Leçons pour les juniors(6)

ALLER AU TEMPLE

Ketan a demandé à Ravi : " Que fais-tu dans le temple ? : " Ravi lui à répondu : " Je vénère le Jina, je prie et je récite le rosaire. 

Il serait intéressant pour toi d’y aller. Personne ne doit avoir peur d’aller au temple. Après tout, c’est notre lieu de culte : 

"  Ketan lui a demandé : "  Y a-t-il une manière particulière de procéder, lorsque l’on est dans le temple ? : 

" Ravi lui a répondu : " Les adeptes font différentes choses de diverses façons. Je voudrais t’expliquer le Dashtrik

 (les 10 choses essentielles) que chacun peut faire : "

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand nous allons au temple, nous portons des vêtements simples ou spéciaux et rien qui soit en soie ou en cuir. 

Nous prenons un bain avant, sinon nous devons, au moins, être propres. 

Lorsque nous sommes près du temple, si nous pouvons voir les statues des Jina de l’extérieur, nous disons alors : 

"  Namo Jinanam : " en plaçant nos mains jointes un peu au-dessus de notre front légèrement baissé, ce qui signifie : 

"  Je salue le Jina : " Avant d’entrer dans le temple, nous enlevons nos chaussures. 

Après cela, nous faisons les dix choses suivantes dans un ordre donné. 

Chacune peut être réalisée de trois manières différentes. C’est la raison pour laquelle certains les appellent " dashtrik ".

Ces dix choses sont :

  1. Nissihi (le renoncement),
  2. Pradākshina (la circumambulation- nous tournons autour de la statue du Jina),
  3. Pranāma ( les salutations),
  4. Pūjā (le culte),
  5. Avasthachintan (la méditation sur les divers états du Seigneur),
  6. Dishatyaga ( la contemplation parfaite de la statue du Jina),
  7. Pramarjan (le balayage du sol avant de s’asseoir),
  8. Alamban (les soutiens),
  9. Mudras (les postures pour la méditation),
  10. Pranidhan (la concentration).
  1. Nissihi (le renoncement). Nissihi signifie le renoncement. On le dit trois fois dans le temple : la première, en entrant, pour écarter toutes les pensées en rapport avec les affaires du monde (samsāra),la seconde, en pénétrant dans le chœur (gabharo), là où se trouve la statue du Jina, pour éviter de penser à des choses comme l’entretien du temple ou sa gestion et la troisième, après avoir terminé le culte avec des substances matérielles (dravyapūjā) et en commençant le culte intérieur (caityavandana).

     

  2. Pradakshinā ( la circumambulation). Nous tenons les substances sacrées toujours du côté droit. C’est pourquoi nous pratiquons la circumambulation autour de la statue du Jina trois fois en la gardant de notre côté droit, c’est-à-dire de gauche à droite. Alors que nous tournons, nous nous rappelons que les Arihantas sont précieux, que ce sont nos mentors et qu’un jour nous serons comme eux. Cette contemplation doit nous aider à surmonter l’attachement et le dégoût. Ces trois circumabulations doivent, aussi, nous remémorer qu’il y a trois remèdes pour cela qui sont : la connaissance (jnana) juste, la vision (darshan) juste et la conduite (caritra) juste. C’est pourquoi nous devons penser, aussi, à la façon de les acquérir. Certains éprouvent un sentiment comme s’ils tournaient autour du Samvasaran lui-même.

     

  3. Pranāma (les salutations). Nous saluons, aussi, les statues des Arihantas trois fois. La première, lorsque nous les voyons pour la première fois (en général en entrant dans le temple) en plaçant nos mains jointes un peu au-dessus de notre front légèrement incliné et en disant : "  Namo Jinanam !: ", la seconde, avec les mains jointes et le corps incliné en entrant dans le chœur (gabharo), la troisième, en faisant les prières de louanges (caityavandana), en touchant le sol avec cinq de nos membres (les 2 genoux, les 2 mains et le front). Cela s’appelle le Panchangapranipata.

