SAMANA SUTTAM
(SHRAMANA SUTRA)
Deuxième Partie
LA VOIE DE LA LIBÉRATION
16. Préceptes sur la voie de la libération (Mokshamārgasūtra)
(192) « La voie » et le « résultat de (suivre) la voie » ces deux choses ont
été affirmées dans la discipline prêchée par les Jinas. Réellement, « la foi
juste » est la voie et la libération est le résultat.
(193)La foi, la connaissance et la conduite constituent ensemble la voie de la
libération ; c’est la voie à suivre. Les saints ont dit que si elle est suivie
de façon correcte elle conduira à la libération, sinon elle conduira à
l’asservissement.
(194) Si une personne sage considère, par ignorance, qu’en faisant un acte pur
(i.e. religieux) elle n’aura pas de chagrin, elle suit une vue erronée i.e.
une croyance fausse.
(195)Une abhavya Jīva (une âme fondamentalement incapable d’atteindre la
libération), même si elle observe les cinq vœux, les cinq sortes de
vigilances, les trois sortes de contrôle de soi, le code de moralité et les
diverses sortes d’austérités comme établis par le Jina, manque de
compréhension juste et possède une fausse croyance.
(196)Il est prêché par le Jina que toutes les actions d’une personne qui ne
connaît pas les trois joyaux, des points de vue empirique et réel, sont
mauvaises.
(197)Une abhavya Jīva, même si elle manifeste sa foi dans la religion, a
confiance en elle, l’aime bien et la pratique, fait cela en vue d’obtenir
quelque jouissance du monde et non pour annihiler ses karmas.
(198) Une disposition favorable envers le gain terrestre assure du mérite (punya)
alors qu’une disposition défavorable envers le gain terrestre assure du péché
(pāpa), mais celui qui demeure non préoccupé par des choses étrangères et qui
jouit de sa nature pure peut mettre fin a sa souffrance.
(199) Celui qui aspire au mérite, i.e. au bien-être terrestre, aspire à la vie
dans le monde ordinaire ; le mérite (punya) est capable d’assurer un état
d’existence agréable ; mais c’est la cessation des mérites (punya karma)
seulement qui mène à la libération.
(200) Sachez qu’un karma défavorable (produit) de la souffrance, tandis qu’un
karma favorable produit du bonheur ( dans le monde) ; mais comment peut-on
dire qu’un karma favorable produit du bonheur alors qu’il conduit à
l’existence ordinaire ?
(201) De même que des chaînes, qu’elles soient en fer ou en or, asservissent
une personne, de même le karma, qu’il soit favorable (punya) ou défavorable (pāpa),
asservit l’âme.
(202) Par conséquent, ne manifestez pas d’attachement ou d’association avec
l’un ou l’autre. On perd sa libération par l’attachement ou l’association avec
ce qui est mauvais.
(203)Il est bien mieux d’atteindre le ciel en observant les vœux et les
pénitences que de souffrir en enfer en faisant le mal. Il y a une grande
différence entre l’un qui se tient à l’ombre et l’autre qui se tient au soleil.
(204)Par le mérite (punya karma) on peut atteindre l’état de cakravartī (i.e.
de royauté suprême) où un grand honneur est fait par les Vidyādharas (les
demi-dieux), les dieux et les hommes par des louanges avec les mains jointes
et l’offrande de guirlandes, mais certainement on ne peut pas atteindre la
connaissance juste d’un bhavya (i.e. d’une âme apte à la libération).
(205)Les hommes méritants (punyātmā), après avoir bénéficié du statut divin
dans le ciel à la fin de leur vie, renaîtront comme êtres humains avec dix
sortes de plaisirs du monde.
(206 et 207) Après avoir connu, pendant toute la vie, des plaisirs
incomparables propres aux êtres humains, on atteint la connaissance juste qui
mène à la libération en fonction des réalisations religieuses effectuées dans
les naissances antérieures. Ayant réalisé que quatre choses: la naissance
humaine, l’audition des écritures, la foi dans les écritures et l’effort
pratique approprié sont difficiles à atteindre, on observe la contrôle de soi
et, après avoir annihilé ses karmas antérieurs par la pénitence, on devient
pour toujours une âme émancipée.