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Leçons pour les seniors (21)

  YAKSHAS ET YAKSHĪNIS

 

Les Jaïns vénèrent les statues des Tirhtankaras, en tant qu’êtres supérieurs, mais, à mesure que le temps a passé, ils ont commencé à honorer, dans leurs temples, beaucoup d’autres déités, Yalshas et Yakshīnis. Nombreux sont ceux qui se demandent qui sont-elles ? Pourquoi sont-elles là ? Pourquoi ont-elles pris tant d’importance ? Devraient-elles être là ?

 La réponse à la première question c’est que, même si, à une certaine époque, il peut sembler qu’elles ont eu plus de vénération, de la part de beaucoup, elles ne sont pas identiques aux Jinas, aux Arhats ou aux Tirthankaras, qui ont vaincu leurs passions intérieures. Ces déités (Yakshas et Yakshīnis) en sont pleines et elles errent  dans le cycle des naissances et des morts, exactement comme nous. On les appelle aussi des « Shāshanadevatās » ( des déités gardiennes). Ce sont des êtres célestes du groupe Vyantara qui ont des pouvoirs surnaturels, dont celui de changer leurs formes et leurs tailles. La réponse à la seconde question c’est que, d’après certaines croyances, les Jaïns pensent que ces êtres célestes ont été désignés par Indra pour veiller au bien-être des Tirthankaras. C’est pourquoi on les trouve toujours près des Jinas. Ce qui justifie leur présence dans les temples jaïns. Ils figurent, en général, en couple un homme (Yaksha) et une femme (Yakshīni). Le Yaksha est d’habitude du côté droit de la statue du Jina, la Yakshīni du côté gauche. A une époque ancienne, on les considérait surtout comme des  serviteurs des Jinas mais, à mesure que le temps a passé, ils ont aussi été vénérés.

 Tous les Yakshas ne sont pas bienveillants, certains peuvent être néfastes. Alors que  quelques-uns ont rendu hommage au Seigneur Mahāvira et l’ont protégé de diverses souffrances, le Yaksha Sulpani l’a troublé dans sa méditation et lui a infligé pas mal de tourments. Il existe des histoires similaires  concernant d’autres Yakshas. Le lieu de résidence  (bhāvanā) d’un Yaksha est connu aussi sous le nom de caitya ou d’ayatana. Il peut se trouver à l’extérieur de la cité, sur la colline ou la montagne, sur un arbre, dans une réserve d’eau, à la porte de la cité, dans une maison ou dans un palais, dans la cité. Le célèbre Yaksha Angulimala vivait dans un arbre, dans la forêt.  Lorsque cet arbre a été remplacé par un autre, il a pris place à la porte de la cité. 

Les êtres humains sont des opportunistes.  Comme les Jinas ne les récompensent pas, même s’ils les vénèrent sincèrement, des Jaïns ont pensé que les Yakshas pouvaient leur accorder des bienfaits immédiats. C’est pour cette raison qu’ils leur ont attribué des places dans leurs temples. Certains Yakshas  étaient, et sont connus, pour donner la fertilité et la richesse à leurs dévots.  Aussi sont-ils devenus très populaires et leurs statues ont été placées dans les temples jaïns. Certains adeptes les vénèrent et leur offrent différentes choses en faveur de la santé de leurs enfants, de la richesse, de la délivrance de la peur, de la maladie ou des infirmités. 

