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Leçons pour les seniors (24)

INTRODUCTION A L’UTTARĀDHYAYANA SŪTRA
 

Toutes les religions dans le monde ont un certain nombre de textes de base spécifiques, considérés comme leurs livres sacrés. Ils contiennent les instructions pour les ascètes, les procédés et les résultats expérimentés, les principes à suivre et les objectifs à atteindre dans la vie.

Certaines religions ont une série de textes sacrés. Les quatre « Vedas » des Hindous et les trois « Pitakas » des Bouddhistes sont célèbres. Les Jaïns ont, aussi, leurs douze écritures saintes ou Āgamas. Des religions plus récentes en ont une seule : « la Bible » pour les Chrétiens, « le Coran » pour les Musulmans, « l’Avesta » pour les Perses, « le Guru Granth Sahib » pour les Sikhs, etc. Ces textes sont écrits dans diverses langues. Ceux des Jaïns le sont en ardhamāgadhī, la langue parlée par le peuple dans l’ancien Maghada (Bihār) et le Koshala (Uttar Pradesh). Les livres saints jaïns plus tardifs sont en sanskrit et dans d’autres langues.

Il y a deux sortes de textes sacrés pour les Jaïns : 1) les primitifs et 2) les secondaires ou supplémentaires. Les deux contiennent principes et pratiques, bien que les textes primitifs soient les plus importants. Les secondaires ne sont toutefois pas à négliger.

Nous parlerons, ici, de l’un des écrits secondaires les plus importants qui s’appelle l’ « Uttaradhyayana sūtra ». Traditionnellement, on dit qu’il contient les derniers sermons du Seigneur Mahāvira. Beaucoup de savants supposent que le texte actuel est une œuvre composite de dates différentes. Toutefois, c’est l’un des docuements anciens qui est l’équivalent des textes primitifs.

Ce livre a différentes manières d’exposer les principes jaïns. Ils sont illustrés par des paraboles, des anecdotes, des épisodes et des contes historiques. Le texte comprend 36 chapitres dont un tiers presque est constitué de contes et d’épisodes historiques. Certains des premiers chapitres contiennent les paraboles et les concepts du Jaïnisme. La diversité des méthodes employées rend ce livre hautement illustré et intéressant. On le trouve, maintenant, traduit dans différentes langues : en allemand, en anglais, en hindi, en gujarati, etc. Sa première traduction en anglais a été publiée, en 1895, dans « The Sacred Books of the East » volume 45. A l’aide de ces traductions, tout le monde peut lire, comprendre et juger la valeur du document. Il y a, également, beaucoup de petits et de longs commentaires de ce livre qui ont commencé a être écrits au IX ème siècle de notre ère.

Voyons maintenant le contenu de ce texte important. Il nous dit que la vie humaine est rare et difficile à atteindre, mais que c’est elle qui nous permet de parvenir au bonheur éternel. Il faut donc en faire le meilleur usage. On doit essayer de l’enrichir des plus hautes valeurs humaines et de l’illumination. Le livre conseille aux gens de suivre la vie ascétique qui peut être celle du meilleur bonheur intérieur. Le texte nous dit qu’il y a quatre choses qui sont rares : 1) la vie humaine, 2) les sermons des Jinas, 3) la vue juste ou sensée, 4) la conduite juste des contrôles.

On doit comprendre que Mahāvira a été le plus grand ascète de son temps. Il a eu de nombreux disciples avec la foi et la compréhension qui conviennent. Il a inspiré à de nombreuses personnes de suivre sa voie, comme moyen du bonheur extérieur et intérieur de nature permanente. Il a, aussi, mis l’accent, en tant qu’ascète, sur la voie du détachement où il faut affronter 22 sortes de difficultés. On doit supporter beaucoup d’épreuves physiques et mentales, pour se transformer en un ascète véritable.

L’ « Uttarādhyayana Sūtra » nous enseigne beaucoup de choses sur la vie ascétique, en racontant les histoires de Kapila, Nemi, Mrugaputra, Sanjaya, Rathnemi, Jaya-Vyaghosha et de beaucoup d’autres. Elles montrent que la bonne vie ou vie ascétique résulte du bon karma antérieur. On doit donc bien penser et bien agir tout le temps. Le livre nous dit, aussi, que les professions ne doivent pas être considérées comme le droit de la naissance. Elles dépendent de notre formation et de notre activité. Cette idée a été l’une des plus progressistes, autrefois. Un chapitre nous raconte l’histoire d’un ascète qui n’a pas été bien considéré par la haute caste mais que, plus tard, ses sermons lui ont fait accorder confiance. Mahāvira dit que l’ascétisme peut être cultivé sans aucune restriction de caste ou de croyance. C’est la base de l’universalité de la religion.

Le texte dit, aussi, que le manque d’attention et l’indolence ne sont pas bons, de même que trop d’attachement ou d’indulgence. Les ambitions et les désirs des hommes sont sans limites. Ils sont causes d’insatisfactions et entraînent une vie malheureuse. Il faut pratiquer la culture des bonnes qualités qui peuvent modérer les attitudes obstructives. Rester écarté des mauvaises actions et des mauvaises pensées est le meilleur sacrifice que l’on puisse faire.

Un bon nombre de chapitres décrit les principes de base du Jaïnisme. Leur pratique est la pierre angulaire de la purification extérieure et intérieure. La théorie du karma est l’essence du système jaïn. La pratique de l’équanimité (samayika) ou de la méditation est aussi décrite. La théorie des couleurs (leshyas) est l’un des principes psychologiques les plus importants pour refléter notre pensée à travers le halo coloré autour de notre corps. La pratique de la méditation bonifie la pensée et, par conséquent, sa couleur. La blancheur de la couleur indique les bonnes qualités. Sur six types de couleurs, trois sont bonnes et trois sont mauvaises. Nous devons essayer d’avoir les trois bonnes.

Le Jaïnisme est une religion orientée vers l’action mais celle-ci ne donne de bons résultats que si elle est réalisée avec une attention méticuleuse et sans fautes d’omission ou de compromission.

Le dernier chapitre est très important. Il nous donne des détails sur le monde vivant et non-vivant et il traite de physique, de chimie, de botanique et de zoologie. La non-violence est décrite dans les chapitres qui exposent les différentes qualités et les vœux des ascètes.