Les temples
Jaïns

Temple
Dilwara sur le Mont Abu (Rajasthan) Inde
A part quelques
sections, telles celles des Shvetambra Sthanakavasis et Terapanthis, les Jaïns
pratiquent la vénération de leurs Tirthankara ou de leurs livres sacrés dans des
temples. Depuis des siècles, ils en construisent, ils en restaurent ou ils
conservent pieusement les ruines de ceux qui ont été détruits par les hordes
d'envahisseurs successifs de l'Inde ou qui, pour des raisons diverses, ont été
abandonnés. Depuis le milieu du XXème siècle, ils en bâtissent
également dans d'autres pays dans le monde où un certain nombre d'entre eux ont
décidé de se fixer.
On ne saurait faire
un inventaire exhaustif de tous les sanctuaires jaïns, tellement ils sont
nombreux. Il en existe aujourd'hui non seulement dans pratiquement tous les
États indiens mais aussi en Europe (Grande-Bretagne, notamment), en Amérique du
Nord (Etats-Unis, Canada), en Afrique (Kenya, Afrique du Sud), en Asie (Japon,
Malaisie, Népal) et en Océanie (Australie, Nouvelle Zélande).
En Inde, les Jaïns
ont généralement érigé des sanctuaires dans les lieux (kshetra) où : soit un ou
plusieurs de leur Tirthankara ont atteint le nirvana (nirvana kshetra), soit où
tel a été le cas de grands ascètes (siddha kshetra)), soit où un ou plusieurs
Tirthankara sont nés, ont reçu la consécration et sont parvenus à l'omniscience
(kalyanak kshetra), soit où des statues de Tirthankara ont été retrouvées dans
la terre et ont la réputation d'être miraculeuses (atishaya kshetra). D'autres
ont été réalisés par de grands personnages (Empereurs, Rois, Ministres) ou par
de riches commerçants à la suite de rêves, de v©«ux ou du désir d'acquérir de
bons karma pour leur ou leurs vies futures.
Nous allons voir ici les temples Jaïns qui sont, à l'heure actuelle, les
plus vénérés, pour différentes raisons, par les fidèles et dont la
caractéristique majeure, pour les autres, est qu'ils sont d'une splendeur
inégalée ou vraiment remarquables sur le plan artistique. Le grand voyageur, Vitol de Golish les a qualifiés de « rêves de beauté » tellement ils présentent
de détails, de finesse, de grâce, de richesses dans leurs ciselures et leurs
ornementations. Leurs plafonds, leurs piliers, leurs portes, leurs panneaux,
leurs niches, leurs conceptions en général dépassent tout ce que l'on peut
imaginer de talent, de génie de la part de ceux qui les ont réalisés dans le
roc, le marbre ou le grès. Ils présentent, en général, des formes différentes,
suivant qu'ils ont été bâtis dans le nord de l'Inde (style dit « nagara ») ou
dans le sud (style « dravida » ou « dravidien »). Ceux du nord sont, en général,
plus fins que ceux du sud. Ils sont constitués, pour la plupart, d'une entrée,
d'un hall à colonnes (mandapa), d'un ch©«ur (garbhagriha) et d'une haute tour (shikara).
Ceux du sud sont souvent constitués de tours de plan rectangulaire (gopuram)
surmontant les portes. Un certain nombre ont des styles particuliers, tels ceux
dits de l'Orissa, par exemple. Certaines de ces merveilles architecturales ont
été érigées dans des villes, d'autres dans des vallées, à l'écart du bruit et de
l'agitation, d'autres enfin ont été bâtis au sommet de hautes collines. Les
bâtiments sont soit isolés, avec ou sans cours, entourés ou non de murs, soit
groupés en de véritables cités. Le choix de leur implantation, leur construction
et l'installation des statues à l'intérieur ont fait, et font toujours, l'objet
de rites particuliers très élaborés, qui durent plusieurs jours, sous la
direction d'Acarya ou de laïcs très respectés qui connaissant parfaitement les
règles complexes établies de longue date à cet effet.
Les temples jaïns appartiennent les uns aux Shvetambara, les autres aux
Digambara. Certains ont des locaux distincts, dans le même bâtiment, pour chaque
branche. Certains, assez peu nombreux, sont partagés avec des Hindous. Les
édifices sont placés sous l'autorité et la surveillance de membres de la
communauté qui y pratique le culte, désignés en raison de leur dévotion, de leur
autorité et de leurs compétences. Ceux-ci nomment souvent un gardien des lieux
qui veille à leur sécurité, leur propreté, leur préparation pour le culte et,
dans certaines régions, qui exerce même les fonctions d'officiant (pujari).
Avant de voir plus en détail les temples jaïns les plus beaux et les plus
célèbres, il convient de rappeler que tout visiteur doit obtenir l'autorisation
de pénétrer dans un de ces sanctuaires, s'il ne fait pas partie des fidèles, et
qu'il doit se déchausser avant d'entrer, ne pas porter d'objets en cuir, de
fourrure animale, de soie naturelle, etc. en vertu du respect du principe de
non-violence (ahimsa) envers tout être vivant. Les prises de photos sans
autorisation, à l'intérieur, sont rigoureusement interdites. De même, la plupart
de ces édifices ne peuvent être visités qu'à des heures bien définies.