Les écrits anciens, comme le « Sthanagasūtra », l’ « Uttarādhyayasūtra », le « Bhagavatīsūtra », le « Tattvārthasūtra », l’ « Antagadasasūtra » et le « Paumācāriya » font de fréquentes références aux Yakshas. La mention des Shāshanadevatās dans l’ «  Harivamsapūrana » (783 après J.C) est le commencement de ce concept. Parmi ceux-ci, les Yakshas Manibhadra et Purnabadra, et la Yakshīni Bahūputrika, ont été les mieux vénérés. Manibhadra et Purnabhadra sont mentionnés comme les chefs des demi-dieux, Manibhadra  de ceux du nord et Purnabhadra de ceux du sud. Bahūputrika, qui a eu de nombreux enfants, est indiquée comme étant la reine de Manibhadra. L’ « Harivamsapūrana »cite, aussi, la capacité qu’ont les Yakshas et les Yakshīnis de pacifier les pouvoirs des rogas, raksasas, bhutas et pisacas. Certains ont cru, aussi, qu’ils distribuaient leurs faveurs à ceux qui les vénéraient et pour cela ils sont devenus, pour eux, plus populaires que les Jinas. Ils ont commencé à les honorer pour satisfaire les désirs matériels qui ne pouvaient l’être par la dévotion envers les Jinas Vitaragas. C’est pour cela, qu’entre le X ème et le XIII ème siècles,  le Yaksha Sārvhanubhuti ou Sarvahna et les Yakshīnis Cakreshvarī, Ambikā, Padmāvatī et Jvālamālinī sont devenus si populaires que des disciples indépendants sont apparus autour d’eux. Plusieurs temples ont  été érigés uniquement pour les révérer.  On peut voir cela, même maintenant.

 Les œuvres jaïnes du VI ème au X ème siècles après J.C. mentionnent seulement quelques figures iconographiques de Yaksharāja (Sarvahna ou Sarvanubhuti et Dharanendra comme Yakshas,  Cakreshvari, Ambikā, Padmāvatī comme Yakshīnis). La liste de vingt-quatre couples de Yakshas-Yakshīnis a été finalisée aux alentours des VIII ème - IX ème siècles après J.C, comme on la trouve dans le « Kahavali », « le Tiloyapannatti » et le « Pravacanasaroddhara ». Leurs formes iconographiques indépendantes ont été standardisées, aux alentours des XI ème -XII ème siècles, comme mentionnées dans le « Nirvankalika », le « Trisastisalakapurusacaritra », le « Pratishasara-samgraha », le « Pratisthasaroddhara », le « Pratishtalika », l’ « Acaradinakara » et dans un certain nombre d’autres textes. Toutefois, on  trouve beaucoup de différences, entre les traditions Shvetāmbara et Digambara, en ce qui concerne les noms et les figures iconographiques des Yakshas et des Yakshīnis. Ces noms et ces figures ont reçu l’influence des dieux et des déesses brahmaniques et bouddhiques. Les Jaïns paraissent avoir adopté leurs noms ou leurs figures iconographiques ou les deux, dans de tels cas.

 Les Āgamas originaux ne mentionnent ni le Jina, ni la vénération de statues, même si, pendant 2500 ans, les Jaïns on construit des milliers de temples merveilleux, à des coûts très élevés, et y ont placé leurs statues pour vénérer les Tirthankaras. Par conséquent, l’idée de statue ou de vénération de statues, même celles des Jinas, serait un anathème à l’esprit et aux paroles véritables de ceux-ci. En érigeant et en vénérant des Yakshas et des Yakshinīs et en leur demandant des bienfaits matériels, les Jaïns se sont ainsi détournés de la voie spirituelle et ont été attirés par les attachements matériels. Pendant un moment, même si nous espérons un gain matériel par leur vénération, quiconque y procède devrait en bénéficier, or cela ne se produit pas. Par conséquent, nous vivons dans une croyance fausse (mithyatva). On ne doit pas oublier que si un gain matériel est atteint, c’est par la maturation de nos bons karmas (shubha). Somadeva a senti que ces Shāshanadevatās pouvaient remplacer les Jinas, plutôt qu’être complémentaires de ceux-ci comme objets de vénération. Quiconque les vénère à l’égal des Jinas va dans la mauvaise direction. Asadhara a déclaré qu’une personne qui a une vue juste ne vénèrera jamais les Yakshas, même si elle est assaillie par de grandes calamités. Cela, parce qu’en tant que Jaïns nous croyons que nos malheurs sont de notre fait et que nous devons les vaincre avec calme, pour arrêter le tourbillon de la réaction qui ne fera rien, sinon en provoquer de plus grands. En conclusion, les directives établies dans le Jaïnisme nous disent ce qui est bien et ce qui est mal, mais il appartient à chacun de décider des statues que nous devons vénérer et de celles que nous devons simplement admirer.

