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BHAGAVAN  SHANTINATH – 16

 

 

Le compte-rendu des incarnations précédentes de Bhagavan Shantinath indique que cet être avait pris, de nombreuses années auparavant, la voie de la discipline qui mène à la pureté de l’âme. En raison de cela, après ses incarnations comme Shrisen et Vajrayudh, il naquit comme Meghrath, le fils du roi Dhanrath de la ville de Pundarikini, dans le Purva Mahavideh. Au moment opportun, le roi Dhanrath donna le royaume à Meghrath et se fit ascète. 

La protection d’un réfugié 

Meghrath était un roi bienveillant et religieux. Il fut compatissant et protégea toutes choses vivantes. Etant un kshatriya et un guerrier, il eut la courtoisie de sacrifier tout ce qu’il avait pour protéger ceux en difficulté.

 Un jour, alors qu’il observait le vœu de renoncement partiel (paushadh), il était sur le point de prononcer un discours sur « la religion propagée par les Tirthankars ». Tout à coup, un pigeon tremblant de peur tomba sur ses genoux et cria d’ une voix humaine étouffée : « Sauvez- moi, Oh ! Roi ! Donnez-moi un refuge, prenez-moi sous votre protection ! ». Le roi compatissant le réconforta et lui accorda sa protection. 

Le pigeon était poursuivi par un faucon qui cria aussi dans un langage humain. « Oh ! Roi ! Ce pigeon est ma nourriture, laissez-le seul ». Le roi essaya d’expliquer : « Il a pris refuge auprès de moi, aussi il est de mon devoir de le protéger. Je vous donnerai toute autre nourriture que vous voudrez ; pourquoi tuer une chose vivante juste pour remplir son estomac ? ».

 Le faucon insista : « Si vous ne le lâchez pas, je peux mourir de faim. Je suis un carnivore. Qui va me nourrir ? Si je meurs, vous serez responsable et vous supporterez le péché ». 

Comme le faucon ne cédait pas, Meghrath dit enfin «  Oh ! Faucon ! Aussi longtemps que j’existerai, je ne vous permettrai pas de mourir. Je coupreai un morceau de chair de mon corps équivalent au poids de ce petit pigeon et je vous le donnerai. Vous pourrez satisfaire votre besoin de manger mais, en aucune circonstance, je ne vous permettrai de tuer l’oiseau qui à pris refuge auprès de moi ». 

Le faucon accepta cette proposition. Le roi mit le pigeon dans le plateau d’une balance et commença à couper des morceaux de chair de son propre corps. De façon surprenante, le poids du pigeon continuait à augmenter, au mesure que le roi mettait sa chair dans le plateau de la balance. Voyant cette scène pathétique, les reines et les membres de l’assemblée étaient émus jusqu’aux larmes. Ils demandèrent au roi de ne pas sacrifier sa précieuse vie pour un simple pigeon. On demanda aussi au faucon de fléchir, mais il refusa. 

Le roi continua à couper de la chair de son corps et la mit dans le plateau de la balance. Enfin, lorsque les morceaux de chair ne furent plus suffisants, le roi se leva de son siège et s’assit dans le plateau. Toutes les personnes présentes furent frappées de cette grande compassion et de cette chevalerie manifestées par le roi. Soudain, il y eut un éclair de lumière divine et un personnage divin apparut. Le pigeon et le faucon disparurent. Le dieu dit au roi :« Maharaj ! Le roi des dieux faisait l’éloge de votre compassion et de votre courage dans son assemblée. Je n’ai pu me contenir et suis venu pour vous tester moi-même. Tout cela était ma création ? Vous vous en sortez avec des couleurs éclatantes. Vous êtes digne de l’éloge que le roi des dieux a fait de vous. S’il vous plait ! Pardonnez-moi ! » Le dieu répara les blessures de Meghrath instantanément et partit pour sa demeure.

Chaque fois que l’on parle de chevalerie et de compassion, le nom du roi Meghrath est cité avec respect. 

