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Leçons pour les seniors (1) 

LĄŻÂME ET LE CORPS

Nous pouvons tous croire à lĄŻexistence de lĄŻâme, mais beaucoup se demandent si elle est distincte du corps. Les Jaïns estiment quĄŻelle lĄŻest. JusquĄŻà ce quĄŻelle soit libérée des karmas, elle réside dans différents corps en fonction de lĄŻétat qui était le sien au moment de la fin de sa vie antérieure. Dans la littérature jaïne, lĄŻâme et le corps sont des entités différentes qui ont fait débat entre le moine Keshikumar et le Roi Paradeshi. Le moine Keshikumar appartenait à lĄŻordre des ascètes de Pārshvanātha (le 23e Tirthankara), bien discipliné, il pratiquait des pénitences de haut niveau et il avait la connaissance avadhi (la clairvoyance) et manah paryaya (la connaissance mentale directe). Le Roi Paradeshi, lui, ne croyait ni à la religion, ni à lĄŻâme.

Un beau matin, la discussion commença lorsque Chitra, le conducteur du char du Roi Paradeshi, amenait celui-ci là où le moine Keshikumar faisait un sermon.

En voyant le moine, le Roi demanda qui il était, de quoi il vivait, ce quĄŻil buvait, pourquoi il paraissait si robuste et si beau physiquement et quel était le sujet de son prêche pour attirer là tant de monde. Chitra lui répondit "  Votre honneur ! CĄŻest le moine Keshikumar de lĄŻordre de Pārshvanāth qui est de naissance noble et qui possède la quadruple connaissance ".

Comme le Roi et Chitra sĄŻapprochaient de lĄŻĀcārya Keshikumar, ce dernier lui dit Ą°  Oh Roi !  Vous vous demandiez quĄŻelle était ce prêche, en criant si fort, et sans laisser personne tranquille et en paix ? ".

Le Roi, étonné, lui répondit "  CĄŻest vrai. Mais comment savez-vous cela ? ".

LĄŻĀcārya dit Ą° Oh Roi ! Nos écritures, qui émanent des Jinas sans attaches, affirment que la connaissance est de cinq sortes : mati (par les sens), shruta (par les écrits),avadhi (par la clairvoyance), manah paryaya (par le mental directement) et kevala (omnisciente). JĄŻai atteint les quatre premières, cĄŻest la raison pour laquelle je peux lire vos pensées ".

Le Roi sĄŻassit et demanda à lĄŻĀcārya Ą° Oh Seigneur ! Les moines jaïns enseignent que le corps et lĄŻâme sont des entités distinctes. Est-ce exact ? ". Keshikumar lui répondit " Oui, nous le croyons ".

Le Roi répliqua " LĄŻâme et le corps ne sont pas distincts, cĄŻest la même chose. Écoutez comment je suis arrivé à cette conclusion. Mon grand-père était aussi roi de cette ville. Il prenait soin des plaisirs de son corps et il pensait quĄŻil prenait ainsi soin de son âme. Il négligeait ses sujets et pratiquait des activités impies. Pour la religion jaïne, il a dû certainement renaître dans quelque enfer. Je suis son petit-fils bien aimé et je mène une vie semblable à la sienne. CĄŻest pourquoi, comme il mĄŻaimait, il aurait dû venir me dire " Mon petit-fils ne commets pas de péché par amour de ton corps car le corps et lĄŻâme sont distincts. Je souffre maintenant en enfer car je me suis trompé " Mais, il nĄŻest jamais venu. CĄŻest pourquoi, je crois que le corps et lĄŻâme sont une même chose.

LĄŻĀcārya lui demanda Ą° Que feriez-vous si un jeune homme se permettait des plaisirs sensuels avec votre belle reine ? ".

Le Roi répondit " Oh Seigneur ! Je lui couperais mains et jambes et je le pendrais ".

LĄŻĀcārya lui dit Ą° Oh Roi ! Donneriez-vous une permission de quelques heures à cet homme pour aller dire à ses parents et amis de ne pas commettre un tel acte ? ".

Le Roi répondit "  Oh Seigneur ! Cela nĄŻarriverait pas, lĄŻhomme serait pendu sur le champ " .

LĄŻĀcārya dit Ą°  Oh Roi ! Votre grand-père est entrain de subir impuissant le châtiment de ses actions. De même que vous ne permettriez pas à cet homme dĄŻavertir ses amis, les gardiens brutaux de lĄŻenfer ne laisseraient pas sortir votre grand-père, sĄŻil voulait vous avertir. Par conséquent, vous ne pouvez pas conclure que le corps et lĄŻâme sont la même chose ".

