Leçons pour les juniors (24)
LES REVES DE TRISHALĀ
L’âme du Tirthankara Mahāvīra était un ange, dans le dixième ciel, avant de naître comme Prince Vardhamāna. A minuit, le sixième jour de la moitié brillante de āshāda (juin-juillet), son āyushya karma s’acheva et ainsi fit de sa vie un ange. Son âme vint sur la terre et fut conçue dans le sein d’une brāhmane nommée Devananda. Cette nuit-là, cette dernière fit 14 grands rêves inhabituels. Elle se réveilla et en parla à son mari. Il lui dit que leur fils serait quelqu’un de grand, doté de nombreuses vertus. Après 82 jours, le treizième du mois d’ āso, Saudharma Indra, le roi des anges était avec sa cour. Son trône commença à s’agiter, aussi utilisa-t’il son avadhijnana, un pouvoir mental spécial grâce auquel on peut voir, à distance, les choses qui se produisent. Il apprit que l’âme du Seigneur Mahāvīra était conçue dans le sein de Devananda. Un moment, il fut étonné, mais il réalisa que c’était le résultat des karmas gotra du Seigneur Mahāvīra dans sa vie antérieure. Il se dit à lui-même " Non ! Un bienheureux Tirthankara n’est jamais né dans une famille de statut inférieur. Cela ne peut arriver pour Mahāvīra. Je vais changer son âme pour une famille de statut élevé " Saudharma fit venir l’ange Hari à sa cour et lui ordonna de transplanter le fœtus du sein de Devananda dans celui de la reine Trishalā, l’épouse du roi Siddhārtha et de mettre le fœtus de cette dernière dans le sein de Devananda.L’ange Hari quitta la cour du roi Saudharma Indra pour aller chez Devananda. Avec sa divine vitesse, il arriva au pied de son lit et fit sa révérence à l’âme du Seigneur Mahā
vīra. Avec son pouvoir divin, il mit Devananda dans un sommeil profond, ôta son fœtus, et alla au palais de la reine Trishalā.Encore, avec sa vitesse divine, il atteignit le palais de la reine Trishalā en peu de temps. Il utilisa son pouvoir céleste pour mettre la reine dans u
n profond sommeil et il effectua l’échange des fœtus. De nouveau, il fit une révérence au Seigneur Mahāvīra, puis il prit le fœtus de la reine Trishalā et il alla dans la demeure de Devananda pour le placer dans son sein. (Les Digambaras ne croient pas à ces transferts). Cette nuit, la reine Trishalā fit ces quatorze grands rêves qui la remplirent de peur et de joie à la fois. Elle réveilla son mari, le roi Sidhārtha, et elle lui dit ce qu’elle avait vu. Il lui répondit que ces rêves lui paraissaient très auspicieux. Le jour suivant, le roi fit venir les savants à sa cour et il leur demanda leurs significations.( Les Digambaras ne croient pas que le Prince Vardhamāna a été conçu par Devananda).
Le
premier rêve que la reine Trishalā fit était un éléphant, grand, haut
et impétueux avec quatre défenses, un éléphant favorable doté de toutes les
marques désirables d’excellence. Ce rêve indiquait qu’elle donnerait
naissance à un enfant avec un caractère exceptionnel. Les quatre défenses
signifiaient qu’il guiderait le char spirituel, avec ses quatre composants :
les moines, les nonnes, les laïcs et les laïques.Le
deuxième rêve de la reine Trishalā était un taureau qui était noble,
grand, et qui avait une bosse majestueuse. Il avait des poils fins, brillants et
doux sur son corps. Ses cornes étaient superbes et finement pointues. Ce rêve
indiquait que son fils serait hautement religieux et un grand maître spirituel.
Il aiderait à cultiver la religion.
Le
troisième rêve de la reine Trishalā était un lion avec de belles griffes
bien équilibrées. Ce lion avait une grande tête bien ronde et des dents
pointues. Ses lèvres étaient parfaites et ses yeux perçants et incandescents.
Sa queue était d’une longueur impressionnante et bien taillée. La reine vit
ce lion descendre vers elle. Le rêve indiquait que son fils serait puissant et
fort comme un lion. Il serait courageux, tout-puissant et capable de diriger le
monde.
Le
quatrième rêve de la reine Trishalā
était la déesse Lakshmī, la déesse de la richesse, de la prospérité et
du pouvoir. Elle était assise sur un lotus. Elle portait beaucoup de rangs de
perles entrelacées d’émeraudes et une guirlande d’or. Une paire de boucles
d’oreilles pendait sur ses épaules avec une éblouissante beauté. Ce rêve
indiquait que son fils jouirait d’une grande fortune et d’une grande
splendeur et qu’il serait un Tirthankara, le suprême bienfaiteur de tous.
Le cinquième rêve de la reine Trishalā
était une belle guirlande descendant du ciel. Elle sentait les parfums mêlés
de diverses fleurs qui éclosent durant les différentes saisons. Tout l’univers
était rempli de leur fragance. Ce rêve indiquait que le parfum de l’enseignement
de son fils se répandrait à travers l’univers et serait respecté par tous.
Le sixième rêve de la reine Trishalā était une pleine lune. C’était un signe très favorable. La lune était dans sa gloire totale, aussi brillante qu’une étoile. Elle éveillait les lis jusqu’à leur fleurissement complet. Ce rêve indiquait que cet enfant aiderait à alléger la souffrance de tous les êtres vivants. Il apporterait la paix au monde et il favoriserait le progrès spirituel de l’ensemble de l’humanité.
Le
septième rêve de la reine Trishalā
était le soleil brillant. Il brillait pour détruire l’obscurité. Il était
aussi lumineux que les flammes d’un feu de forêt. Il se levait et il faisait
cesser les activités mauvaises des créatures qui se développent la nuit. Ce rêve
indiquait que son fils aurait la connaissance suprême et qu’il dissiperait
l’obscurité et les phantasmes
Le
huitième rêve de la reine Trishalā était un grand drapeau flottant sur
une hampe dorée. Ce drapeau s’agitait doucement dans le vent et favorablement
dans la brise fine. Il attirait les yeux de tous. Sur lui un lion lumineux était
peint. Ce rêve indiquait que son fils porterait la bannière de la religion et
qu’il rétablirait son ordre dans tout l’univers.

