du nouveau-né, et comme Marudeva a vu en premier un taureau dans ses grands rêves, nous nommons cet enfant « Rishabh Kumar ». Sa jumelle sera connue sous le nom de Sumangala : ». 

Le commencement du clan Ikshvaku 

Lorsque Rishabh Kumar eut un an, Saudharmendra vint à Kulkar Nabhi pour formaliser le nom de famille. Il apporta dans sa main une canne à sucre. Le bébé Rishabh était assis sur les genoux de son père. Lorsque le bébé vit la canne à sucre, il étendit avec empressement ses fines mains pour la saisir. Saudharmendra la lui donna et voyant son affinité pour la canne à sucre (ikshu), il nomma officiellement la famille « Ikshvaku ». 

Le mariage  

Rishabh Kumar fut marié a une jeune fille nommée Sunanda dont le jumeau était mort dans un accident. Ce fut le commencement du système du mariage. Il fut aussi marié à sa jumelle Sumangala, dans une cérémonie arrangée par les dieux. 

Le Prince Rishabh mena une vie maritale heureuse. Le moment venu, Sumangala donna naissance à Bharat, à Brahmi et à quatre-vingt dix-huit autres fils. Sunanda donna naissance à Bahubali et à Sundari. 

L’évolution des métiers et des commerces 

Le Prince Rishabh était une personne hautement douée, avisée et travailleuse. Il avait une perspicacité profonde dans la psychologie humaine. Voyant les besoins des temps et de la société, il développa de nombreux arts, métiers et commerces, et les apprit aux gens ayant l’aptitude et les capacités physiques et mentales qui conviennent. A certains, il enseigna l’agriculture, à d’autres le commerce des produits agricoles. Il inventa les alphabets, les langues et les nombres ainsi que les instruments pour écrire. Pour la défense de soi, il développa les arts martiaux et il les apprit aux personnes ayant un aspect physique robuste. Il établit aussi les systèmes de sécurité sociale et les codes pénaux. La poterie, l’architecture, la musique, la danse et de nombreux autres arts et métiers, qui ont enrichi la société humaine dans les domaines de la connaissance, des arts, des distractions, de l’administration, etc. sont dits  être aussi ses contributions. 

Puis, un jour, à la demande des représentants du peuple, Nabhiraja nomma Rishabh pour devenir le premier roi de cet âge. Il organisa une grande cérémonie du couronnement et lui céda les rênes de l’état. La cérémonie fut suivie par tous les membres de la famille et par un grand nombre de jumeaux et de dieux. Les dieux créèrent un trône en or et oignirent Rishabh avec l’eau recueillie de différents centres de pèlerinage. Ils le revêtirent d’habits et d’ornements divins et mirent officiellement la couronne sur sa tête. Les jumeaux versèrent humblement de l’eau sur ses pieds, avec des coupes faites de feuilles de lotus. Rishabh devint le premier roi de cette ère. Le roi des dieux ordonna à Kuber, roi de la fortune, de construire une belle cité. Celle-ci fut appelée Vinita. Plus tard, elle devint populairement connue sous le nom d’Ayodhya. 

La prédication de la voie du renoncement 

Pendant de nombreuses années, Rishabhdev gouverna son peuple et ouvrit de nouvelles frontières de connaissance. Durant le règne de son père, la population était organisée au hasard, uniquement en groupes. Rishabhdev les réorganisa suivant leurs vertus, leurs activités et leurs professions et il divisa, en gros, la société en trois parties. La communauté commerçante fut appelée « vaishya », la communauté militaire « kshatriya », tous les autres gens s’occupant des services divers furent appelés « shudra ». A cette époque, le groupe des brahmanes n’était pas encore constitué. 

Après un temps très long (6, 3 millions de Purva), il commença à perdre tout intérêt dans les choses et les activités du monde et à tendre au détachement. Il sentit qu’il devait transférer toutes ses responsabilités à ses fils et s’orienter vers la libération, par des pratiques spirituelles. Il désira aussi atteindre l’omniscience et il montra, en conséquence, la voie de la vie disciplinée et des pratiques spirituelles. Son concept fut que s’adonner aux choses du monde ne donne pas le bonheur mais seulement une illusion de celui-ci. Le véritable bonheur vient de la libération des activités du monde. 

