|
Jain World
|
|
Languages > French > Leçons pour des
juniors |
Leçons
pour les juniors(5)
SĀMAYIKA
Le Sāmāyika est
lĄŻune des pratiques rituelles les plus importantes du Jaïnisme durant laquelle
nous essayons de nous rapprocher de notre âme.
Pour effectuer ce rite, nous nous
asseyons à un endroit, durant quarante-huit minutes, où nous nous isolons de nos
activités domestiques, sociales, commerciales, scolaires etc. Pendant ce temps-là,
nous lisons des livres religieux, nous prions, nous pratiquons le culte, nous
récitons le rosaire ou nous méditons. Avant de commencer, nous ôtons nos
vêtements ordinaires et nous revêtons des habits, simples mais propres, en coton
blanc, que nous ne mettons quĄŻà cette occasion. Nous ne portons rien en soie ou
en cuir car de tels articles comportent, pour leur fabrication, de la violence
envers des animaux. Le blanc est le symbole de la pureté et de la tranquillité,
il nous rappelle que nous devons rester purs et calmes.
Les quelques objets dont
nous avons besoin, durant ce rite, sont : un asan, un muhapatti, un rajoharana,
un ghadi, un anupurvi, un rosaire et quelques livres religieux.
Après avoir balayé le sol
avec le rajoharana, nous déployons lĄŻasana pour nous asseoir. Un muhapatti est
utilisé (chez les Shvetambara) pour couvrir la bouche. Certains lĄŻattachent
devant leur visage, dĄŻautres le tiennent dans la main et ne le mettent devant la
bouche que lorsquĄŻils parlent. Ce muhapatti évite que de petits organismes
vivants pénètrent dans la bouche. CĄŻest aussi un moyen dĄŻempêcher que notre voix
ou que lĄŻair chaud de notre bouche tue beaucoup dĄŻêtres vivants de lĄŻair. Il
évite, aussi, que des postillons tombent sur les livres. Enfin, il nous rappelle
que nous devons contrôler ce que nous disons aux autres. Un rajoharana est une
sorte de balai constitué de petits fils de coton ou de laine que lĄŻon utilise
pour balayer parterre et aussi pour écarter les insecte,s qui viennent vers nous,
afin quĄŻils ne soient pas blessés. Si, pour une raison quelconque, quelquĄŻun
doit marcher durant le sāmāyika, le rajoharana est employé pour balayer le sol
devant lui. Un ghadi est une sorte de sablier qui aide à connaître la durée de
48 minutes.
Pendant le sāmāyika,
certains lisent des livres religieux, certains récitent le Navkar Mantra avec le
rosaire ou à lĄŻaide dĄŻun anupurvi, dĄŻautres pratiquent la méditation.
Durant le sāmāyika, il ne
faut ni parler, ni penser à des choses qui comportent le moindre degré de
violence. CĄŻest pourquoi, avant de commencer, nous devons interrompre notre
travail, nos affaires de famille, et autres, de façon à ne pas être dérangés.
Nous devons, aussi, demander à nos amis et aux membres de notre famille de nous
laisser tranquilles. Durant tout ce temps, on ne doit pas discuter, lire ou
parler de choses sensuelles ou qui ont un rapport avec la vie dans le monde. Nos
mouvements doivent aussi être limités, de façon à observer plus facilement la
non-violence (ahimsa). Nous devons choisir un endroit paisible, isolé, de
manière à ne pas être distraits par les événements autour de nous. Du fait de
cette atmosphère détachée, et puisque nous ne sommes pas impliqués dans des
questions mondaines pendant 48 minutes, nous sommes comme les sādhus qui mènent
une vie de détachement toute leur existence. Ainsi, cette pratique nous donne un
certain aperçu de lĄŻétat dĄŻascète et nous conduit dans cette direction.
De même quĄŻil nous faut faire attention
à la façon de conduire, pour éviter des accidents ou des contraventions, de même,
nous devons veiller à éviter les problèmes, lorsque nous réalisons notre
sāmāyika. Si nous ne faisons pas attention, nous pouvons profaner ce rite, par
nos activités mentales, verbales et physiques. Il y a dix violations mentales :
1) être irrévérencieux, 2) avide de gloire, 3) cupide, 4) fier, 5) peureux, 6)
attendre des récompenses, 7) douter des récompenses, 8) être coléreux, 9) mal
élevé et 10) méprisant. Les violations verbales sont : 1) employer des mots
grossiers, 2) inquiétants, 3) non religieux, 4) inconvenants, 5) pour inciter à
se battre, 6) cancaner, 7) dire des plaisanteries douteuses, 8) mal prononcer,
9) employer des mots irrationnels et 10) jargonner. Enfin, il y a douze
violations physiques : 1) sĄŻasseoir en un lien qui ne convient pas, 2) ne pas
bien se tenir assis, 3) marcher de temps en temps, 4) faire un travail ménager,
5) sĄŻétirer, 6) sĄŻappuyer sur un support, 7) être paresseux, 8) faire craquer
ses articulations, 9) nettoyer son corps, 10) faire craquer son corps, 11)
adopter des postures vulgaires et 12) dormir. Bien que cela semble difficile de
réaliser correctement le sāmāyika, ce nĄŻest pas impossible.
Ainsi, ce rite nous aide à éviter
dĄŻaccumuler de nouveaux karmas, et la pénitence que nous faisons, durant sa
réalisation, nous permet dĄŻôter une partie de ceux déjà accumulés.
ĄĄ
|