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Les vies authentiques des vingt-quatre Tirthankars

BHAGAVAN  MALLINATH – 19

 

Il y avait, dans l’Aparvideh, une ville nommée Vitshoka. Elle était dirigée par un roi puissant nommé Mahabal qui était très intime avec six autres rois, ses camarades d’enfance. Influencé par les discours des ascètes, le roi Mahabal décida de suivre la voie spirituelle. Il chercha l’avis de ses six amis d’enfance avec la remarque « Je désire devenir un ascète, vous aussi ? ». 

Les six amis répondirent «  Nous avons été ensemble durant les bons et les mauvais moments. Comme nous avons été ensemble durant les bons et les mauvais moments et comme nous avons joui ensemble de la vie dans le monde, il serait honteux que nous ne restions pas des compagnons sur la voie spirituelle. Nous deviendrons ascètes ensemble et nous suivrons ensemble toutes les pratiques spirituelles ». 

Les sept rois reçurent la diksha de Varadharma Muni et commencèrent les pratiques spirituelles  avec ferveur. Mahabal fut mordu par le virus de l’ego. Il pensa « J’ai toujours été à la tête de mes amis. Maintenant, si je fais les mêmes pratiques, je resterai au même degré. Ainsi, je ferai un peu plus qu’eux et je resterai en tête, comme avant. » Avec ce sentiment, Mahabal commença secrètement à faire plus de pratiques que les autres. Tous les sept amis devaient officiellement faire le vœu de quelque pénitence spécifique ensemble, mais finalement les autres amis rompaient leur jeûne alors que Mahabal continuait le sien sous un certain prétexte. Le désir d’être au-dessus de l’ordinaire inspirait cette compétition. Comme résultat de sa défection, Mahabal sentit une déception du niveau spirituel élevé, qu’il avait atteint en raison de ses intenses pratiques, et il acquit la karma qui en résultait en naissant comme femme (sti-ved). Toutefois, comme il maintenait toujours la pureté et l’intensité de ses pratiques, il gagna aussi, plus tard, le Tirthankar-nam-et-gotra-karma. Les sept ascètes rendirent leur dernier soupir, après soixante jours de jeûne et de méditation. Il se réincarnèrent comme dieux sous la forme Anuttar.

 La naissance de la kumari Malli 

L’être qui était Mahabal, quittant la demeure des dieux, descendit dans le sein de la reine Prabhavati, la femme du roi Kumbh de la ville de Mithila. Durant le troisième mois de sa grossesse, la reine eut le désir de dormir sur un lit de fleurs odorantes de cinq couleurs, et de sentir tout le temps un bouquet de fleurs (malladam). On dit que si une âme pieuse réside dans le sein, tous les désirs sont satisfaits. Le onzième jour de la moitié brillante du mois de « margshirsh » (novembre/décembre), la reine donna naissance à une pieuse et belle fille. C’était sans précédent qu’un Tirthankar soit né comme fille ; tout le monde fut surpris, mais même le tout-puissant est impuissant, lorsque les karmas entrent en action. 

Le désir de la mère pour un bouquet de fleurs inspira au roi de nommer sa fille « Malli ». Elle aimait beaucoup avoir un bouquet de fleurs. Les fleuristes de partout avaient l’habitude de lui offrir de beaux et attrayants bouquets et désiraient avoir des cadeaux en retour. D’étranges histoires sur son infatuation pour les fleurs et les bouquets se répandirent alentours. 

Les boucles d’oreilles divines 

Une fois, un célèbre et riche marchand, Arhannak de la ville de Champa, arriva d’un voyage en mer avec d’autres personnes. Après avoir gagné des tas de richesses, quand il retourna un dieu apparut. En vue de tester la dévotion d’Arhannak pour sa religion, le dieu créa une variété de tourments. Même en face de la mort, Arhannak ne céda pas. Sa dévotion pour la voie montrée par le Jina fut absolument inébranlable. Le dieu fut content de cette détermination implacable. Il donna au marchand une paire de boucles d’oreilles divines comme cadeau.

 Sur le chemin du retour au bateau, amarré à Mithila, tous les marchands allèrent à l’assemblée du roi Kumbh avec des cadeaux. Arhannak donna les boucles d’oreilles divines à Malli Kumari. Le roi et ses ministres furent étonnés de la beauté de ces boucles d’oreilles. Un jour, une soudure de ces boucles se brisa. Le roi Kumbh appela des orfèvres experts pour réparer la soudure, mais aucun artisan n’eut assez de talent pour faire ce travail. Comme sanction le roi  en exila beaucoup. Chaque fois que ces artisans revenaient, ils parlaient de la divine beauté de Malli. 