Suivant le flot de ses pensées, Rishabhdev divisa le territoire de son royaume entre ses cent fils. Bharat reçut l’état d’Ayodhya et Bahubali celui de Takshashila. Libéré des responsabilités de son royaume, Rishabhdev décida de prendre la « diksha » (l’initiation officielle dans la voie ascètique). A ce moment, les dieux  de la bordure de l’univers (les Lokantikdev) arrivèrent et demandèrent  :« Oh ! Sauveur de la race humaine ! Votre désir de montrer la voie du renoncement à l’humanité est admirable ! Procédez, s’il vous plait, rapidement à la tâche de propager le « dharma » (la religion) ! :». 

Après une année de charité méritoire, Rishabhdev s’assit dans le palanquin nommé Sudarshan et arriva dans le jardin Siddharth-vana. C’était le huitième jour de la moitié sombre du mois de « chaitra » (mars/avril) lorsque, sous un arbre ashok, il abandonna tous ses vêtements et ornements et commença à arracher ses longues mèches de cheveux. Après quatre poignées, lorsqu’il allait arracher la cinquième, Indra lui dit : « Sire ! Cette mèche de cheveux sur la couronne de votre tête, qui pend sur vos épaules, semble belle. Je vous en prie, laissez-là comme elle est !». Rishabhdev accepta. Du fait de cette touffe de cheveux, il obtint le nom populaire de « Keshariya ji » (celui avec des cheveux). Le roi des dieux ramassa, dans un tissu divin, les cheveux arrachés par Rishabhdev et les immergea dans l’océan de lait. 

Suivant l’exemple de Rishabhdev, beaucoup de ses subordonnés et de gens ordinaires furent inspirés d’adopter la façon de vivre ascétique. Il est mentionné, dans les écritures, qu’avec Rishabhdev quatre mille autres personnes reçurent aussi la «diksha ». 

La première charité 

Après être devenu un ascète, Rishabhdev fit le vœu de silence total et commença à errer en compagnie d’autres sadhus. Lorsque, après sa pénitence, il alla mendier sa nourriture, il n’eut rien à manger. Les gens, à cette époque, ignoraient la pratique de donner de la nourriture en aumône. Ils ne comprenaient même pas le besoin de le faire. Chaque fois que Rishabhdev s’approchait d’eux, ils lui manifestaient leur respect et lui faisaient des offrandes, comme s’il s’agissait d’un roi. Rishabhdev s’en allait alors sans rien accepter. Comme le temps passait, les ascètes se consultèrent et décidèrent de manger les fruits et les légumes naturellement  disponibles. Lentement, ils se séparèrent de Rishabhdev et de la véritable façon de vivre  de façon ascétique. Après une année complète d’errance, d’un lieu à un autre, et de dures pratiques spirituelles, sans toucher ni aliment ni eau, Rishabhdev décida de mendier de nouveau sa nourriture. Il alla dans la ville d’Hastinapur. Le fils de Bahubali, Somprabh, était alors le roi de cette ville. Son fils, Shreyans Kumar, vit en rêve, durant la nuit, que Suvarnagiri, la montagne dorée, était devenue noire et qu’il avait changé ce noir en couleur dorée, en la lavant avec des pots pleins de lait. Il raconta son rêve à son père et à ses amis, mais personne ne put dire sa signification. 

Shreyans Kumar était assis sur le balcon de son palais et remâchait le rêve qu’il avait vu la nuit  précédente. Tout à coup, il entendit le bruit causé par une masse de gens heureux d’avoir vu Rishabhdev entrer dans la ville. Des milliers de citoyens d’Hastinapur se ruèrent au-devant de lui, avec des cadeaux. Rishabhdev ne regarda même pas les présents et continua sa gracieuse marche en direction du palais. 

Lorsque Shreyans vit Rishabhdev approcher, il courut accueillir son arrière grand-père. Après s’être incliné jusqu’aux pieds des grands ascètes, lorsqu’il vit le visage de Rishabhdev, il ne put pas bouger son regard. Il entra dans un état de méditation et soudain il acquit le « jati-smaran jnan » (la connaissance qui permet de se souvenir des naissances antérieures). Dans sa précédente naissance, Shreyans était le conducteur du char du roi Vajranabh (l’incarnation passée de Rishabhdev). Cette connaissance aussi le rendit attentif aux devoirs des laïcs envers les shramanes. Il comprit que Bhagavan Rishabhdev errait aux alentours, sans nourriture ou sans eau, en raison de l’ignorance qui prévalait dans le peuple concernant les règles ascétiques. 

