Leçons pour juniors(2)

L’ORDRE JAÏN ET LES ÉCRITURES JAÏNES

La religion jaïne est l’une des plus anciennes du monde. Elle a été aussi connue sous les noms de Shraman Dharma, de Nirgrantha Dharma etc. Ce n’est pas une branche d’une autre foi. Religion indépendante, elle a été reconnue sous ces différents noms durant diverses périodes de temps. Elle a été enseignée par des Tirthankaras aussi appelés des Jinas. Le disciple d’un Jina est appelé un Jaïn et la religion pratiquée par les Jaïns le Jaïnisme. Chaque Tirthankara donne un nouvel essor à l’ordre jaïn. Cet ordre est connu sous le nom de Sangha (communauté) jaïn. Le Sangha actuel a été organisé par le Seigneur Mahāvira , qui est le 24e et dernier Tirthankara de notre époque. Le Sangha jaïn se compose des quatre groupes suivants :

    1.  les Sādhus (les moines),

    2.  les Sādhvis (les nonnes),

    3.  les Shrāvakās (les hommes laïcs),

    4.    les Shrāvikās (les femmes laïques).

Le premier Tirthankara de la période actuelle a été le Seigneur Rishabhadev, qui est aussi connu sous le nom d’Ādināth. Les noms des autres Tirthankara les plus populaires sont le Seigneur Shāntināth (le 16e ), le Seigneur Nemināth (le 22e ) et le Seigneur Mahāvira (le 24e). Le Seigneur Mahāvira est le plus populaire de notre époque.

Le Seigneur Mahāvira a atteint le nirvana ( la libération de l’existence dans le monde) en 527 avant J.C. Il a eu onze Ganadharas (disciples principaux). Neuf sont parvenus à la libération (au salut) durant la vie du Seigneur Mahāvira, alors que les deux autres, Gautamaswāmi et Sudharmāswāmi, lui ont survécu. Gautamaswāmi est parvenu à la connaissance et à la perfection parfaites et est devenu un Arihanta la nuit du nirvana du Seigneur Mahāvira. Sudharmāswāmi fut le dernier des Ganadharas à parvenir au nirvana et à devenir un Ariantha. Jambuswāmi, le disciple de Sudharmāswāmi, fut le dernier Arihanta du cycle de temps actuel. Après Jambuswāmi, personne n’a plus atteint la connaissance parfaite ; elle a décliné lentement au fur et à mesure que le temps passait.

Les enseignements du Seigneur Mahāvira nous ont été transmis sous forme d’écritures (Āgamas) par ses Ganadharas. Ils ont été compilés en douze parties distinctes, connues sous le nom de dwadashangi (douze parties). Ces compositions ont été acceptées par tous les adeptes. Cependant, elles ne furent pas écrites pour longtemps. Les élèves Jaïns les apprenaient en les mémorisant. Environs 150 ans après le nirvana du Seigneur Mahāvira, il se produisit une sécheresse qui dura douze ans. Durant celle-ci, certains moines émigrèrent dans le sud de l’Inde avec Bhadrabahuswāmi. Lorsque la sécheresse fut finie, un certain nombre de moines retournèrent dans le nord de l’Inde. Ils observèrent qu’il y avait des incohérences dans le souvenir oral des moines sur le contenu des écritures jaïnes. Ils décidèrent de les faire compiler. Pour cela, un premier concile (une première conférence) de moines se tint à Pataliputra, environs 160 ans après le nirvana du Seigneur Mahāvira. Le moine Bhadrabahu, qui connaissait bien les 12 Angas, ne put être présent à cette réunion. Les autres moines ne purent compiler que les onze premiers Angas de mémoire et ainsi le douzième fut perdu. Les moines du sud ne furent pas d’accord avec cette compilation ce qui provoqua la première division dans le Jaïnisme. Les adeptes se scindèrent en deux grands groupes, les Svetāmbaras et les Digambaras. Les moines svetāmbara portèrent des vêtements blancs, les moines digambara ne portèrent plus aucun vêtement.

Le second concile se tint à Mathura, 825 ans après le nirvana du seigneur Mahāvira, sous la direction du moine Skandila. Simultanément, un autre concile eut lieu à Valabhi, sous le leadership du moine Nagarjunasuri. Toutefois, les textes des Écritures jaïnes ne furent pas mis par écrit systématiquement avant le troisième concile qui eut lieu à Valabhi, 980 ans après le nirvana du Seigneur Mahāvira, sous la direction du moine Devarthigani.