Le Roi " Écoutez une autre anecdote qui renforce ma conviction que lĄŻâme nĄŻest pas indépendante. Ma grand-mère avait un esprit très religieux. Elle était tout à fait dĄŻaccord avec les moines jaïns et croyait aux principes fondamentaux de lĄŻâme (jīva) et de la matière (ajīva). Elle menait une vie pieuse et pratiquait beaucoup dĄŻaustérités. Elle est morte maintenant et, dĄŻaprès lĄŻopinion jaïne, elle doit être au ciel. Je suis son petit-fils quĄŻelle aimait, aussi, beaucoup. Elle aurait pu, de là -haut, venir me dire " Oh ! Mon petit-fils, pratique la religion et fais quelque chose pour ton âme et non pour ton corps " Mais, jusquĄŻà ce jour, elle nĄŻest pas venue. Aussi, je suis incliné à croire que la corps et lĄŻâme ne sont pas distincts ".

LĄŻĀcārya répondit " Supposez que vous avez pris un bain et que vous portez des vêtements blancs pour aller au temple. Sur votre chemin, quelquĄŻun qui est aux toilettes (les toilettes ouvertes étaient communes, autrefois) vous appelle pour parler un moment avec vous. Oh Roi ! Feriez-vous cela ? ". Le roi dit "  Oh Seigneur ! Je nĄŻirais pas dans un lieu si malodorant et sale ".

LĄŻĀcārya dit Ą° Oh Roi ! De la même façon, votre grand-mère ne viendra sûrement pas vous parler du bonheur dont elle jouit, pour tout ce quĄŻelle a fait pour son âme, et cela pour les quatre raisons suivantes :

1. Le monde terrestre sent très mauvais. Les anges du ciel sont dégoûtés dĄŻune telle odeur et, par conséquent, nĄŻaiment pas descendre sur la terre.

2. Les anges sont totalement absorbés dans le bonheur céleste et, par conséquent, ils ne le quittent pas, même une minute.

3. Les anges sont absorbés par une relation amicale avec tous les autres dieux et déesses et ils nĄŻapprécient pas beaucoup les rapports humains.

Même si les anges du ciel, absorbés dans leur bonheur divin, désiraient retourner dans le monde humain, juste pour un tout petit peu de leur temps, ce temps sĄŻinterprète en milliers dĄŻannées terrestres. Aussi, pendant cela, leurs parents humains, dont la vie est courte, seraient déjà morts et ils nĄŻauraient plus personne à joindre.

Vous pouvez comprendre, ainsi, pourquoi votre grand-mère ne retournera pas vous avertir que vous ne prouvez pas que le corps et lĄŻâme sont une même chose ".

Le Roi dit " Écoutez encore une preuve à ce sujet. Une fois, jĄŻétais assis sur mon trône, et un policier mĄŻamena un voleur pour le punir. Je lĄŻai empaqueté vivant dans un caisson en fer et jĄŻai fermé le couvercle très hermétiquement. LĄŻespace entre le couvercle et la partie principale du caisson a été soigneusement soudé, de façon quĄŻil nĄŻy ait pas le plus petit trou. Après quelques jours, le caisson a été ouvert et lĄŻhomme a été trouvé mort. Si lĄŻâme et le corps sont séparés, comment lĄŻâme aurait-elle pu sĄŻéchapper du caisson ainsi fermé ? Je maintiens, par conséquent, que le corps et lĄŻâme sont un et que lorsque le corps cesse son activité, il en est de même de lĄŻâme.

LĄŻĀcārya répliqua Ą° Oh Roi ! Supposez quĄŻun homme avec une cloche et un marteau soit enfermé hermétiquement dans une salle avec un dôme circulaire, les portes bien fermées et plâtrées de tous les côtés, de façon quĄŻaucun air nĄŻy pénètre. Si lĄŻhomme à lĄŻintérieur frappe la cloche avec le marteau, entendrez-vous le son à lĄŻextérieur de la salle, "

La Roi dit "  Oui Seigneur, le son sera entendu ".

LĄŻĀcārya répliqua Ą°  Mais, il nĄŻy a aucun trou dans la salle ? Ą±.

Le Roi dit " Oui Seigneur, même sĄŻil nĄŻy a aucun trou du tout, jĄŻentendrai le son ".

LĄŻĀcārya sĄŻexclama Ą° Oh Roi ! De même que le son a la capacité de sĄŻéchapper dĄŻune salle sans trou, lĄŻâme peut le faire dĄŻun caisson hermétique. LĄŻâme a la capacité de percer le métal, la pierre, le mur ou la montagne et de sĄŻéchapper ".

