Niveau 2 -
Leçon 7
Professeurs
Spirituels
(Sadhus et sadhvis jaïns -
moines et nonnes)
L'enseignement religieux est
dispensé par des professeurs bien particuliers. Ce ne sont pas de simples
professeurs. Ce sont des sadhus (moines) ou des sadhvis (nonnes) jaïns.

Etre sadhu ou sadhvi nécessite une
formation approfondie. Celle-ci comprend des enseignements de la philosophie
jaïne, l'étude des textes sacrés et l'application des voeux que tout moine ou
toute nonne doit respecter. L'aspirant apprend à se libérer de tout lien le
rattachant à la vie mondaine, lien familial, professionnel ou lien social. Il
doit également apprendre à vivre sans argent.
Une fois accoutumé à ce mode de
vie, il peut alors décider de devenir sadhu (ou sadhvi), et ce, en toute liberté.
Il n'a qu'à écouter son "Soi". Cette décision lui assure la force intérieure
nécessaire à l'initiation.
Lorsqu'un Acharya l'a décidé, la
cérémonie d'initiation (Diksha) a lieu. Il est alors accepté comme sadhu ou
sadhvi. Il renonce définitivement à toute vie mondaine et rompt à jamais tout
lien social ou économique. Il prend consciemment les cinq grands voeux suivants:
1) Ne commettre aucune violence.
(Ahimsa)
2) Ne proférer aucun mensonge. (Satya)
3) Ne pas voler. (Asteya)
4) Rester chaste.
(Brahmacharya)
5) Ne rien posséder. (Aparigraha)
Ces voeux sont observés de neuf façons. C'est à
dire des trois façons suivantes:
1) engagement du corps
2) engagement de la parole
3) engagement de l'esprit
.. elles mêmes respecter de trois
façons différentes chacune:
1) en respectant soit même ces
cinq voeux.
2) en ne demandant à personne de
transgresser ces cinq voeux.
3) en n'incitant personne à
transgresser ces cinq voeux.
S'investir dans des activités
mondaines reviendrait à trahir ses engagements. Il tournerait ainsi le dos à sa
vocation spirituelle, et ses voeux en seraient rompus.
C'est grâce à son détachement et
à sa vie toute dévouée au développement spirituel que le moine ou la nonne est
honoré parmi les "Panch Parmesthy", c'est à dire les cinq êtres suprêmes cités
par le Namokar Mahamantra.
C'est avec
équanimité qu'il considère tous les êtres également, père ou mère, frère ou
soeur, mari ou femme, fils ou fille. Il renonce à tout bien, argent, maison,
voiture, bijoux, etc.
Il opte pour un mode de vie
simple, à l'écart du confort. Le sadhu svetambara s'habille en blanc. Le sadhu
digambara reste nu. La sadhvi, qu'elle soit svetambara ou digambara, s'habille
toujours en blanc.
Il se déplace pieds nus. Il
n'utilise pas de voiture, de train, d'avion ou un tout autre moyen de transport.
Il ne réside nulle part. Sa vie n'est que pérégrination bien qu'il évite soigneusement
de voyager avant le lever du soleil, après son coucher, ou bien en cas de pluie.
Pour s'alimenter, il va de maison
en maison, acceptant à chacune un peu de nourriture. Celle-ci ne doit pas être
spécialement préparée à son effet. Il ne consent qu'à partager la nourriture du
foyer. Il ne consomme aucun légume vert cru.
Le moine svetambara s'accompagne
d'un jeu de bols en bois afin de recevoir la nourriture. Il déjeune deux fois
par jour. Le moine digambara, lui, contient la nourriture offerte dans le creux
de ses mains. Il ne mange et ne boit qu'une seule fois dans la journée et ne
visite qu'un foyer.
Entre les repas, il ne consomme
rien à l'exception d'eau bouillie. Avant le lever du soleil et après son coucher,
il se prive de toute nourriture et de toute boisson.
De nombreux ascètes pratiquent le
jeûne.
Un moine ne touche aucune femme
et une nonne, aucun homme. S'il porte un vêtement, il s'agit simplement de deux
ou trois linges unis blancs.
Certains sadhus ont la bouche
couverte d'un tissus blanc (muhapati), d'autres le tiennent à la main. Certains
n'utilisent pas de muhapati du tout.
Une petite balayette (rajorahan),
faite de fils fins ou de plumes de paon librement détachées, peut être utilisée
pour nettoyer à proximité.
Le moine ou la nonne pratique Pratikraman
deux fois par jour, une fois le matin et une fois le soir. Sa vie est austère.
Il enseigne également la religion aux membres de la famille qu'il visite.
Son observance nécessite une
grande discipline. Si un plat inconvenant lui est présenté, il se doit
d'expliquer calmement au donateur qu'il se trouve dans l'incapacité d'accepter.
Il gagne ainsi un respect unanime.
Nous autres laïcs, ignorant la
réalité ultime et investis par de nombreuses préoccupations mondaines, pouvons
solliciter ses saints conseils. Il sera alors capable de nous expliquer le
message de Mahavira.
En signe de respect, nous devons
nous prosterner devant lui (genoux, mains et front au contact du sol) et dire
"Mathen Vandami", ce qui signifie "J'incline ma tête".
Ainsi prosternés, les hommes ne doivent pas toucher une nonne, et les femmes, un
moine, suivant ainsi l'exemple des sadhus et des sadhvis.
Pour conclure, le postulant moine,
ou la postulante nonne, qui désire prononcer ses voeux doit remplir les trois
conditions suivantes:
1) Renoncer librement à tout lien
social.
2) Respecter les cinq grands
voeux et leurs neuf observances.
3) S'habiller en blanc ou rester
nu (condition applicable aux hommes uniquement).
Questions :
1) Qui sont nos professeurs
spirituels ?
2) Quelles sont les obligations
pour devenir un moine ou une nonne ?
3) Lorsqu'ils renoncent à toute
vie mondaine, qu'abandonnent-ils ?
4) Quels sont les cinq voeux
qu'ils s'engagent à respecter ?
5) Les moines et les nonnes
sont-ils des guides spirituels ou des travailleurs sociaux ?
6) Quel genre d'eau boivent-ils ?
7) Combien de repas font-ils par
jour ?
8) Mangent-ils durant les heures
de nuit ?
9) Comment se procurent-ils leur
nourriture ?
10) Acceptent-ils les légumes
verts crus ?
11) Les moines et les nonnes se
permettent-ils de toucher des personnes de sexe opposé ?
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