Leçons pour les seniors (4)
GHĀTI KARMA
Si lĄŻâme possède le pouvoir
naturel de tout connaître et de tout voir, pourquoi la nôtre ne lĄŻa- tĄŻelle
pas ? Si lĄŻâme est détachée et a un pouvoir infini, pourquoi avons-nous de
lĄŻattachement et sommes-nous si faibles ?
Les karmas sont les
responsables de ces altérations. Ils se divisent en deux groupes : les karmas
destructeurs (ghāti) et les karmas non destructeurs (agāthi). Les ghāti karmas
voilent la vraie nature de lĄŻâme tant quĄŻils sont fixés sur elle. LorsquĄŻils
sont détruits, elle montre sa vraie nature de connaissance et de perception
parfaites, de non-attachement et de pouvoir infini. Les Arihantas ont détruit
ces sortes de karmas, cĄŻest la raison pour laquelle leurs âmes ont ces qualités
propres. Nous devons aussi, tous, nous efforcer de les détruire.
Les
ghāthi karmas sont au nombre de quatre : 1) jñānāvaranīya karma, 2)
darshanāvaranīya karma, 3) antarāya karma, 4) mohanīya karma.
1.
Jñānāvaranīya karma
( le karma qui
obscurcit la connaissance).
Comme son nom lĄŻindique, ce
karma voile le pouvoir que lĄŻâme a de connaître. Ceux qui en ont peu sont plus
intelligents et apprennent plus facilement, ceux qui en ont beaucoup ont des
problèmes pour retenir la connaissance.
Il y a cinq sous-catégories de
ce karma : a) le mati jñānāvaranīya
karma, b) le shruta jñānāvaranīya karma, c) lĄŻavadhi jñānāvaranīya karma, d) le
manah paryaya jñānāvaranīya karma, et e) le kevala jñānāvaranīya karma. Voyons
cela plus en détail :
a) Le mati jñā
nāvaranīya
karma obscurcit la connaissance que lĄŻon acquiert par lĄŻusage des sens et de la
pensée (mati jñānā). Il bloque ces fonctions. Par conséquent, si quelquĄŻun en a
beaucoup, il est moins intelligent, si quelquĄŻun en a peu, il est plus
intelligent.
b) Le shruta jñā
nāvaranīya
karma obscurcit la connaissance que lĄŻon acquiert en comprenant les mots, les
écrits, les gestes (shruta jñānā). CĄŻest la raison pour laquelle certaines
personnes peuvent se souvenir des choses après
les avoir lues seulement une fois, alors que dĄŻautres ne peuvent pas sĄŻen
rappeler, même après plusieurs fois.
c) LĄŻavadhi jñā
nāvaranīya
karma obscurcit la clairvoyance qui permet de voir des choses matérielles plus
loin que les yeux le peuvent, sans lĄŻaide des sens ou de la pensée. Certaines
personnes sont capables dĄŻatteindre des types variés de clairvoyance (avadhi
jñānā).
d) Le manah paryaya jñā
nāvaranīya
karma voile la connaissance des pensées des autres, sans le secours des sens et
du mental (manah paryaya jñānā). LĄŻâme
qui sera un Tirthankara, dans cette vie, atteindra cette connaissance, au moment
de son renoncement à lĄŻexistence dans le monde.
e) Le kevala jñā
nāvaranīya
karma obscurcit la connaissance parfaite (kevala jñānā) qui permet de connaître
ce qui arrive maintenant, ce qui est arrivé dans le passé et ce qui arrivera
dans le futur. Les Arihantas et les Siddhas ont détruit ce type de karma, cĄŻest
la raison pour laquelle ils ont atteint la connaissance parfaite.
Certains effets du
jnanavaraniya karma sont lĄŻignorance, lĄŻimpossibilité de comprendre,
lĄŻincapacité dĄŻapprendre, lĄŻillettrisme et le bégaiement. Ce karma est
sĄŻacquiert si nous condamnons la connaissance, les savants, les personnes
éclairées, si nous faisons preuve de paresse, de mépris ou de dégoût pour
étudier et apprendre, si nous manifestons du dégoût pour la connaissance et les
choses en rapport avec elle, par exemple, en déchirant les pages ou en jetant
les livres.