Le Roi dit "  Votre honneur ! Une fois, jĄŻai pesé un voleur vivant, puis, je lĄŻai tué, et je lĄŻai pesé de nouveau. Je nĄŻai pas trouvé aucune différence de poids. Si le corps et lĄŻâme étaient des entités distinctes, jĄŻaurais au moins trouvé un changement, mais tel nĄŻa pas été le cas. Par conséquent, lĄŻâme et le corps sont une seule et même chose.

LĄŻĀcārya demanda Ą°  Oh Roi ! NĄŻavez-vous jamais rempli un sac de cuir avec de lĄŻair ? Y a-tĄŻil une différence quelconque entre le poids dĄŻun sac vide et celui dĄŻun sac rempli dĄŻair ? Ą±.

Le Roi répondit "  Non ! Votre Honneur ! Il nĄŻy pas de différence !".

LĄŻĀcārya demanda Ą° Oh Roi ! SĄŻil nĄŻy a pas de différence entre un sac vide et un sac plein dĄŻair, cela signifie-t-il que le sac ne contient pas dĄŻair ? Le poids ou la gravité est un attribut de la matière inerte et le toucher est nécessaire pour sa perception. Une matière ne peut pas être pesée, tant quĄŻelle nĄŻest pas touchée et saisie. Aussi, comment lĄŻâme, qui est distincte du corps et qui ne peut être ni touchée, ni saisie, pourrait-elle être pesée ? ".

Le Roi dit "  Oh Seigneur ! Une fois, un voleur condamné à mort a été coupé en morceaux par moi pour chercher son âme. Mais je nĄŻai pu la trouver dans aucun de ces morceaux, par conséquent, lĄŻâme et le corps ne sont pas des entités distinctes ".

LĄŻĀcārya dit Ą° Oh Roi ! Il est bien connu dans le monde que le feu réside dans les bâtons dĄŻarni (une sorte de bois qui prend feu quant on le frotte). Le feu peut-il être trouvé si le bâton dĄŻarni est coupé en petits morceaux ? Par conséquent, il est stupide de croire que lĄŻâme nĄŻexiste pas parce quĄŻelle nĄŻ a été trouvée dans aucun morceau du corps ".

Le Roi dit " Oh Seigneur ! La croyance que le corps et lĄŻâme ne font quĄŻun était celle de mon grand-père et de mon père et elle mĄŻa été transmise. CĄŻest ma conviction héréditaire, comment puis-je lĄŻabandonner ? ".

LĄŻĀcārya répondit Ą° Oh Roi ! Si vous nĄŻabandonnez pas cette conviction, vous vous repentirez comme le compagnon qui ne sĄŻest pas débarrassé dĄŻun fardeau de barres de fer Ą±.

Le Roi dit "  Qui était cet obstiné et pourquoi sĄŻest-il repenti ? ".

LĄŻĀcārya répondit  " Oh Roi ! Un certain nombre de personnes, à la recherche de prospérité, partirent dans une forêt. Ils y trouvèrent une mine avec du fer en abondance. Ils parlèrent entre eux de lĄŻutilité du fer, décidèrent dĄŻen remplir des sacs et sĄŻen allèrent. Comme ils sĄŻavançaient dans la forêt, ils trouvèrent une mine de plomb. Le plomb étant plus utile que le fer, tous laissèrent leur sac de fer, et ramassèrent le plomb, sauf un qui préféra ne pas laisser son chargement. Ses compagnons essayèrent de le persuader mais il répondit "  jĄŻai porté cette charge sur une longue distance. Elle est bien attachée, aussi je ne désire pas la laisser pour charger des barres de plomb " Nos voyageurs allèrent plus loin où ils trouvèrent, les unes après les autres, des mines de cuivre, dĄŻargent, dĄŻor, de pierres précieuses et de diamants. Ils laissèrent le chargement le moins valable et ils emportèrent celui de plus de valeur, à lĄŻexception de celui qui continua à porter les sacs de fer parce quĄŻil ne voulait pas changer. Plus tard, ils arrivèrent dans une ville où ils vendirent leurs précieux diamants. Cela les rendit très riches et ils furent très heureux. Le compagnon obstiné vendit ses barres de fer et gagna peu dĄŻargent. Il fut très triste alors et commença à penser "  JĄŻaurais pu, moi aussi, gagner une ample fortune, si jĄŻavais laissé le fer et ramassé les diamants ".

Ainsi, Oh Roi ! Si vous nĄŻabandonnez pas votre obstination, vous vous repentirez, comme le compagnon qui avait gardé ses barres de fer ".

Ces explications du moine Keshikumar convainquirent enfin le Roi que lĄŻâme est différente du corps.

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