Leçons pour les seniors (2)
KASHĀYAS
Le mot kashāya (passion) peut être décomposé en kasha, qui signifie la vie dans le monde, et aya qui veut dire obtenir. Ainsi, son sens littéral est d’obtenir à nouveau la vie dans le monde. Ce qui indique que, tant que nous avons des passions, le cycle de la naissance et de la mort continue.
On distingue quatre sortes de kashāyas : krodha (la colère), māna (l’ego), māya (la tromperie) et lobha (la cupidité). Elles sont groupées en deux catégories : rāga (l’attachement) et dvesha (la haine). Rāga est formé de māya et de lobha, dvesha de krodha et de māna.
Spirituellement, notre but doit être de nous délivrer de la vie dans le monde et de devenir des êtres libérés. Mais, lorsque nous manifestons de l’attachement, de la haine ou des passions pour des objets terrestres, nous gênons le progrès spirituel de notre âme. Tant que nous sommes sous l’influence des passions, notre intellect est irrationnel, nous sommes vicieux par nature. Ainsi, les passions sont les plus grands ennemis de notre âme. Nous devons nous protéger de leurs influences. L’affinité, l’affection, l’hostilité, l’antipathie ou le dégoût etc. sont leurs causes. Nous manifestons de l’affinité ou de l’hostilité pour les choses, en raison de notre attitude dénaturée, de notre ignorance, de nos perceptions et de nos connaissances fausses. Nous sommes, en tant qu’humains, des opportunistes. Lorsque nous sommes privés de ce que nous désirons, nous réagissons avec colère. De la même façon, si nous n’avons pas la renommée que nous pensons mériter, notre ego est blessé, et nous réagissons en conséquence. C’est pourquoi, en réalité, la colère et l’ego sont causés par ce que nous aimons. Ce sont des formes
d’attachement (rāga). En d’autres termes, l’attachement est la seule cause de toutes nos passions. Aussi, ceux qui ont vaincu leur attachement, ce qui veut dire ceux qui n’en ont plus, ont tout conquis. C’est la raison pour laquelle le Seigneur Jina est appelé vītarāga (celui qui n’a pas d’attachement).Les passions sont causées par la maturation des mohanīya karmas qui ont été accumulés antérieurement. Par conséquent, au lieu de réagir aux situations avec passion, nous devons être tranquilles ou calmes, pour briser le cycle qui provoque de nouveaux karmas. Notre but doit être d’empêcher de nouveaux karmas de venir et de nous débarrasser calmement de l’effet des anciens. Si nous pouvons faire cela, la porte de notre libération s’ouvre.
Les quatre passions sont, à leur tour, subdivisées en quatre groupes, en fonction de leur intensité. Elles sont soit :
1. anantānubandhy (extrêmement sévères). Dans ce cas, elles font obstacle à la foi et à la conduite justes. Nous ne pouvons pas les atteindre, tant que ces passions ne sont pas éliminées. Leurs effets durent longtemps et agissent avec le darshan mohanīya karma ( le karma qui obscurcit la vision juste).
2. apratyākhyānavaranya (sévères). Dans ce cas, elles gênent le renoncement partiel, mais n’affectent pas la foi juste. Tant qu’elles sont actives, nous ne pouvons pas faire de vœux, même de façon limitée.
3. pratyākhyānāvaranya (modérées). Dans ce cas, elles gênent le renoncement total (pour être moine ou nonne) mais elles n’affectent pas la foi juste et le renoncement partiel.
4. samjvalana ( légères). Dans ce cas, elles empêchent d’atteindre la conduite juste complète, mais elles n’affectent pas la foi juste et le renoncement total. L’initiation comme moine ou comme nonne et le progrès spirituel sont possibles, mais il est impossible de devenir vītarāga.
Krodha
( la colère).
Quand la colère s’échauffe, nous perdons notre sens du jugement et des vertus, comme l’amour et le pardon, sont détruites. La colère survient lorsque quelqu’un met des obstacles à la satisfaction de nos souhaits ou de nos désirs ou abuse de notre confiance. Tout le monde souhaite rester éloigné de ceux qui se mettent facilement en colère. Du fait de la colère, des amis deviennent des adversaires. Personne ne veut aider quelqu’un de coléreux, personne ne l’aime. La colère nourrit la vengeance et, par conséquent, au lieu d’une nature colérique, nous devons en avoir une paisible et indulgente. La colère est nuisible, non seulement dans cette vie, mais elle peut avoir, aussi, des conséquences néfastes dans nos vies futures. Quelquefois, des personnes vertueuses font des colères mais, immédiatement après, elles se calment et demandent pardon aux gens concernés. Dans un tel cas, c’est la bonne façon d’agir, et nous devons faire de même. Le péché causé par la colère peut être effacé, si nous cultivons des vertus telles que le pardon, la pénitence et le repentir.
Lobha
( la cupidité).
Une personne cupide n’est pas satisfaite de ce qu’elle a. Pour avoir plus, elle peut employer tous les moyens, sans se soucier des autres. Nous ne devons pas oublier que notre gain est la perte de quelqu’un d’autre et que la cupidité nous empêche de donner et de partager. Nous devons nous contenter de ce que nous avons et seulement posséder selon nos besoins. Nous devons, aussi, favoriser l’habitude d’aider les autres, en leur offrant ce que nous avons. La cupidité détruit la paix et le bonheur, alors qu’en chérissant les autres, ils reviennent.
Māna
( l’ego).
Quelqu’un qui est plein de son ego perd le sens du jugement et de la politesse. Un homme fier provoque sa propre destruction. Nous ne pouvons acquérir la connaissance que si nous sommes humbles. L’humilité entraîne de bonnes pensées là où il n’y a pas de place pour l’orgueil ou l’ego. Elle est à la base de la religion. Il est plutôt difficile de manifester des sentiments religieux, aussi longtemps que l’ego persiste.
M
āya ( la tromperie).La tromperie est responsable d’une vie malhonnête. On perd ses amis à cause d’elle. L’honnêteté nous aide à comprendre la vérité. Une personne malhonnête la comprend peu.Il y a neuf non-kashāyas (pseudo-passions) qui déclenchent les passions. Ce sont :
La manifestation des non-kashāyas décroî
t, au fur et à mesure que le progrès spirituel commence. Par conséquent, nous devons faire attention non seulement aux kashāyas, mais aussi aux non-kashāyas.
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