Les vies authentiques des vingt-quatre Tirthankars
BHAGAVAN SUMATINATH- 5
Vijayasen était le
roi de la ville de Shankhpur, dans la territoire du Purva Mahavideh. Il
avait un fils nommé Purushasimha. Un jour qu’il se promenait dans le
jardin, le prince entendit le discours de l’Acharya Vinayanandan Dev. Il
devint détaché et se fit ascète. Du fait de sa vigoureuse pénitence et des
ses pratiques spirituelles très élevées, il gagna le
Tirthankar-nam-et-gotra-karma, puis, le moment étant venu, il se
réincarna en un dieu de la forme Vijayant.
De la forme
Vijayant, l’âme de Purushasimha descendit dans le sein de la reine
Mangalavati/Sumangala, la femme du roi Megh d’Ayodhya. La nouvelle que la
reine était enceinte rendit l’atmosphère d’Ayodhya pleine de bonheur et de
joie.
Un jour, deux
femmes et un petit garçon vinrent à la cour du roi pour chercher justice.
L’une des femmes exposa son cas devant le roi : « Sire ! Nous sommes
toutes les deux veuves d’un riche marchand navigateur. Notre mari est
parti pour sa demeure céleste nous laissant, nous deux, un fils et des tas
de richesses. L’enfant est vraiment à moi, mais cette seconde femme du
marchand prétend que c’est le sien. C’est uniquement une conspiration pour
s’approprier les biens dont l’enfant doit hériter. Sauvez-moi, Seigneur !
Je cherche mon fils et justice de votre part ! : ».
L’histoire racontée
par l’autre femme fut la même. Criant arguments pour et contre, l’une et
l’autre, les deux femmes réclamaient la possession de l’enfant. Celui-ci
ne pouvait pas indiquer sa véritable mère, car il avait une égale
affection pour les deux. Comme le garçon était né dans un lieu éloigné, il
n’ y avait pas, non plus, de témoin oculaire valable.
Le roi était devant
un dilemme. Même après avoir fait le tour de la question, il ne pouvait
pas résoudre le problème. Toute solution mal conçue pouvait aboutir à une
injustice pour l’innocent. Le roi et ses ministres étaient tous dans
l’embarras. La nuit approchait et le roi allait être en retard pour son
repas. Il ajourna la décision et alla dîner dans le palais.
La reine
demanda : « Aujourd’hui, vous êtes en retard pour le dîner, Votre
Grandeur ! Qu’elle en est la raison ? Y avait-il quelque problème
difficile ?: ».
La roi raconta le
cas des deux femmes et de leur enfant et dit : « Personne n’est capable
de dire, de façon sûre, qu’elle est la véritable mère de l’enfant et
laquelle est la simulatrice ?: ».
La reine dit, avec
un sourire : « Votre Grandeur ! Laissez une femme résoudre les problèmes
de femmes. Chargez-moi de cette affaire et autorisez-moi à en trouver
l’issue !: ».
La matin suivant,
la reine elle-même vint à la cour du roi. Les deux femmes et leur fils
furent introduits devant la reine. Il n’y avait aucune indication
apparente dans la conduite et la disposition des deux femmes qui pouvait
donner une indication sur la sincérité de l’une ou de l’autre. Tout à
coup, la reine eut une inspiration. Elle dit :« Cette énigme n’a pas de
solution simple. Il y a un objet et deux prétendantes. L’objet étant une
personne ne peut pas être coupé en deux. Dans ces conditions, la seule
solution à laquelle je pense c’est de laisser cette affaire pendante. Je
porte une âme pieuse dans mon sein. Attendons qu’elle soit née et prête à
trouver la solution. En attendant, laissons le fils et la propriété du
défunt à la garde de l’Etat. Jusque là, les prétendantes peuvent
attendre ».
Entendant cela,
l’une des prétendantes accepta facilement l’arrangement, l’autre se mit à
pleurer. D’une voix brisée, elle dit : « Non ! S’il vous plait ! Ne me
séparez pas de mon fils. Je ne serai pas capable de survivre, sans mon
fils, pendant une si longue période. Je retire ma requête. Que l’autre
femme prenne l’enfant ainsi que les biens de mon mari ! Ma seule demande
c’est que je puisse être autorisée au moins à rencontrer l’enfant. Je me
contenterai de cela :».
La reine reconnut
le chagrin et l’inquiétude du cœur d’une mère. Elle rendit son jugement.
« La femme qui a donné immédiatement son accord à ma proposition est un
imposteur. Son attachement n’est pas pour l’enfant mais pour les biens.
Elle doit être emprisonnée. Celle qui désire retirer sa requête est la
vraie mère. L’enfant et les biens peuvent lui être donnés en tout
honneur ! ».
Tous les présents à
l’assemblée furent ébahis par cette méthode pleine de jugement.
L’imposteur plaida coupable et demanda à être pardonnée.
Le huitième jour de
la moitié brillante du mois de « vaishakh » (avril/mai) la reine donna
naissance à un fils. Une vague de paix et de bienveillance balaya le monde
entier. Jugeant le fait que le progrès marqué de la sagesse et du sens du
jugement durant la grossesse était dû à l’influence de la présence de
l’âme illustre et pieuse, le roi Megh nomma son nouveau-né « Sumati »
(sagesse ou réflexion juste).
Lorsqu’il devint un
jeune homme, Sumati Kumar se maria et hérita, le moment venu,du royaume.
Le roi Megh se fit ascète. Après un règne long et pacifique, Sumatinath,
aussi, devint un ascète. Il atteignit l’omniscience sous un arbre priyangu,
le onzième jour de la moitié brillante du mois de « chaitra »
(mars/avril). Il établit le gué de la religion quadruple et devint un
Tirthankar. Le neuvième jour de la moitié brillante du mois de « chaitra »,
il atteignit le nirvana à Sammet Shikhar.