Avec le respect qui convient, il demanda à Rishabhdev : « Prabhu ! Je suis honoré de votre présence. J’ai justement reçu 108 pichets remplis de jus de canne à sucre qui sont purs et qui vous conviennent entièrement. Je vous en prie ! Acceptez ce jus et arrêtez votre jeûne ! ». Rishabhdev étendit les paumes de ses mains en coupe et Shreyans versa le jus de canne d’un pot. Rishabhdev rompit son jeûne et les cieux résonnèrent du son des tambours et des applaudissements divins. « Salut au don d’aumônes ! ». Les dieux firent aussi pleuvoir des pierres précieuses, des fleurs et des parfums. 

Ce fut le commencement de la tradition de la charité religieuse et du don d’aumônes. En mémoire de cet événement, le troisième jour de la moitié brillante du mois de « vaishakh » (avril/mai), on célèbre la fête de « akshay tritiya ». Les Jaïns la commémorent spécialement le jour du déjeuner après la pénitence du « varshi tap » (un repas et un jeûne alternés, tous les jours, pendant un an). 

L’omniscience et le nirvana  

Pendant mille ans, Bhagavan Rishabhdev continua ses dures pratiques spirituelles, en ignorant complètement son corps et les autres activités du monde. Le onzième jour de la moitié sombre du mois de « phalgun » (février/mars), il méditait sous un arbre banyan, dans la jardin Shakatmukh, à l’extérieur de la ville de Primtal, près d’Ayodhya. Dans matinée, il dépassa l’état élevé de pureté de la méditation. L’intensité de sa pratique provoqua l’effacement des karmas qui obscurcissent la connaissance et la perception, et des karmas trompeurs. De ce fait, il atteignit l’omniscience, l’état de l’âme le plus pur et le plus éclairé. Rishabhdev était devenu un « Jina ». 

Lorsque Rishabhdev atteignit l’omniscience, le monde entier fut rempli, pendant un moment, d’une lueur apaisante. De nombreux dieux descendirent des cieux pour manifester leurs respects au Tirthankar. Ils créèrent aussi le « samavasaran » (le pavillon divin). Le roi Bharat se dirigea vers la divine assemblée, monté sur un éléphant et accompagné de sa grand-mère Marudeva. Inquiète des rudesses de la vie ascétique de son fils, Marudeva fut soulagée lorsqu’elle vit la visage radieux de Rishabhdev, assis dans la divine assemblée, entouré de dieux heureux et éblouissants. La vue de son fils perché sur le pinacle spirituel déclencha un flot de joie spontanée dans son cœur. Cette joie se tranforma doucement en un bonheur sans pareil et elle acquit l’omniscience. Au même moment, elle termina sa vie et devint une âme libérée (Siddha). Bhagavan Rishabhdev annonça que Marudeva était devenue une âme libérée. 

Dans son premier discours, Rishabhdev exposa, en détail, la trilogie de la conduite juste. Connaissant la signification de la vie d’un être humain, et l’importance d’une vie obéissante, des milliers de gens dont Rishabhsen, l’aîné des fils de l’Empereur Bharat, et cinq mille autres membres de la famille royale, embrassèrent la vie ascétique. Des milliers d’autres personnes adoptèrent le « shravak dharm » (la façon de vivre religieuse des laïcs). Comme il fonda le quadruple gué religieux au commencement de l’ère présente, Bhagavan Rishabhdev devint populairement connu sous le nom d’ « Adinath » ( premier Seigneur). 

Le premier disciple de Bhagavan Rishabhdev fut Rishabhsen. Il devint son premier disciple principal, connu sous le nom de Pundarik. 

La libération  

Pendant longtemps, Bhagavan Rishabhdev continua à propager sa religion avec les cinq grands vœux comme thème principal. Lorsqu’il comprit que tous ses karmas restants approchaient de leur fin, il se rendit à la montagne Ashtapad. Le treizième jour de la moitié sombre du mois de « magh » (janvier/février), un peu avant midi, avec dix mille autres ascètes, il observa un jeûne de six jours, sans eau, assis en méditation dans la posture « paryanka ». Lorsque la lune entra dans la maison lunaire Abhijit, il parvint au nirvana et fut libéré de toute les douleurs de l’existence. 

Le roi des dieux, Saudharmendra, l’Empereur Bharat, de nombreux dieux et hommes se rassemblèrent et célébrèrent l’événement favorable du nirvana de Bhagavan Rishabhdev.