 

 

 

 

 

 

L’ordre jaïn fut divisé en deux sections majeures

  1. celle des Digambaras,

    2.    celle des Svetāmbaras.

Les sous-sections Digambara

La section des Digambaras s’est sub-divisée, dans les siècles récents, en sous - sections majeures et en sous-sections mineures.

Les sous-sections majeures sont :

  1. la Bisapantha

    2.    la Terāpantha

    3.    la Tāranapantha ou Samaiyapantha

La Bisapantha

Les adeptes de la sous-section Bisapantha reconnaissent les Dharma-gurus, c’est-à-dire les autorités religieuses connues sous le nom de Bhattārakas qui sont aussi à la tête des Mathas jaïns, c’est-à-dire de monastères religieux. Dans leurs temples, les Bisapanthis vénèrent les statues des Tithankaras et aussi de Ksetrapala, de Padmavati et d’autres déités. Ils le font avec du safran, des fleurs, des fruits, des friandises, des fruits et des bâtons d’encens (agra-battis) etc. Durant leurs vénérations, ils s’assoient sur le sol et ne restent pas debout. Ils font l’Arati i.e. qu’ils agitent des lumières sur les statues dans leurs temples et ils distribuent les prasada i.e. les douceurs offertes aux statues. Cette Bisapantha est, d’après certains, la forme originelle de la section Digambara. Aujourd’hui, pratiquement tous les Jaïns digambara du Rajasthan et du Gujarat sont des adeptes de la Bisapantha.

La Terāpantha

La sous-section Terāpantha est apparue en 1683 de l’Ère Vikrama comme une révolte contre la domination et la conduite des Bhattārakas. Il en est résulté que, dans cette sous-section, ces autorités religieuses ne sont pas reconnues dans le nord de l’Inde. Par contre, dans le sud les Bhattārakas continuent à jouer un rôle important. Dans leurs temples, les Terapanthis placent les statues des Tirthankaras mais non celles de Kshetrapala, de Padmavati et d’autres déités. De plus, ils vénèrent leurs statues non avec des fleurs, des fruits ou d’autres végétaux, appelés sachitta, mais avec du riz sacré dit " aksata ", du santal, des amandes, des noix de coco sèches, des dattes etc. En règle générale, ils ne pratiquent pas l’ arati et ne distribuent pas les prasada. Lorsqu’ils font leurs vénérations, ils restent debout.

Du fait de ces différences avec les Bisapanthis, il est clair que les Terāpanthis apparaissent comme des réformateurs. Ils sont opposés à certaines pratiques religieuses qui, d’après eux, ne sont pas de vraies pratiques jaïnes. La Terapāntha a effectué un travail valable qui a consisté à extraire les Digambaras des griffes de Bhattarākas qui n’en font qu’à leur tête. De ce fait, les Terāpanthis occupent une place particulière dans la communauté jaïne digambara. Ils sont les plus nombreux dans l’Uttar Pradesh et le Madhya Pradesh. Il convient de noter que bien que les sous-sections Terapantha apparaissent à la fois chez les Digambaras et les Svetāmbaras, elles sont entièrement différentes l’une de l’autre. Alors que les Digambaras Terāpantthis pratiquent la nudité pour les moines et la vénération des statues, les Svetāmbaras Terāpanthis sont totalement opposés aux deux.

La Tāranapantha

La sous-section Tāranapantha est connue d’après son fondateur Tāranaswāmi ou Tārana-tarana-swāmi (1448-1515). Elle est aussi appelée Samaiyapantha parce que ses adeptes vénèrent Samaya i.e. les livres sacrés et non les statues. Tāranaswāmi est mort à Malharagarh, dans l’ancienne cité de Gwalior dans le Madhya Pradesh qui est le lieu principal de pèlerinages des Tāranapanthis.

Les Tāranapanthis réfutent fortement la vénération des statues, mais ils ont leurs propres temples dans lesquels ils conservent leurs livres sacrés qu’ils révèrent. Ils n’offrent pas de fruits ou de fleurs lors de leur culte. En plus des livres des Digambaras, ils révèrent les quatorze écrits sacrés de leur fondateur. Ils accordent plus d’importance aux valeurs spirituelles et à l’étude de la littérature sacrée, c’est pourquoi on trouve, chez eux, une absence complète de pratiques religieuses extérieures. De plus, Tāranaswāmi était fermement opposé aux discriminations liées aux castes. Il ouvrit les portes de sa sous-section aux Musulmans et aux personnes de basses-castes en Inde.