Une discipline inébranlable 

Troublé par les souffrances de la vie dans le monde, le roi était, un jour, entrain de méditer. Il accéda à un très haut niveau de pureté. Sachant cette pureté peu commune et  la détermination de Meghrath, le roi des dieux s’inclina devant lui avec respect. :«  Mes salutations à vous, Oh ! Citoyen Yogi ! Ils sont peu nombreux ceux qui, dans ce monde, pourraient atteindre ce niveau de détachement et de pureté ». Deux consorts plus anciennes que Indra, Surup et Atirup, n’aimaient pas ce geste de louange à un simple être humain. Toutes deux vinrent pour troubler la méditation de Megharath. Elles firent apparaître plusieurs belles et voluptueuses demoiselles devant le roi. Ces beautés essayèrent de le distraire par  une série de danses et de gestes attrayants. Lorsque ces longues manifestations séduisantes eurent échoué à déranger le roi, avant de retourner à leur demeure, les déesses apparurent et lui demandèrent de les pardonner. 

Le roi Meghrath couronna, ensuite, son fils et reçut la diksha de l’Arhat Dhanrath. Du fait de sa pureté croissante dans la méditation face à de nombreuses afflictions, il gagna le Tirthankar-nam-et-gotra-karma. A sa mort, il se réincarna parmi les dieux de la forme des Sarvarthsiddha. 

Après ce séjour parmi les dieux, l’être qui était Meghrath  descendit dans le sein de la reine Achira, la femme du roi Vishvasen du clan Ikshvaku d’Hastinapur. 

Il y eut, une fois, un grand orage à Hastinapur avec beaucoup de pluies et de dégâts. Une épidémie suivit et des centaines de personnes commencèrent à mourir, chaque jour. La population demanda au roi de la  sauver, mais le roi fit le vœu de ne pas manger ni boire aussi longtemps que la paix et la normalité ne seraient pas revenues dans le royaume. 

Emu par ce vœu très dur du roi Vishvasen, le roi des dieux lui-même apparut devant lui et dit : «  Oh ! Roi ! Vous vous troublez inutilement. Y a t’il une mort là où le trio qui satisfait les souhaits, Chintamani, Kalpavriksha et Kamdhenu (la perle, l’arbre et la vache divins) existent ? L’incarnation de la paix est actuellement portée par la reine Achira Devi dans son sein et vous vous sentez encore troublé ? Cela me surprend ! ». Indra chanta alors un panégyrique à la louange du Tirthankar et s’adressa au roi en ces termes : « Dites à la reine d’aller sur le toit et de chanter ce panégyrique. Après cela, qu’elle jette un regard sur les vastes étendues de votre royaume alentours. Ce coup d’œil pacificateur de la reine ôtera toutes les souffrances, d’où qu’elles viennent ! ». 

Le treizième jour de la moitié sombre du mois de « jyeshta » (mai/ juin), la reine donna naissance a un grand et illustre fils. L’univers entier, y compris même l’enfer, fut envahi par un rayonnement doux et un sentiment de joie et de bonheur. Du fait de l’influence pacificatrice pendant la période de la grossesse, le nouveau-né fut appelé « Shanti » ( paix). Lorsqu’il fut en âge, il se maria à plusieurs belles princesses. Le moment venu, le roi Vishvasen céda son royaume à Shantinath et reçut la diksha.

 Peu de temps ensuite, le roi Shantinath eut un fils nommé Chakrayudh. Plusieurs années après, l’arme du disque divin apparut dans l’armurerie. Lorsque les rites traditionnels de vénération de cette arme furent passés, la disque alla à l’est de sa ville. Shantinath le suivit avec ses forces armées. La plupart des rois sur le chemin se rendirent. Après avoir défait les derniers qui restaient, Shantinath devint un Chakravarti.  

 Il comprit, après un règne long et paisible, que le moment de son renoncement approchait.Il alla alors dans la jungle Sahasramra et, devenu un ascète, commença les pratiques. 

Après avoir erré comme ascète pendant un an, il retourna à la même jungle et  là, le neuvième jour de la moitié brillante du mois de « paush » (décembre/ janvier),il atteignit l’omniscience sous un arbre nandi. Son premier discours eut pour sujet « la discipline des sens ». Il alla à Sammet Shikhar, après une longue période d’errance et de propagation de la vraie religion. Là, avec neuf cents autres ascètes, il observa un mois de long jeûne qui débuta sa méditation finale. Le treizième jour de la moitié sombre du mois de « jyeshta » (mai/juin), Bhagavan Shantinath atteignit le nirvana.