Ce karma peut être effacé en
vénérant la connaissance, en marquant du respect pour les maîtres et les livres,
en étudiant régulièrement, avec humilité, les écrits religieux.
Lorsque lĄŻon est complètement
débarrassé de ce type de karma, on développe la kevala jñā
nā
et lĄŻon devient Anantajñāni. Notre âme
peut connaître tout du passé, du présent et du futur en même temps.
2.
Darshanāvaranīya karma ( le karma qui obscurcit
la perception).
Ce karma diminue les pouvoirs
de notre perception au moyen des yeux, des oreilles, du nez, de la langue et de
la peau, de sorte que nous ne sommes pas capables de voir, dĄŻentendre, de bien
sentir etc.
Il y a neuf sous-catégories de
ce karma :
a) le cakshur darshanāvaranīya
karma, qui obscurcit la perception visuelle,
b) lĄŻacakshur darshanāvaranīya
karma, qui obscurcit la perception non-visuelle,
c) lĄŻavadhi dashanāvaranīya
karma, qui obscurcit la perception de loin,
d) le kevala darshanāvaranīya
karma, qui obscurcit la perception parfaite,
e) le nidrā karma, qui
provoque un léger sommeil,
f) le nidrā-nidrā karma, qui
produit un sommeil profond,
g) le pracalā karma, qui
provoque un sommeil très profond,
h) le pracalā-pracalā karma,
qui produit un sommeil excessivement intense et
i) le styānagriddhi nidrā karma, qui provoque le
somnambulisme.
Certains effets de ce karma
sont la cécité, lĄŻinadéquation des sens, lĄŻinsomnie, lĄŻévanouissement et le
somnambulisme.
Ce karma est accumulé si lĄŻon
condamne les principes religieux, si lĄŻon manque de respect envers les vertueux,
et si lĄŻon essaye de trouver des fautes dans la perception des autres.
En pratiquant fidèlement la
vénération, en ayant foi dans les Jinas, en étant respectueux envers les maîtres
spirituels et la religion, on efface ce karma. Pour éviter dĄŻattirer
ce karma, on ne doit pas insulter les sādhus, les sādhvīs, les shrāvakas ou les
shrāvīkas. On doit aussi être
dĄŻhumbles disciples de la religion jaïne, aider les autres à la suivre, être
alerte et travailler pour la paix de lĄŻordre quadruple jaïn.
Une f
ois
que ce karma est totalement effacé, on peut atteindre la kevaladarshāna et
devenir Anantadarshāni. Les Arihantas et les Siddhas perçoivent,
en même temps, tout ce qui arrive maintenant, tout ce qui est arrivé dans le
passé et tout ce qui arrivera dans le futur.
3.
Antarāya karma ( le karma qui empêche).
Bien que beaucoup parmi nous
désirent faire la charité, nous ne le pouvons pas. Une personne riche qui est
diabétique peut se payer nĄŻimporte quel dîner de son choix mais elle ne peut pas
nécessairement y prendre du plaisir. Vous pouvez avoir eu lĄŻexpérience où tout
était réuni à 100% pour réaliser un projet mais où, pour une raison quelconque,
vous nĄŻavez pas pu lĄŻentreprendre. Des situations de cette nature se produisent
à cause de lĄŻinfluence de lĄŻantarāya
karma. Ce karma empêche
aussi la vénération du Jina et lĄŻexécution des activités spirituelles. Il est
responsable de tous les obstacles auxquels nous avons à faire face dans nos
vies.
Il y a cinq subdivisions dans
lĄŻantarāñya karama :
a) le dānāntaraya karma (
celui qui empêche la charité),
b) le labhāntaraya karma (
celui qui empêche le gain),
c) le bhogāntaraya karma (
celui qui empêche le plaisir),
d) lĄŻupabhogāntaraya karma (
celui qui empêche la réjouissance),
e) le viryāntaraya karma (
celui qui empêche le pouvoir de la volonté).
Certains effets de ce karma
entraînent lĄŻincapacité de faire pénitence, la paresse et la faiblesse. Même si
lĄŻon désire suivre la bonne voie, on en est incapable, du fait dĄŻune quantité
excessive de ce karma.
Ce karma est acquis en ne
vénérant pas les Jinas, en ne pratiquant pas les autres activités spirituelles,
en sĄŻopposant à ce que dĄŻautres fassent pénitence, rendent service, pratiquent
la dévotion ou la charité, en nĄŻétant pas charitable et en causant du tort aux
autres.