L’artiste ignorant 

Une fois, Mallidinna, le jeune frère de Malli, construisait une salle de spectacle dans les locaux du palais. L’un des artistes qui travaillait était doué d’un grand talent. Cet artiste entrevit un orteil de Malli qui se tenait debout derrière un treillis. Cela permit à l’artiste, hautement doué, de peindre une fresque de la princesse sur le mur de la salle. Il avait l’impression que le prince serait heureux de voir la réplique exacte de sa sœur et qu’il recevrait une riche récompense. 

Lorsque la salle fut achevée, le prince vint avec ses femmes pour regarder et approuver les belles peintures, dont certaines étaient même érotiques. Alors qu’il avait plaisir à voir ces œuvres d’art, il tomba sur la peinture de Malli. Il ne put pas croire ce qu’il vit. Honteux de lui-même il dit « Ma sœur aînée est là, et je prend plaisir à regarder ces peintures sensuelles avec mes femmes ! ». Sa gouvernante lui expliqua « Prince, vous faites erreur, ce n’est pas votre sœur, mais son vivant portrait ». Le prince examina soigneusement la peinture et  fut étonné du travail d’art réaliste et du talent de l’artiste. Cependant, le sentiment de colère dépassa celui d’appréciation. Il était ennuyé de l’effronterie inattendue de l’artiste qui avait peint, dans la salle des divertissements, un tel vivant portrait de sa sœur aînée respectée. 

Le prince en colère appela le peintre et lui demanda quand et comment il avait vu la princesse. L’artiste répondit humblement « Sire ! J’ai seulement vu un orteil de la princesse derrière un treillis. Mais, je suis doté de ce don miraculeux que, lorsque je commence à peindre même une partie d’une chose, automatiquement je la complète parfaitement ».

 Cette explication n’apaisa pas le prince. Il exila l’artiste, après l’amputation de son pouce droit. L’artiste vexé fit une autre peinture de la princesse et la vendit très cher au roi Adinshatru d’Hastinapur. Adinshatru était attiré par Malli, comme de nombreux autres qui avaient entendu parler de sa beauté divine. 

Une discussion avec Choksha 

Un jour, une mendiante nommée Choksha vint à Mithila. Afin d’influencer la famille royale, elle alla voir Malli. Choksha était une spécialiste des Vedas et autres écritures. Son interprétation était que tenir son corps propre, faire la charité et  l’onction du tirth (lieu sacré) étaient les seules activités religieuses qui menaient à la libération. Elle commença à prêcher ses idées à Malli qui l’écouta avec patience. Lorsque Choksha n’eut rien de plus à dire, Malli répondit d’une voix magnétique « Avec le respect dû à votre tenue, je suis surprise de votre ignorance, Choksha ! Sachez que toute charité n’est pas faite avec une intention religieuse ou pieuse. Même nettoyer le corps et oindre un tirth ne sont pas sacrés, s’ils ne sont pas faits avec des sentiments d’équanimité et de piété ou s’ils provoquent la destruction du moindre organisme vivant. Une étoffe tachée de sang ne sera jamais nettoyée en la lavant avec du sang. La base de la religion est une attitude avisée. A une personne irrationnelle, même la pénitence cause de l’inconfort et de l’irritation ». Cette logique irréfutable de Malli cloua le bec à Choksha, mais elle se mit en colère et décida de se venger. 

Choksha décida que, pour briser l’orgueil de cette princesse, il vaudrait mieux qu’elle soit manipulée en la mariant à un roi qui avait déjà beaucoup de femmes.  Mûrissant son plan, elle se rapprocha du roi de Kampilyapur, dans l’état du Panchal. Elle fit une description émoustillante de la divine beauté de Malli et dit au roi, de façon provocante : « Votre vie  et votre palais sont tous deux sans éclat, aussi longtemps que vous ne vous mariez pas et que vous n’amenez pas cette divine beauté dans votre palais ». Le roi Jitshatru fut très impressionné. Il décida de demander la main de Malli en mariage. 

Le changement du cœur des six rois 

Les six amis de Malli, dans sa précédente naissance, étaient nés dans six familles royales différentes et avaient hérité des royaumes. C’étaient : le roi Pratibuddha de Saketpur, le roi Chandrachhay de Champa, le roi Rupi de Shravasti, le roi Shankh de Varanasi, le roi Adinshatru d’ Hastinapur et le roi Jitshatru de Panchal (Kampilyapur).