Ces trois traits principaux des Tāranapanthis, c’est-à-dire a) l’aversion pour la vénération de statues, b)l’absence de pratiques religieuses extérieures et c) le refus des distinctions de castes, ont été considérés comme une révolte contre les croyances religieuses et les pratiques prévalant dans la section des Digambaras. Il semble que Tāranaswāmi a formulé ces principes sous l’influence des doctrines de l’Islam et des enseignements de Lonkashaha, le fondateur, chez les Svetāmbaras, de la sous-section des Sthānakavāsis qui, eux non plus, ne vénèrent pas les statues, considérant cela comme de l’idolâtrie.

Les Tāranapanthis sont peu nombreux. Ils se limitent au Bundelkhand, et aux secteurs de Malwa dans le Madhya Pradesh et de Khandesh dans le Maharashtra.

La Gumānapantha

La Gumānapantha n’est pas très importante et, en fait, on connaît peu de choses sur elle. Cette sous-section aurait été fondée par le Pandit Gumāni Rama ou Gumāni Rai, un des fils du Pandit Todarmal qui résidait à Jaipur au Rajasthan.

Suivant cette Pantha, allumer des bougies ou des lampes dans les temples jaïns est strictement prohibé parce que cela viole la doctrine fondamentale de la non-violence. Ils se limitent à rendre visite aux temples et à voir les statues qui s’y trouvent sans leur faire d’offrande.

Cette Pantha est devenue célèbre sous le nom de shuddha amnaya c’est-à-dire de tradition pure ou sacrée, parce que ses adeptes mettent toujours l’accent sur la pureté de la conduite, la discipline de soi et l’adhésion stricte aux préceptes.

La Gumānapantha est apparue au XVIIIe siècle et a fleuri surtout à cette époque. Elle prévalait dans plusieurs parties du Rajasthan. On la trouve, maintenant, surtout dans les environs de Jaipur.

La Totāpantha

La Totāpantha est apparue comme le résultat de différends entre les sous-sections Bisapantha et Terāpantaha. Beaucoup d’efforts sincères furent effectués pour trouver un compromis entre la Bisa (i.e. vingt) Pantha et la Terā (i.e. treize) Pantha et le résultat fut la création de la Sadhesolaha (i.e. seize et demi) pantha ou Totāpantha. C’est pourquoi les adeptes de la Sadhesolahapantha ou Totāpantha croient, pour partie, aux doctrines de la Bisapantha et, pour partie, à celles de la Terāpantha.

La Totāpanthis sont extrêmement peu nombreux. Ils vivent dans quelques secteurs du Madhya Pradesh.

En relation avec le détail des sous-sections majeures et mineures chez les Digambaras, il est bon de noter que, récemment, dans la section Digambara, une nouvelle sous-section majeure est apparue connue sous le nom de Kanjipantha. Elle provient de disciples de Kanjiswāmi et elle est devenue populaire spécialement dans les milieux éduqués. Saint Kanjiswāmi, un Svetāmbara sthanakavasi de naissance, a largement réussi à populariser les textes sacrés anciens du grand saint Digambara l’Achārya Kunda-Kunda de l’Inde du sud. Mais, en interprétant les écrits de Kunda-Kunda, Kanjiswāmi a donné plus d’importance au nischaya-naya, qui est le point de vue réaliste, qu’au vyavahara-naya, qui est le point de vue pratique, ce qui n’est pas approuvé par les Digambaras, en général, car ils considèrent que les deux ont une égale importance. Toutefois, l’influence de Kanjiswāmi s’accroît et les villes de Sonagarh dans le Gujarat et de Jaipur dans le Rajasthan sont devenues des centres d’activités religieuses diverses des Kanjipanthis.

Les sous-sectes Svetāmbara

Comme les Digambaras, les Svetāmbaras ont éclaté dans trois sous-sections principales :

  1. la Mūrtipūjaka

     

  2. la Sthānakavāsi

     

  3. la Terapantha.

La Mūrtipūjaka

Les Svetāmbaras les plus importants appartiennent à la sous-section des Mūrtipūjakas qui sont des grands vénérateurs de statues (mūrtis). Ils leurs offrent des fleurs, des fruits, du safran etc. et ils les parent de riches vêtements et les ornent de bijoux.