(Les branches des Jaïns Shvetāmbaras sthanakavasi et terapanthi et des Digambaras taranapanthi ne croient pas à la vénération des statues.)

Voyons quelques-uns des Yakshas et des Yakshinīs les plus connus.

L’information sur ce sujet a été recueillie dans le livre de Pramaoda Chitrabhanu « Jain symbols, Ceremonies and Practices » ( Symboles, cérémonies et pratiques jaïns).


CHAKRESHWARI DEVĪ.

C’est la déesse qualifiée de servante du Seigneur Adinath (Rishabhadeva). On l’appelle aussi Apratichakra. Sa couleur est dorée. Son véhicule est un aigle. Elle a huit bras. Dans ses quatre mains droites, elle tient le mudra béni, la flèche, le corde et la roue de la lumière, dans ses mains gauches les rênes, l’arc, l’arme protectrice d’Indra et une roue.



ĀMBIKA DEVĪ.

C’est la déesse affectée au Seigneur Nemināth, le 22 ème Tirthankara. Elle est aussi appelée Āmbai Āmba et Amrā Kushmandinī. Sa couleur est dorée et son véhicule est un lion. Elle a quatre bras. Dans ses deux mains droites elle porte une mangue et une branche de manguier, dans ses deux mains gauches une rêne et ses deux fils.

PADMĀVATI DEVĪ.

C’est la déesse affectée au Seigneur Parshvanāth, le 23 ème Tirthanakara. Sa couleur est dorée et son véhicule est un serpent à tête de coq. Elle a quatre bras. Dans ses deux mains droites elle tient un lotus et un rosaire, dans ses deux mains gauches un fruit et des rênes.

SARASVATĪ DEVĪ.

C’est la déesse de la connaissance. Elle est considérée comme la source du savoir. Cette énergie divine est à la base de la lumière spirituelle, elle ôte toute ignorance et elle favorise toute connaissance. Elle est respectée et admirée par les personnes du monde et par les saints ascètes. Elle a quatre bras, l’un tient un livre, l’autre un rosaire, et avec ses deux autres mains un instrument de musique que l’on appelle une vīnā. Elle est assise sur un lotus et son véhicule est le paon qui représente l’équanimité dans la prospérité. A certains endroits, il est indiqué que son véhicule est un cygne.
 

LAKSHMĪ DEVĪ.

La déesse LakshmĪ représente la richesse. Elle est vénérée comme la déesse de la fortune, du pouvoir, de l’argent etc. Dans ses deux mains levées, elle porte un lotus et un éléphant, dans ses deux mains baissées, elle a un rosaire dans la droite, et un pot dans la gauche.

MANIBHADRA DEVA.

C’était, au départ, un Yaksha vénéré, depuis longtemps, par les Indiens. Son introduction dans le panthéon jaïn est tardive. C’est un personnage qui a six bras et dont le véhicule est un éléphant.

GHANTĀKARNA VEER.

Cette déité est vénérée pour sa protection et pour éloigner la mauvaise influence créée par les sortes d’énergies négatives très basses. Sa flèche indique la pénétration des forces mauvaises. L’arc donne la force à la flèche. Son symbole est la cloche qui tinte pour créer des sons favorables dans l’atmosphère. Quelquefois ceux qui ne sont pas au courant l’appellent à tort Ghantakarna Mahāvira, ce qui crée une confusion entre lui et le Seigneur Mahāvira. Il n’a aucun rapport avec Mahāvira.

NĀKODĀ BHAIRAVA.

C’est la déesse tutélaire de Bhairava. On la trouve, d’habitude, près de l’entrée du temple. Les gens qui visitent le sanctuaire lui font des offrandes de fleurs pour qu’elle satisfasse leurs désirs matériels. C’est la force positive autour du temple.

BHOMIYAJI.

Cette déité a la forme d’une montagne. C’est l’énergie naturelle positive du mont Sammetshikhar. Son énergie inspire et guide les croyants et les voyageurs.