Leçons pour les juniors(9)

GATI

Si nous regardons autour de nous, nous voyons non seulement des hommes et des femmes, des garçons et des filles, mais aussi des chats, des chiens, des oiseaux, des insectes, des plantes etc. Nous pouvons voir qu’il y des formes variées d’êtres vivants dans l’univers. Rien n’est permanent. Chaque seconde, quelqu’un meurt et quelqu’un naît. Cela fait que nous nous demandons ce qui nous arrivera quand nous mourrons et qui décidera de l’état dans lequel nous devrons renaître. Le Jaïnisme explique cela d’une façon très simple et absolument logique basée sur la théorie du karma. En raison des karmas associés à leur âme, les êtres vivants doivent subir, depuis un temps immémorial, le cycle des naissances et des morts, sous différentes formes.  Tant qu’elle n’est pas débarrassée de ses karmas, l’âme n’est jamais délivrée du cycle des naissances et des morts sous ces formes différentes. Lorsqu’un être vivant meurt, il peut renaître dans l’une des quatre gatis (destinées). Ces quatre destinées sont les suivantes : 

 1) êtres humains (manushya),

 2) êtres célestes (deva, devi),

 3) animaux (tiryanca),

 4) êtres infernaux (naraki).

  La science actuelle est peu concluante sur la vie après la mort, sur la renaissance ou la réincarnation. Des Jaïns qui ont eu l’omniscience (kevalgnan) ont expliqué qu’il y a une vie après la mort et que c’est nous et personne d’autre qui décide de ce qui nous arrivera après notre décés. Ce n’est pas Dieu ou un super pouvoir qui décide de notre futur. Notre passé et nos actions actuelles accumulent des karmas qui régissent l’état dans lequel nous renaîtrons. Voyons un peu ces destinées. 

 1.  Les êtres humains. Comme êtres humains, nous avons été dotés de la capacité de penser. Nous  pouvons distinguer le bien du mal et décider ce qui est bon pour nous et ce qui ne l’est pas. Nous avons, aussi, la capacité de contrôler nos pensées et nos actions. Nous pouvons apprendre les bons principes religieux du Jaïnisme et les mettre en pratique, en adoptant les vœux et les mesures appropriés. Nous pouvons, aussi, renoncer à la vie dans le monde (samsāra) pour l’ascétisme qui nous conduit à la libération ou au salut. 

           2. Les êtes célestes. Les êtres célestes ont des aptitudes physiques supérieures, de nombreux pouvoirs surnaturels et l’accès à tous les plaisirs de l’existence. Mais, cette vie est transitoire et lorsqu’elle s’achève, ces êtres se sentent très malheureux. Ils ne peuvent pas adopter des restrictions ou renoncer à leur vie pour devenir des moines ou des nonnes. Par conséquent, il n’y a pas de salut dans cette vie-là. Ces êtres doivent renaître comme humains afin d’y parvenir. On peut dire que leur âme est née comme être céleste en raison de l’accumulation de plus de bons karmas (punya), mais, en même temps, il faut se souvenir qu’elle en épuise bon nombre. 

           3. Les animaux. Naître dans l’état d’animal (lion, éléphant, oiseau, plante etc.) est considéré comme une forme de vie inférieure. Les oiseaux, les êtres marins et les reptiles ont une pensée, les autres animaux  non. Par conséquent, la plupart souffrent passivement. Même ceux qui ont une pensée ne peuvent réfléchir ou se contrôler autant que les êtres humains. De ce fait, leur progrès est compromis. Par-dessus tout, il y a dans leur vie un grand degré de souffrance et de dépendance passive. Les animaux cruels accumulent plus de mauvais karmas. Bref, leur vie n’est pas favorable à l’atteinte de la libération. 

            4. Les êtres infernaux : En tant qu’être infernal (être vivant dans l’enfer), on doit souffrir    constamment. La plupart du temps, les êtres infernaux se battent entre eux et se causent mutuellement beaucoup de souffrance. Une telle vie est, par conséquent, absolument inadéquate pour la quête spirituelle. 

Ainsi, il est clair que, parmi ces quatre gatis ou destinées, la vie humaine est la seule qui convient pour l’élévation de l’âme et pour la libération du cycle des naissances et des morts.

Essayons, maintenant, de comprendre ce qui conduit une âme aux différentes destinées.

 Ceux qui sont trop violents, qui mentent, qui volent, qui jouissent du plaisir sensuel ou qui sont trop possessifs, coléreux, égoïstes, gourmands, cupides ou excessivement attachés à la vie dans le monde, ont toutes les chances de renaître dans l’enfer comme êtres infernaux.

 Ceux qui sont égoïstes, qui sont cause de difficultés ou qui souhaitent le mal des autres, ont toutes leurs chances de renaître sous une forme animale.

 Ceux qui sont simples et disciplinés, qui observent les vœux, qui se conduisent bien, qui ont un bon caractère et qui suivent une bonne vie morale renaissent, généralement, comme êtres célestes.

 Ceux qui sont simples, francs, qui observent les vœux et les contrôles d’eux-mêmes, qui ont foi dans de vrais maîtres,  qui progressent dans la connaissance juste, qui ont seulement un faible attachement, qui contrôlent la colère, la gourmandise, la tromperie et qui suivent les maîtres religieux, renaissent généralement comme êtres humains.

 En conclusion, nous sommes les maîtres de notre destinée. Nous ne devons jamais blâmer personne ou quoique ce soit de ce qu’elle est. Que cela nous inspire à mener, sans tarder, une vie spirituelle, de façon à pouvoir renaître comme êtres humains et à continuer à progresser sur la voie de la libération.