SAMANA SUTTAM
(SHRAMANA SUTRA)
Première Partie
15. Préceptes sur l’âme (Ātmasūtra)
(177) Tenez pour certain que l’âme est la demeure d’excellentes vertus, la
meilleure des substances et la plus haute des réalités parmi les réalités.
(178) Les Jīvas (âmes) sont de trois sortes : 1) extraverties, 2) intraverties
et 3) suprêmes. Les âmes suprêmes sont de deux sortes : 1) les Arhats (les
âmes valeureuses) et 2) les Siddhas (les âmes libérées).
(179) Celui, qui est dirigé par ses sens est extraverti ou bahirātmā et celui
qui exerce la discrétion de soi (i.e. qui n’est pas guidé par des facteurs
extérieurs), est intraverti ou antarātmā. Le soi qui est libéré de la
pollution des karmas est paramātmā.
(180) Les Arhats sont ceux qui connaissent tous les objets par leur
omniscience et qui ont des corps humains, les Siddhas sont ceux qui sont dotés
du bonheur le plus grand et qui possèdent un corps sous forme de connaissance.
(181) Le Seigneur Jineshvara a dit « abandonnant l’attitude extravertie par
votre pensée, votre parole et votre corps, réalisez l’ antarātmā et contemplez
l’âme suprême (paramātmā) ».
(182)Les transmigrations dans les quatre espèces d’êtres vivants, la
naissance, la vieillesse, la mort, la maladie, le chagrin, une famille, un
lieu de naissance, un statut dans le système des jīvasthānas, un statut dans
le système des mārganāsthānas, aucune de ces choses (réellement)
n’appartiennent à une âme.
(183)L’âme n’a ni couleur, ni goût, ni odeur, ni toucher, ni genre comme mâle,
femelle ou neutre, ni de forme corporelle, ni de structure osseuse.
(184)Tous ces états des êtres sont dits du point de vue empirique. Du point de
vue réel, toutes les âmes, y compris les âmes ordinaires, sont parfaites par
nature.
(185)Sachez qu’en fait l’âme n’a pas de goût, de forme, d’odeur et de sexe.
Elle est indescriptible et elle possède une conscience, elle n’est pas sujette
à cognition inférentielle et elle est sans structure corporelle.
(186)L’âme pure est sans activités de la pensée, de la parole et du corps.
Elle est indépendante, infaillible et sans peur. Elle est aussi sans ego, sans
attachement et sans illusion.
(187)L’âme pure est sans complexes, attachement, tâches, désir, colère,
orgueil, luxure et toutes autres sortes de défauts.
(188) L’état de pur connaisseur n’est ni vigilant, ni non vigilant (parce que
vigilant signifie : absence de passions et non-vigilant présence de passions).
Le soi connaisseur est appelé pur parce qu’il est uniquement connaisseur et
rien d’autre.
(189)L’âme n’est ni le corps, ni la pensée, ni la parole, ni leur cause. Elle
n’est ni l’auteur, ni la cause de l’action, ni l’approbateur de l’action.
(190)Sachant que l’âme pure est différente de tout autre chose, y a-t’il un
homme sage qui dit « cela est mien ? »
(191) Je suis seul, réellement pur et dénué d’attachement. J’ai les facultés
de vision et de compréhension. Etant constant dans la méditation de la vraie
nature du soi, je néglige toutes les formes qui me sont étrangères.