Ce karma peut être effacé en
faisant la charité, en partageant sa connaissance, en aidant les sādhus
et les sādhvīs, en encourageant les autres à
être charitables, à faire pénitence, à rendre service, et en se montrant
bienveillant.
Lorsque lĄŻon se débarrasse de
ce karma complètement, on devient Anantashakti. LĄŻâme nĄŻa plus ni handicap, ni
de faiblesse. Elle nĄŻest plus fatiguée et nĄŻéchoue jamais.
4.
Mohanīya karma ( le karma qui trompe).
Ce karma crée des doutes
envers la religion et les maîtres spirituels et fait perdre la foi dans le Jina.
Il fausse la conduite juste et la foi juste, il provoque lĄŻattachement et la
haine et il entraîne des passions comme la colère, lĄŻego, la malhonnêteté et la
cupidité. De tous les karmas, cĄŻest le plus dangereux et le plus difficile à
vaincre. Une fois quĄŻil a été vaincu, le salut ( la libération) est garanti (e).
Il y a vingt-huit sortes de mohanīya karma :
a) le darshana mohanīya karma
( celui qui perturbe la foi). Il comprend : le mithyātva mohanīya karma qui
cause lĄŻincrédulité, le mishra mohanīya karma qui cause la crédulité multiple et
le samyaktva mohanīya karma qui fausse la foi juste.
b) le caritra mohanīya karma ( celui qui perturbe la conduite).
Il comprend les karmas dus aux passions (kashāyas) et ceux non dus aux passions
(non-kashāyas).
Ceux dus aux passions sont dits :
- anantānubandhya ( gê
nant
la conduite
juste) krodha, māna, māyā et lobha mohanīya karmas,
- apratyākhanāvaraniya (gênant
le renoncement partiel) krodha, māna, māyā et lobha mohanīya karmas,
- pratyākhyanavaraniya (empêchant
le renoncement complet) krodha, māna, māyā et lobha mohanīya karmas,
- samjvalana ( empêchant la
conduite juste complète) krodha, māna, māyā et lobha mohanīya karmas.
Ceux non dus aux passions sont :
-
le hāshya karma ( qui provoque le rire),
- le rati karma ( qui cause
lĄŻintérêt),
- lĄŻarati karma ( qui cause le
désintérêt),
- le bhaya karma ( qui cause
la peur),
- le shocka karma (qui
provoque le chagrin),
- le jugupsā karma ( qui
provoque le dégoût),
- le striveda karma ( qui
provoque le désir sexuel pour un homme),
- le purushaveda karma (qui
provoque le désir sexuel pour une femme),
- le napunsankavedā karma (
qui provoque le désir sexuel à la fois pour un homme et pour une femme).
Certains effets du mohanīya
karma comprennent lĄŻattachement, la haine, lĄŻenvie, le mépris, la détresse,
lĄŻinfatuation, le désir ardent, le délire, la colère, la cupidité, lĄŻego et la
déception.
Ce karma sĄŻacquiert en
traitant avec dédain les dieux et les précepteurs, en ayant un profond
attachement, une profonde haine, en se lamentant, en pleurant, en étant
surexcité, irritable, furieux, avide, égoïste, trompeur etc.
En observant des vertus comme
lĄŻhonnêteté, lĄŻhumilité, le contentement et la franchise, on peut effacer ce
karma. Pour lĄŻéviter, on doit prier, aller à lĄŻupāshraya pour vénérer les
maîtres spirituels et faire, chaque jour, pénitence. Lorsque lĄŻon a complè
tement
vaincu ce karma, on devient un Vītarāga (comparable à un Arhat). Après, lĄŻâme
nĄŻest plus jamais coléreuse, orgueilleuse, avide, intéressée, désintéressée,
heureuse, triste ou peureuse. Une âme Vītarāga nĄŻa ni attachement, ni haine
envers quiconque. Une fois que le mohanīya karma est détruit, le jñānavaraniya,
le darshanavaraniya et lĄŻantaraya karmas le sont aussi, dans un délai de 48
minutes, et la kevalajñāna, la kevaladarshana et lĄŻanantavirya sont toutes
atteintes.
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