Leurs ascètes couvrent leur bouche avec des bandes de tissu blanc, sinon ils les tiennent dans leurs mains lorsqu’ils parlent. Ils demeurent dans les temples ou dans des bâtiments spéciaux appelés des upasrayas. Ils recueillent leur nourriture dans des bols chez différents shravakas et ils la consomment là où ils séjournent.

La sous-section des Mūrtipūjakas est aussi connue sous des noms comme Pujerā (adorateurs), Derāvāsi (résidant dans des temples), Chaityavāsi (séjournant dans des temples) et Mandira-mārgi (allant dans les temples).

Les Shvetāmbaras Mūrtipūjaka sont répartis dans toute l’Inde où ils travaillent dans les grands centres urbains. On les trouve principalement concentrés au Gujarat.

La Sthānakavāsi

Les Sthānakavāsis ne proviennent pas directement des Svetāmbaras mais de réformateurs d’une ancienne section connue sous le nom de section Lonka du Jaïnisme. Cette section Lonka fut fondée aux alentours de 1471 par Lonkashaha, un riche marchand instruit d’Ahmedabad. Le principe essentiel de cette section était de ne pas pratiquer la vénération de statues. Plus tard, un certain nombre désapprouvèrent la façon de vivre de leurs ascètes en déclarant qu’ils vivaient moins strictement que Mahāvira l’aurait souhaité. Un laïque de la section Lonka, Viraji de Surat reçut l’initiation d’un Yati (un ascète) et gagna une grande admiration en raison de la rigueur de sa vie. Beaucoup d’adeptes de la section Lonka rejoignirent ce réformateur et ils prirent le nom de Sthānakavāsis, signifiant qu’ils n’exerçaient pas leurs activités religieuses dans des temples mais dans des Sthānakas qui sont comme des halls de prières.

Les Sthānakavāsis sont aussi appelés Dhundhiyas (chercheurs) et Sādhumargis (disciples des ascètes). Excepté sur la question cruciale de la vénération de statues, les Sthānakavāsis ne différent pas beaucoup des autres Svetāmbaras et aujourd’hui ils s’appellent invariablement des Svetāmbara Sthānakavāsis. Il y a cependant des différences entre eux et les Mūrtipūjakas dans l’observance de certaines pratiques religieuses. Les Sthānakavāsis ne croient pas du tout à la vénération des statues. Comme tels, ils n’ont pas de temples mais des sthānakas où ils jeûnent, célèbrent leurs fêtes, prient, donnent des conférences etc. De plus, leurs ascètes couvrent leurs bouches de bandes de tissu tout le temps et ne portent pas de vêtements de couleur jaune ou autre, excepté le blanc. Ils n’admettent l’authenticité que de 31 écritures sacrées des Svetāmbaras. Enfin ils ne pratiquent pas de pèlerinages et ne participent pas aux fêtes religieuses des Mūrtipūjakas.

Les Svetāmbaras Sthānakavāsis résident dans différents centres d’affaires en Inde. On les trouve surtout au Gujarat, au Punjab, dans l’Harayana et le Rajasthan.

Il est intéressant de noter que deux sous-sections qui ne vénèrent pas les statues i.e. les Tāranapanthis chez les Digambaras et les Sthānakavāsis chez les Svetāmbaras sont arrivés très tard dans l’histoire de l’Église Jaïne et l’on peut dire que l’influence des Musulmans sur l’esprit religieux de l’Inde a été grandement responsable de cet essor. A ce sujet, Mme S. Stevenson observe que " si un effet de la conquête musulmane a été de provoquer une plus grande union des Jaïns avec leurs adeptes vénérateurs de statues en face des iconoclastes. Un autre effet a été d’en éloigner d’autres de l’idolâtrie. Aucun oriental ne pouvait entendre un compatriote passionné d’orientalisme s’élever contre l’idolâtrie sans douter de la vertu de la pratique dans son esprit. Naturellement c’est à Ahmedabad, la ville du Gujarat qui a été le plus sous l’influence musulmane, que l’on peut trouver la première trace de ces doutes. Vers 1474 la section Lonka, la première des sections non-idolâtre jaïne, fut créée et suivie par les Dundhiyas ou Sthānakavāsis vers 1653, dates qui coïncident strictement avec les mouvements Luthériens et Puritains en Europe " ( The Heart of Jainism).

