Leçons pour les juniors (22)         

GAUTAMASWĀMĪ

En 607 avant J.C, dans le village de Gobargaon, un couple brahmane, qui s’appelait Vasubhuti et Prithvi GAUTAMA, avait un fils prénommé Indrabhuti. Il était grand et beau et il avait deux frères plus jeunes,  Agnibhuti et Vayubhuti. Tous trois étaient bien versés dans les Vedas et dans d’autres rites, dès leur jeune âge. C’étaient de grands maîtres très populaires, dans l’État du Magadha. Chacun d’eux avait 500 disciples.

Une fois, dans la ville d’Apapa, un brahmane nommé Somil pratiquait dans sa maison un yajna (une cérémonie sacrificielle) . Il y avait plus de quatre mille brahmanes présents à cette occasion et, parmi eux, onze maîtres célèbres.

Indrabhuti se distinguait comme une étoile brillante. Somil était un dévoué supporter de la philosophie brahmane et très heureux de cette cérémonie. Toute la ville était surexcitée par cet événement, au cours duquel des brebis et des boucs allaient être sacrifiés. Soudain, Somil vit des êtres célestes descendre sur le lieu de son offrande. Il pensa que cela ferait d’elle la plus célèbre dans l’histoire. Il dit aux participants " Regardez le ciel, même les anges viennent nous bénir " Toute la ville s’empressa de regarder vers le ciel.

A la surprise générale, les êtres célestes ne s’arrêtèrent pas sur le site. Au lieu de cela, ils allèrent plus bas. L’ego de Somil s’évanouit complètement, lorsqu’il apprit qu’ils allaient rendre hommage au Seigneur Mahāvīra qui était venu, non loin, par la forêt Mahasena. Indrabhuti fut offensé par cet incident et son ego fut meurtri. “  Qui est ce Mahāvīra qui n’emploie même pas le riche sanscrit mais qui parle l’ardhamāghadī, la langue ordinaire du commun ? ” Chaque participant à la cérémonie fut subjugué par la présence du Seigneur Mahāvīra. Indrabhuti, une fois de plus, pensa “ Mahāvīra s’oppose aux sacrifices d’animaux. S’il réussit, nous, les Brāhmanes, nous perdrons notre gagne-pain. Je vais discuter avec lui ”.

Il alla le défier. Mahāvīra l’accueillit en l’appelant par son nom, bien qu’ils ne se soient jamais rencontrés auparavant. Indrabhuti fut surpris, mais il se dit en lui-même " Qui ne me connaît pas ? Je ne suis pas surpris qu’il sache mon nom. Je serais étonné s’il savait ce que je pense " Omniscient, Mahāvīra savait ce qui se passait dans l’esprit d’Indrabhuti. Ce dernier, bien que savant, doutait de l’existence de l’Atma (de l’âme) et se disait " Est-ce que Mahāvīra peut affirmer que je doute de l’existence de l’âme ? ”. Mahāvīra dit alors “ Indrabhuti, Atma (l’âme, la conscience)existe et vous ne devriez pas vous poser de question à son sujet " Indrabhuti fut interloqué. Il commença à penser beaucoup de bien de Mahāvīra. Ils entreprirent alors une discussion philosophique à la fin de laquelle Indrabhuti changea de croyance et devint le premier et le principal disciple de Mahāvīra. Il avait alors cinquante ans. A partir de ce moment, il fut appelé Gautamaswāmī, parce qu’il était membre de la famille Gautama.

Pendant ce temps, dans la ville, Somil et les autres maîtres attendaient pour féliciter le vainqueur attendu du débat, Indrabhuti. Ils furent choqués d’apprendre que celui-ci était devenu le disciple de Mahāvīra. Les dix autres maîtres Brāhmanes allèrent débattre avec Mahāvīra et devinrent aussi ses disciples, comme Indrabhuti. Les personnes présentes à la cérémonie commencèrent à s’en aller. Somil annula le sacrifice et détacha tous les animaux.

Une fois, Gautamaswāmī retournait de la quête des aumônes (gocari). Il remarqua que beaucoup de monde allait dans une autre direction et il leur demanda ce qui se passait. Ils répondirent "  Nous allons voir le fidèle Ananda qui a pratiqué des austérités et qui a atteint une connaissance spéciale (avadhijnāna) ". C’était un disciple laïc de Mahāvīra ; aussi Gautamaswāmī décida d’aller lui rendre visite. Lorsque Ananda le vit venir chez lui, il fut très heureux que son guru (son maître spirituel) lui rende visite. Bien qu’il soit très faible, en raison de ses austérités, il se leva et il l’accueillit. Gautama lui demanda comment il allait. Ananda lui répondit "  Avec votre bénédiction, je vais bien " Après quelque temps, Ananda dit à Gautamaswāmī, avec respect “ Révérend maître, j’ai atteint la connaissance avadhi par laquelle je peux voir aussi haut que le quatorzième ciel et aussi bas que le septième enfer " Gautamswāmī pensa “  Un laïc peut atteindre la connaissance avadhi, mais pas complètement " Il dit à haute voix à Ananda " Vous devez faire une expiation pour votre imagination " Ananda était perplexe. Il savait qu’il pouvait voir, mais son maître lui disait d’expier, pour avoir dit cela. Aussi, demanda - t’il poliment à Gautamaswāmī “  Doit-on expier pour dire la vérité ? ” Celui-ci lui répondit “ Non ! ” et il quitta les lieux en pensant “ J’aurai confirmation de cela par le Seigneur Mahāvīra ”

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gautamaswāmī retourna auprès de Mahāvīra qui était assis avec d’autres disciples et il lui posa la question concernant Ananda. Mahāvīra lui dit “  Gautama, Ananda a dit la vérité. Comment une personne comme vous, avec tant de connaissance, pouvez-vous faire une telle erreur ? Vous devez expier pour votre faute ” Mahāvīra croyait à la vérité et ne couvrit jamais la faute de ses disciples afin que son groupe aille bien. Gautamaswāmī mit ses aumônes de côté et alla , immédiatement, chez Ananda pour lui demander pardon de son doute. Ananda fut fier de son humble maître qui n’imputait pas ses fautes à ses disciples.

Le jour où Mahāvīra était sur le point de parvenir au nirvāna (la libération), il envoya Gautamaswāmī prêcher chez un nommé Devasharma. Sur le chemin du retour, Gautamaswāmī apprit que le Seigneur Mahāvīra avait atteint le nirvāna et obtenu le moksha (la libération). Il fut dans un état de choc et de tristesse et dit, en se lamentant “ Le Seigneur Mahāvīra savait que cela allait arriver. Pourquoi m’a-t-il envoyé au loin ? " Il se mit à pleurer sans pouvoir arrêter ses larmes. Au bout d’un moment, il reprit ses sens et commença à penser " Peut-être était-il prévu que cela se passe ainsi. Personne ne peut vivre toujours, aucune relation n’est permanente. Pourquoi était-je si attaché à Mahāvīra ? ” Il considéra qu’il était dans l’erreur et il abandonna son attachement. Durant cette réflexion profonde, il brûla ses ghāti karmas et il atteignit la kevalajnāna, à l’âge de quatre-vingt ans.

Gautamaswāmī enseigna et répandit les principes jaïns, pendant encore douze ans. Il atteignit le mok- sha à l’âge de quatre-vingt douze ans, en 515 avant J.C.