Le neuvième rêve de la reine Trishalā était un vase, en or, rempli d’eau claire. Ce vase était magnifique, beau et brillant. Il était décoré d’une guirlande. Ce rêve indiquait que son fils serait rempli de toutes les vertus, plein de compassion pour tous les êtres vivants, et qu’il serait une personnalité religieuse supérieure.
Le dixième rêve de la reine Trishalā était un lac rempli de milliers de lotus qui flottaient au-dessus. Tous étaient en fleurs et s’ouvraient aux premiers rayons du soleil. Ils avaient un doux parfum. Ce rêve indiquait que son fils serait au-dessus de l’attachement du monde, qu’il aiderait à se libérer les êtres humains emmêlés dans les cycles de la naissance et de la mort et dans le malheur.
Le onzième rêve de la reine Tirshalā était
un océan. Ses eaux s’élevaient dans toutes les directions à une grande
hauteur. Le vent soufflait doucement en créant les vagues. Ce rêve indiquait
que son fils aurait une personnalité sereine et agréable. Il atteindrait la
perfection et la connaissance infinies, il échapperait à la vie dans le monde,
qui est un océan de naissances, de morts et de misère, et il mènerait son âme
à la libération.

Le douzième rêve de la reine Trishalā était un vaisseau aérien qui résonnait d’une musique céleste. Il était rempli de l’arôme d’un encens agréable et spirituel. Ce rêve indiquait que tous les anges dans le ciel respecteraient, honoreraient et salueraient les enseignements spirituels de son fils.
Le
treizième rêve de la reine Trishalā était un haut tas de bijoux. C’était
un mélange de toutes sortes de gemmes et de pierres précieuses. Ce rêve
indiquait que son fils aurait des vertus infinies, qu’il posséderait la
sagesse et qu’il atteindrait l’esprit suprême.
Le quatorzième rêve de la
reine Trishalā était un feu qui brûlait avec une grande intensité, mais
sans produire de fumée. Cela signifiait que son fils réformerait et
restaurerait l’ordre religieux. Il ôterait la foi aveugle et les rites
orthodoxes. De plus, il brûlerait et détruirait ses karmas et il atteindrait
la libération.

Certaines écritures disent que la reine Trishalā a fait seize rêves.
Le quinzième rêve était une paire de poissons, ce qui voulait dire que son fils serait extrêmement beau.
Le seizième rêve était un trône haut indiquant que son fils aurait un statut spirituel élevé.
Pour résumer la signification de ces rêves, on peut dire que l’enfant qui allait naître serait très fort, très courageux et doté de grandes vertus. Il serait très pieux et deviendrait un grand roi ou un leader spirituel. Il réformerait et restaurerait l’ordre religieux et il guiderait toutes les créatures de l’univers afin qu’elles parviennent au salut. Il se libérerait aussi lui-même.
Le Seigneur Mahāvīra est né le treiziè
me jour de la moitié brillante du mois de caitra (mars-avril), cinq cent quarante - deux ans avant l’ère Vikrama, c’est-à-dire en 599 avant J.C.![]()