La Terāpantha

La sous-section Terāpantha est dérivée de celle des Sthānakavāsis. Elle a été fondée par Swāmi Bhikkanaji Maraj qui était avant un ascète Sthanakavasi et qui fut initié par son Guru l’Achārya Raghunatha. Il fut en désaccord avec son Guru sur beaucoup d’aspects des pratiques religieuses des ascètes Shtānakavāsis. Lorsque celles-ci prirent un tour sérieux, il fonda la sous-section Terāpantha le jour de la pleine lune du mois d’Asadha de l’an V.S 1817,i.e. en 1760.

En tant qu’Achārya, Bhikkanaji mit l’accent sur 13 principes religieux c’est-à-dire : cinq Mahavratas (grand vœux),cinq Samitis (régulations) et trois Guptis (contrôles et restraintes). Sa sous-section fut connue sous le nom de Terā (qui signifie treize)-Pantha. A ce sujet il est intéressant de noter que deux autres interprétations ont été données de l’emploi de ce terme Terāpantha pour cette sous-section. Selon une version, cela voulait dire qu’il y avait seulement 13 moines et 13 laïcs dans cette Pantha lorsqu’elle fut fondée. Quelquefois, une autre interprétation est donnée par ses adeptes, Terā signifiant votre et Pantha voie, cela voudrait dire “  Oh ! Seigneur Mahāvira ! C’est Votre voie ”

Les Terāpanthis ne sont pas des idolâtres et sont très étroitement organisés sous la direction absolue d’un seul Achārya qui est leur chef religieux. Dans son histoire d’un peu moins de 200 ans, cette section a eu seulement 10 Achāryas depuis son fondateur, le 10e actuel étant l’Achārya Mahāprajna.

La pratique de diriger toute une Pantha par un seul Achārya est devenue un trait caractéristique de la Terapantha et un exemple pour les autres panthas.Il faut noter que tous les moines et toutes les nonnes de cette section suivent scrupuleusement les ordres de leur Achārya, prêchent sous son autorité et exercent toutes leurs activités religieuses suivant ses instructions. Cette Pantha organise régulièrement une fête remarquable connue sous le nom de Maryada Mahotasava. Cette fête distincte est célébrée, chaque année, le 7e jour de la moitié brillante de la lune du mois de Magha, lorsque les ascètes et les laïcs, hommes et femmes, se réunissent tous en un lieu prédéterminé et discutent de leurs divers problèmes religieux.

Les pénitences des Terāpanthis sont considérées comme très sévères. L’habit de leurs moines et de leurs nonnes est semblable à celui des ascètes Sthānakavāsis, mais il y a une différence dans la longueur du muhapatti i.e. du morceau de tissu qu’ils gardent toujours devant la bouche. Les Terāpanthis ne croient pas que l’idolâtrie favorise la délivrance et attachent de l’importance à la pratique de la méditation.

La Terāpantha est connue pour son organisation disciplinée caractérisée par un Achārya, un code de conduite et une ligne de pensée. Ses adeptes sont considérés comme des réformistes car ils se consacrent uniquement à leurs pratiques religieuses. Par exemple, ils ne construisent pas de monastères pour leurs moines lesquels habitent dans une partie de la maison que les laïcs édifient pour eux-mêmes. Récemment, l’Achārya Tulsi, le prédécesseur de l’actuel, a créé l’Anuvrata Andolana ou " Mouvement du petit vœu " dont le but est d’essayer d’utiliser les doctrines spirituelles jaïnes pour l’élévation morale des masses, en Inde.

L’apparition de la Terāpantha est le dernier grand schisme dans la section des Svetāmbaras et cette Pantha devient populaire. Les Terāpanthis sont encore limités en nombre, même si on en note dans différentes cités en Inde, ils sont surtout concentrés à Bikaner, Jodhpur et dans le Mewar au Rajasthan.

Les moines et les nonnes sont des personnes qui ont volontairement abandonné leur vie de famille et les questions mondiales. Ils ont accepté le cinq vœux majeurs pour élever leurs âmes sur le pla spirituel. Ils suivent strictement les règles établies pour eux. Les laïcs hommes et femmes, d’un autre côté, continuent à mener une vie dans le monde. Ils peuvent observer de façon totale ou limitée les douze vœux mineurs définis pour eux.