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Le?ns pour les seniors (14)

PRATIKRAMANA

Dans son état pur, l’âme a une perception infinie, une connaissance infinie, un pouvoir infini et elle est dénuée d’attachement. Ces qualités ne se constatent pas dans les âmes terrestres parce qu’elles sont souillées par les karmas. En suivant les principes religieux, et en ayant des activités pieuses, nous effaçons nos karmas et nous élevons nos âmes jusqu’à la libération.

 On distingue plusieurs sortes d’activités religieuses, quelquefois appelées des rites, et parmi elles, le « pratikramana », qui est l’un des rites jaïns les plus importants. Durant celui-ci, nous nous repentons de nos activités mauvaises sur un plan quotidien, nous nous rendons compte de nos fautes et nous en demandons pardon, ce qui nous aide à diminuer l’intensité du karma et à nous libérer de l’asservissement qu’il provoque.

 Le « pratikramana » est l’association des six rites essentiels que sont : l’état d’égalité de l’âme ou équanimité, la vénération des vingt-quatre Tirthankara, les salutations respectueuses aux moines et aux nonnes, le recensement de ce que nous avons fait de mal et son annotation, la méditation et le renoncement.

 1)      L’état d’équanimité de l’âme (sāmāyika).

 Dans le « sāmāyika », nous restons dans un état d’âme égal. Pendant quarante-huit minutes, nous abandonnons tous nos soucis terrestres, tout attachement et toute haine. Cette manière d’être nous aide à apaiser nos passions et nos désirs. Pour être prêts pour ce rite (dans la tradition shvetāmbara)  nous mettons des vêtements blancs, simples et propres, et nous cherchons un endroit tranquille. Nous commençons par réciter le « Navakar Mantra », puis nous lisons des passages des saintes écritures, nous méditons etc. Cela nous donne un aperçu de la vie des ascètes qui vivent, leur vie entière, dans l’équanimité et nous encourage directement à nous orienter vers la vie de moine (sādhu) ou de nonne (sādhvī).

 2)      La louange des vingt-quatre Tirthankara (caturvimshatistava ou chauvisantho).

 Dans ce rite, nous manifestons notre respect pour les vingt-quatre Tirthankara. En faisant leurs louanges, nous nous remémorons que ces Jina ont été victorieux en combattant leurs ennemis intérieurs, comme la colère, l’ego, la cupidité, la tromperie etc. et cela nous encourage à faire comme eux.

 3)      Les salutations respectueuses (vandana).

 Maintenant, nous nous inclinons devant les moines et les nonnes et nous leur manifestons notre respect. Ce sont nos guides religieux et nos précepteurs actuels. En nous inclinant ainsi, nous devenons humbles, ce qui nous aide à vaincre l’ego et la colère et nous inspire à devenir comme eux.  ( S’il n’y a pas de moine ou de nonne présents, nous nous inclinons en direction du Nord-Est vers les Arhats qui sont actuellement très loin d’ici).

 4)      Le recensement de nos activités blâmables et notre demande de pardon (pratikramana).

 Le mot « pratikramana » est composé de deux termes : « pra » qui signifie revue et « atikramana » qui veut dire violation. Littéralement, cela exprime une revue de nos violations. En tant que Jaïns laïcs, nous sommes supposés observer les douze vœux pour minorer la violence envers les autres êtres vivants qui, à leur tour, minorent le dommage à nos âmes. Durant le « pratikramana », nous passons en revue nos activités  afin de recenser les violations que nous avons faites à ces vœux. Ensuite, nous demandons pardon pour ces actions, nous purifions nos âmes et nous améliorons nos activités futures. Si nous n’avons pas fait de vœux, nous devons souhaiter pouvoir les faire un jour.

 Le « pratikramana » se pratique ordinairement deux fois par jour, une fois le matin, c’est le « raisi pratikramana » (de raisi : matin), pour nous repentir des choses blâmables que nous avons pu commettre durant la nuit, et une fois le soir, c’est le « devasi pratikramana » (de devasi : soir), pour nous repentir des choses blâmables que nous avons pu commettre durant la journée.

 Ceux qui ne peuvent pas réaliser le « pratikramana » quotidien doivent le faire tous les quinze jours, c’est le « pakshika pratikramana » (de « pakshika » : la quinzaine). Il y en a un certain nombre qui ne trouvent pas le temps d’effectuer le « pakshika pratikramana », ils doivent alors le faire tous les  quatre mois, c’est  le « chumasi pratikramana » ( de « chumasi » : quatre mois). Si certains ne peuvent pas réaliser le « chumasi pratikramana », ils doivent au moins faire, une fois par an, c’est le « samvatsari pratikramana » (de « samvatsari » : annuel). Ce « samvatsari pratikramana » est considéré comme une obligation pour chaque Jaïn.

 En nous repentant, durant ce rite, nous diminuons l’asservissement de notre âme par le karma et nous évitons de commettre les mêmes péchés à l’avenir. Si nous ne nous repentons pas de nos mauvaises activités une fois par an, l’asservissement de notre âme devient sévère et même plus difficile à effacer. En réalité, on doit faire le « pratikramana » dès que l’on réalise que l’on a commis un péché.

 5)      Le renoncement au corps (kāyotsarga).

 Le mot kāyotsarga est composé de deux termes : « kāya » qui signifie : corps et « utsarga » qui veut dire : abandon. Ce rite consiste à abandonner son confort physique et ses mouvements, en se tenant immobile, soit debout, soit dans une autre posture, en nous concentrant sur la véritable nature de notre âme, qui est distincte de notre corps, en récitant le « Navakar Mantra » ou en faisant le « chauvisantho ». C’est une forme de méditation. En pratiquant bien le « kāyotsarga », nous parvenons, petit à petit, à contrôler nos activités mentales, verbales et physiques.

 6)      Le renoncement (pratyākhyāna).

 C’est le renoncement formel à certaines activités, qui réduit ou qui arrête l’influx des karmas. Il nous aide à apprendre à contrôler nos désirs et nous prépare au très grand renoncement.

 Ainsi, le « pratikramana » aide à nous contrôler, rend hommage à ceux qui ont fait du bon travail et  nous dirige sur leurs voies.