     

  4. La Pūjā (le culte). Il y a trois sortes de vénérations qui sont offertes. La première est appelée Angapūjā. Elle est réalisée en touchant différentes parties de la statue de l’Arihanta avec de l’eau ou du lait, de la pâte de santal et du safran et une fleur. La seconde, appelée Agrapūjā, consiste à placer de l’encens, une lampe, du riz, des fruits et des friandises devant la statue. Ensemble ces deux vénérations constituent le culte octuple (Ashtaprakari pūjā). C’est la vénération matérielle. La troisième est appelée Bhava-pūjā, c’est le culte intérieur ou psychique. Il consiste à chanter des hymnes de louanges (caityavandana).

     

  5. Avasthachintan (la méditation sur les différents états des Arihantas). Après la vénération matérielle, on doit faire cette méditation. Les hommes doivent se tenir debout du côté droit de la statue (c’est-à-dire du côté gauche, s’ils leur font face), les femmes de l’autre côté. En se tenant ainsi on doit méditer sur les trois états dans desquels les Arihantas passent : Pindastha avastha, Padastha avastha et Arūpastha avastha.

    a.  Dans Pindastha avastha, nous méditons sur Janmavastha, Rajyavastha et Shramanvastha.

    Janmavastha : Oh ! Seigneur, durant votre troisième dernière vie, vous avez observé chacun des vingt facteurs pour acquérir le " Tirthankara nama karma ", comme la compassion envers tous les êtres vivants etc. Quand vous êtes né pour être un Tirthankara, toutes les 56 déesses des directions et tous les 64 Indras vous ont fait une oblation. Comme vous avez été grand, à cette occasion ! Vous n’avez pas été orgueilleux de ce qui se passait autour de vous. Votre grandeur est bénie !

    Rajyavastha : Oh ! Seigneur, vous avez eu le statut de Prince. Vous aviez le pouvoir princier et la grandeur et malgré cela vous ne vous êtes pas senti attaché à eux ou dégoûté d’eux. Vous avez été, comme un Yogi, détaché de tout. Gloire à votre abnégation (à votre renoncement) !

    Shramanvastha : Oh ! Héroïque Seigneur, vous avez renoncé au pouvoir et au luxe du monde, sans aucune hésitation, et vous êtes devenu un moine (ou une nonne).Vous avez fait des efforts héroïques pour atteindre l’élévation spirituelle, en supportant les plus difficiles obstacles et les plus grandes calamités. Parfois, vous avez effectué des austérités spirituelles incomparables et de grandes pénitences. Vous êtes resté des jours entiers dans une profonde méditation. Ainsi, vous avez détruit tous les terribles gathi karmas. Gloire à votre austérité ! Gloire à votre bravoure ! Gloire à votre tolérance !

     

    1. Dans Padastha avastha, nous méditons sur l’état de la vie de Tirthankara. En tant qu’Arihanta Tirthankara vous avez acquis les 34 super spécialités (atishaya) et vous nous avez donné des sermons spirituels sur les Tattvas rempli des 35 vertus de la parole. Vous avez alors établi le Sangha quadruple jaïn, le Tirtha et le Shasan jaïn. Vous nous avez expliqué les nobles doctrines du Jiva tattva et de l’Ajiva tattva de l’univers. Vous nous avez montré la voie du salut, composée de la Foi juste, de la Connaissance juste et de la Conduite juste. Vous avez exposé les doctrines philosophiques immortelles de l’Anekantavada, du Syadvada, du Naya etc

    2. Dans Arūpastha avastha, nous méditons sur la forme pure du Jina. : "  Oh ! Paramatma (Être suprême), vous avez entièrement détruit tous vos karmas et vous êtes devenu sans corps, sans forme, pur, éveillé, libéré et parfait. Ayant atteint cet état, vous êtes doté d’une connaissance infinie et d’un bonheur indescriptible. Vous personnifiez des vertus innombrables. Vous êtes absolument sans tâche, sans altération et sans agitation. Dans cet état, la mort, la maladie, le désespoir ou la pauvreté, et toutes les adversités comparables n’existent pas. Oh ! Seigneur, tu es béni ! : " .