 La renommée de la beauté de Malli Kumari inspira à ces six rois d’envoyer des propositions mais leurs émissaires furent renvoyés. Ces rois se sentirent insultés. Ils marchèrent sur Mithila avec leurs armées et en firent le siège.

 Quand le roi Kumbh vit la provocation, il fut inquiet. Malli Kumari demanda à son père la cause de son anxiété. Kumbh répondit « Ma fille ! Tous ces rois veulent vous épouser. Mon refus les a irrités et ils encerclent Mithila. Je me demande ce que je peux faire maintenant ! ». 

Malli fut aussitôt consciente de toutes ces activités, grâce à son « avadhi jnan » (sa capacité de connaître tout du monde physique). Elle fit un plan pour éclairer ces amis sur sa dernière naissance. Dans le jardin du palais, elle trouva une chambre où elle installa, au mileu, une statue de taille humaine qui était sa réplique exacte. Son centre était creux et il y avait une ouverture cachée sous le cou. Six chambres adjacentes furent érigées autour de la chambre centrale circulaire. Ces six chambres avaient des fenêtres ouvrant dans le chambre principale. Ces fenêtres étaient ainsi disposées qu’une personne extérieure ne pouvait voir que la statue et rien d’autre. En faisant tous ces arrangements, Malli commença à mettre, chaque jour, dans la statue creuse, une poignée de la nourriture qu’elle mangeait. 

Lorsque la puanteur de la nourriture décomposée venant de la statue en ouvrant le couvercle devint intolérable, Malli alla voir son père. Elle lui dit : «  Arrêtez de vous inquiéter, père, et informez les rois individuellement que je désire les rencontrer pour discuter mariage ». Le roi fit ainsi. Croyant qu’il avait été seul invité, chaque roi accepta. Au moment prévu, ils vinrent un par un et ils furent conduits aux six chambres attribuées séparément à chacun. Des fenêtres de sa chambre chacun d’eux regarda fixement la statue divinement belle, considérant que c’était Malli. Chacun rêvait déjà du mariage et des heureux moments qui suivraient. Soudain, Malli enleva le couvercle du trou caché dans le cou de la statue. L’odeur repoussante de la nourriture décomposée remplit les chambres. L’odeur infernale atteignit les rois entrain de jeter un coup d’œil. Ils tombèrent à la renverse de leur rêve éveillé. Leurs figures se déformèrent de révulsion. 

Pris de panique, les rois crièrent « Qu’est-ce ? Pourquoi ai-je été enfermé dans cette chambre ? Il est impossible de respirer ici. S’il vous plait, ouvrez les portes ! ». C’est alors que Malli Kumari apparut et dit « Oh ! Esclaves des passions ! Vous êtes totalement infatués de beauté féminine. Il y a un instant, vous admiriez la beauté terrestre et vous nourrissiez le désir de la posséder et d’en jouir. Maintenant, une haine pour la même  est évidente sur votre visage convulsé de fureur. Quelle est cette sorte d’amour pour la beauté ? ». 

Les rois crièrent « Pourquoi essayez-vous de nous rendre fous ? Il est impossible de supporter cette puanteur ».

 Malli demanda au serviteur d’ouvrir les portes des chambres. Tous les rois se précipitèrent dehors et furent surpris de se voir l’un l’autre. Trouvant l’opportunité bonne, Malli leur dit « La puanteur causée par à peine quelques poignées de nourriture est intolérable. Rappelez-vous que le corps n’est qu’une statue faite d’os et de chair, maintenue en vie par la même nourriture. Pourquoi un tel engouement pour une telle chose décomposée ? Vous êtes tous des amis de ma dernière naissance. Surmontez cet engouement et commencez donc à  rechercher la purification de soi ». 

Les six rois acquirent la « jati-smaran jnan ». Ils demandèrent pardon au roi Kumbh et à Malli Kumari. Décidés à suivre la voie du renoncement, ils partirent pour leurs royaumes respectifs. 

Malli Kumari annonça alors sa décision de devenir une ascète. Après avoir pratiqué une grande charité, elle la devint avec trois cents hommes et un nombre égal de femmes. Immédiatement après sa diksha, elle acquit la « vipulmati manahparyav jnan » ( la capacité para-normale suprême) et elle commença une méditation profonde. Le même après-midi, elle atteignit l’omniscience. Dans son premier discours elle parla de « la philosophie de l’équanimité ». Les six rois reçurent la diksha durant ce premier discours. Après avoir augmenté la diffusion de la religion pour une longue période, elle atteignit le nirvana le quatrième jour de la moitié brillante du mois de « chaitra » ( mars/ avril) à Sammet Shikhar.