SAMANA SUTTAM
(SHRAMANA SUTRA)
Première Partie
10. Préceptes sur le contrôle de
soi (Samyamasūtra)
(122)Mon âme est pour moi la rivière Vaitarani et l’arbre épineux Shāmalī.
Mais elle est aussi pour moi la vache Kāmadhenu (car elle produit tout ce que
je désire) et elle est aussi le jardin céleste Nandanavana.
(123)L’âme est l’auteur et le bénéficiaire du bonheur et de la souffrance ;
c’est son propre ami lorsqu’elle agit correctement et son ennemi lorsqu’elle
agit mal.
(124)Son ego non vaincu, ses passions non vaincues et ses organes des sens non
contrôlés sont ses propres ennemis. Oh ! moine les ayant vaincus, je vis
correctement.
(125)On peut vaincre des milliers et des milliers d’ennemis dans une bataille
invincible ; mais la victoire suprême consiste à vaincre son propre soi.
(126)Combat avec toi-même ; où est le bien à combattre des ennemis extérieurs
? On peut être suprêmement heureux à vaincre son propre soi par son soi.
(127)On doit vaincre son soi parce qu’il est difficile de le vaincre. Celui
qui a vaincu son soi atteint le bonheur dans ce monde et dans le suivant.
(128) C’est bien que je doive vaincre mon moi par le contrôle de moi-même et
la pénitence. Mais ce ne serait pas bien que je sois vaincu par d’autres et
fait prisonnier ou tué par eux.
(129)On doit cesser l’action dans une direction et entreprendre l’action dans
une autre direction. On doit éviter d’être incontinent et pratiquer la
maîtrise de soi.
(130)Les deux péchés de l’attachement et de l’aversion conduisent à faire des
actes blâmables. Le moine qui fait constamment leur siège n’errera pas dans
l’existence ordinaire.
(131)De même qu’un cheval peut être contrôlé par une bride, les plaisirs des
sens et les passions peuvent être placés énergiquement sous contrôle par la
connaissance, la méditation et le pouvoir de la pénitence.
(132)Lorsqu’elle est supprimée, la passion peut entraîner la dégénérescence
spirituelle même du moine le plus vertueux, qui par sa conduite est apparenté
au Jina lui-même. Que pouvons-nous dire des moines qui sont sous la domination
de l’attachement ?
(133)Même quelqu’un qui a diminué ou réprimé toutes ses passions, éprouve une
fois de plus une terrible dégénérescence spirituelle, donc il ne faut pas être
satisfait lorsque quelques restes de passions continuent encore.
(134)On ne doit pas être satisfait d’une petite dette, d’une petite blessure,
d’une étincelle de feu et d’une passion légère, pace que ce qui est petit (aujourd’hui)
peut devenir très grand (plus tard).
(135)La colère détruit l’amour, l’orgueil détruit la modestie, la tromperie
détruit l’amitié ; la cupidité détruit tout.
(136)On doit mettre fin à la colère par le calme, à l’orgueil par la modestie,
à la tromperie par la franchise et à la cupidité par la satisfaction.
(137)De même qu’une tortue se protège en retirant tous ses membres à
l’intérieur de son corps, de même un homme sage se protège du mal en se
retirant de l’extraversion.
(138)Lorsqu’un acte impie est commis, soit consciemment soit inconsciemment,
on doit immédiatement se contrôler afin que cet acte ne soit pas commis de
nouveau.
(139)Un moine qui est un courageux conducteur du chariot de la religion,
absorbé dans le délice de la religion, qui se contrôle et qui est fidèle à la
chasteté, erre dans le jardin de la religion.