Leçons pour les juniors (13)

SOURCES DES PÉCHÉS (1 à 5)

Nous sommes toujours occupés à faire quelque chose de bien qui peut aider les autres ou à faire du mal et créer des problèmes à d’autres. Lorsque nous aidons quelqu’un, non seulement nous lui apportons du bien-être, mais cela nous en apporte aussi par punya. Quand nous sommes la cause de problèmes aux autres, nous souffrons aussi en raison de pāpa (des péché). Les actions qui font souffrir les autres sont appelées coupables. Elles peuvent se classer en plusieurs catégories allant du simple racontar d’histoires au meurtre. Dans le Jaïnisme, ces activités sont divisées en 18 catégories. Elles  sont considérées comme des sources de péchés qui provoquent de mauvais karmas ou pāpas. Ces pāpas sont les causes de problèmes dans nos vies actuelles autant que dans nos vies futures. Par conséquent, nous devons faire attention de  n’effectuer  aucune des 18  actions coupables suivantes qui sont liées les unes aux autres :

  1. Pranātipata (la violence),
  2. Mrushavada (le mensonge),
  3. Adattādāna (le vol),
  4. Maithuna (le manque de chasteté),
  5. Parigraha (le caractère possessif),
  6. Krodha (la colère),
  7. Mana (l’arrogance),
  8. Māyā (la tromperie),
  9. Lobha (la gourmandise),
  10. Rāga (l’attachement),
  11. Dvesha (l’aversion),
  12. Kalah (la querelle),
  13. Abhyakhyana (l’accusation),
  14. Paishunya (le commérage),
  15. Parparivada (la critique),
  16. Rati-arati (aimer et ne pas aimer),
  17. Maya-mrushavada (la malice),
  18. Mithyā-darshana-shalya (les fausses croyances).

 Voyons ces actions coupables en détail.

 1. Pranātipata. Ce mot est formé de deux termes : pranā qui signifie la vigueur des êtres vivants et atipata qui veut dire tuer ou faire du mal. Par conséquent, pranātipata veut dire causer de la souffrance ou tuer  l’énergie des êtres vivants. Cela est provoqué par nos actions physiques aussi bien que par nos mots durs ou même par nos pensées mauvaises. La violence physique est facile à comprendre. Malgré cela, les personnes non-végétariennes ne réalisent pas qu’en mangeant des œufs, des poulets, du poisson, de la volaille, des produits de la mer ou en les regardant avec envie, ils causent de la violence. La chasse et la pêche sont aussi des causes de violence. La violence verbale est causée en donnant des noms et en disant des mots offensants, haineux, acides ou durs, de même des phrases semblables. Expliquons la violence mentale par un exemple. Ramesh est un  grand gars costaud qui tabasse Anil, de temps à autre. Anil est un gars fluet qui ne peut pas vaincre Ramesh physiquement. Aussi, Anil pense qu’il doit lier amitié avec un grand gars pour lui demander son aide. Il pense aussi à différents autres moyens d’aller avec lui. Durant ces pensées, bien qu’il ne fasse aucune action physique,  mais du fait que ses sentiments sont de battre Ramesh, il a péché comme s’il battait Ramesh. Ainsi, les pensées mentales nous atteignent de la même façon que les expressions physiques ou verbales. La pensée est formidablement plus rapide, plus facile et elle n’a pas de facteurs d’inhibition comme l’action réelle physique ou verbale. Par conséquent, elle augmente le potentiel d’accumulation de pāpa (ou de punya s’il s’agit de bonnes pensées) plus rapidement et plus facilement.

 Quelques autres formes de violences sont : de percer, d’écraser, d’attacher, de torturer et de surcharger les animaux, de les affamer ou de ne pas leur donner de nourriture quand il le faut,  d’exploiter ceux qui travaillent. Les cosmétiques, l’ivoire, les vêtements de soie ou les articles en cuir impliquent de la souffrance directe ou indirecte aux animaux et sont des raisons d’accumulation de péchés. On doit faire attention en marchant, en courant, en s’asseyant, de  ne pas tuer de petits insectes, comme les fourmis et les animalcules. On doit veiller à ne pas marcher sur les plantes ou  sur l’herbe car elles sont dotées de vie. Dans le Jaïnisme, cette précaution est appelée « jatna » « upayoga ». Ainsi, nous devons être très attentifs et mener une vie simple et pacifique. Cela nous mène à la compassion et à la tolérance envers les autres.

 

2. Mrushavada. Ce mot est formé de : mrusha, qui signifie mensonge, et de vada qui signifie dire ou parler. Ainsi, mrushavada veut dire mentir. Les causes principales du mensonge sont la colère, la cupidité, la peur et la supercherie. Quelques autres sortes de mensonges sont de répandre des rumeurs, de révéler des secrets, de rédiger de faux documents ou ne pas rendre à quelqu’un les choses qui lui avaient été données en garde. En plus d’accumuler du pāpa, en mentant, nous perdons nos amis. Par conséquent, nous ne devons pas dire de mensonges.

 

 

3. Adattādāna.  Ce terme est formé des mots : adattā, qui signifie sans permission, et adāna, qui veut dire prendre. Prendre une chose sans la permission de son propriétaire ou voler est appelé : adattādāna. Acquérir quelque chose qui ne nous appartient pas, par des moyens condamnables, est aussi considéré comme du vol. Même si nous ne volons pas directement, mais si nous demandons à quelqu’un ou si nous encourageons quelqu’un à le faire ou si nous acceptons ou achetons un bien dérobé, si nous fraudons le fisc, si nous frelatons, si nous utilisons de faux poids et de fausses mesures pour abuser les gens, si nous nous permettons des actions de contrebande, c’est considéré comme du vol. Une fois que nous commençons à agir ainsi, il n’y a plus de limites. Bien plus, cette habitude portera tort aussi à notre famille. Par conséquent, nous ne devons pas voler.

 

4. Maithuna. Ce mot signifie ne pas être chaste ou de complaire dans la jouissance des sens. Cela arrive quand nous nous engageons dans des activités sexuelles condamnables. Dans le Jaïnisme, il n’y a pas de place pour des relations sexuelles pré ou extra maritales, parce que les désirs sensuels excessifs sont porteurs de mauvais karmas. Même dans les liens du mariage, il est recommandé d’observer une possible restriction. Un plaisir contre nature, un verbiage abondant, une passion excessive même pour son propre conjoint, sont considérés comme non chastes. Une personne qui souffre d’un grand désir  charnel et de plaisirs sensuels ne peut pas résister aux tentations et se permet des actes immoraux. S’il y a un contrôle sur la pulsion pour le plaisir matériel, le désir sexuel doit être réduit.

 

5. Parigraha. L’attachement aux biens du monde est appelé : parigraha. Des possessions illimitées, et l’accumulation de choses au-delà des besoins normaux de quelqu’un, sont considérées comme des péchés. Cela arrive lorsque nous essayons d’accumuler plus que nous avons besoin. Nous ne devons pas avoir trop de véhicules, une maison trop grande, trop de résidences secondaires, trop de choses comme des jouets, des meubles, des vêtements etc. Nous devons apprendre à vivre heureux ave ce dont nous avons besoin  plutôt que d’accumuler des choses parce que nous les aimons. C’est facile à dire, mais plutôt dur à faire. Nous devons nous souvenir qu’une accumulation inutile est à la base de  problèmes et que cela attise notre envie de plus de possessions. Par conséquent, nous devons nous contenter de ce dont nous avons réellement besoin et apprendre à contrôle nos désirs.

 

 Les 13 autres péchés sont décrits dans les deux chapitres suivants.