     

  6. Dishatyaga ( la contemplation parfaite de la statue du Jina). Maintenant, nous effectuons la vénération intérieure (bhava) connue sous le nom de Caityavandana. Elle ne doit être compromise par rien. Nous la commençons dans notre pensée et elle ne doit pas être troublée par quoi que ce soit. Nos yeux et notre esprit doivent être fixés sur la statue et ne pas en être détournés avant la fin.

     

  7. Pramarjan ( le balayage du sol avant de s’asseoir). Avant de nous asseoir, nous devons nettoyer le sol trois fois, avec notre vêtement de dessus, de façon qu’aucun petit insecte ne soit blessé en nous asseyant.

     

  8. Alamban ( les soutiens). Nous étant assis, nous devons garder trois soutiens dans notre esprit, a) l’image du Seigneur, b) les sūtras que nous prononçons et c) leur signification. Notre esprit doit être concentré sur ces trois choses.

     

  9. Mudras ( les Postures). Parmi les huit étapes de la méditation, la posture qui convient est la troisième. Elle est absolument nécessaire pour atteindre la concentration suprême dans le Caityavandana. Le Yoga Mudra. Durant le Caityavandana et la récitation des sūtras, nous devons nous tenir droits avec les deux paumes des mains ensemble et les doigts de l’une entre les espaces de ceux de l’autre, les coudes de chaque côté de notre estomac. Le Muktashukti Mudra. Nous devons tenir nos mains dans la posture d’une coquille d’huître, les deux bras ensemble avec un espace entre les deux paumes là où les doigts se rejoignent. Cette posture est employée pour la récitation des sūtras “ Javanthi Cheyi Ayam ”, “  Janantkevi sahu ” et “ Viyaraya ”. Le Jina Mudra. Au moment du Kayotsarga nous devons nous tenir debout de façon qu’il y ait une distance de 4 pouces (environ 10 centimètres) entre nos deux pieds, nos orteils en avant, alors que nos talons se touchent presque l’un l’autre. Nos mains doivent rester pendantes. Nos yeux doivent être fixés sur le bout du nez. Le Jina se tenait debout, dans cette posture, pour le Kayotsarga.

     

  10. Pranidhan (la concentration). Nous devons concentrer nos sens, notre corps, notre voix et notre pensée en faisant le Caityavandana et ne pas les laisser vagabonder.

    Précautions à prendre concernant la pūjā ou le culte.

     

    1. Nous devons respecter les statues des Arihantas comme le Jina véritable. Au cas où une statue devrait être transportée d’un endroit à un autre, il faudrait le faire avec respect, en la tenant droite, et en la portant avec nos deux mains dessous.

       

    2. Pour vénérer les Arihantas avec des substances, nous pouvons apporter de notre maison celles qui sont nécessaires.

       

    3. Les fleurs choisies pour pratiquer le culte doivent être tombées naturellement et non coupées. Leurs boutons ne doivent pas être ôtés. Pour faire une guirlande de fleurs, on ne doit pas utiliser une aiguille pour les lier ensemble et on ne doit pas les laver.

       

    4. Lorsque l’on emploie une brosse pour nettoyer ce qui reste collé sur la statue du Jina, elle ne doit pas faire le moindre bruit. On peut utiliser un tissu grossier humide pour enlever le safran etc. Il ne faut pas frotter les statues de façon brutale .

       

    5. Les fleurs, les décorations et les enduits qui sont employés sur diverses parties de la statue du Jina ne doivent pas tomber parterre. Si tel est le cas, il ne faut pas les utiliser de nouveau mais les garder dans une assiette propre.

       

    6. S’il faut enlever le safran (keshar), on doit fermer la bouche et lorsque c’est terminé se laver les mains et la dalle.  

       

    7. Il faut réciter les hymnes et les sūtras du Caityavandana de façon à ne pas troubler la concentration et la dévotion des autres fidèles.

       

    8. Quand on récite le Caityavandana on ne doit pas entreprendre autre chose, y compris la réalisation du swastika etc.

       

    9. Lorsque l’on sort du temple on ne doit pas tourner le dos aux statues des Arihantas. Il faut marcher quelques pas à reculons, d’abord, et puis tourner de côté

( Les membres de certaines sections jaïnes ne pratiquent pas le culte dans les temples).