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Sub-Categories of LE SAMAYASĀRA

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Préceptes sur les Points de vue
Préceptes sur la Théorie de la relativité et des sept  prédicats
Préceptes sur la Réconciliation ou la Synthèse
Préceptes sur l’Installation
Conclusion
Hymne à Mahavira

SAMANA  SUTTAM
(SHRAMANA  SUTRA)  
 

Deuxième Partie
LA VOIE DE LA LIBÉRATION

23.Préceptes sur la religion du maître de maison (Shrāvakadharmasūtra)

(301) On appelle un shrāvaka (maître de maison) celui qui, possédant la foi juste, écoute chaque jour les prédications des moines sur la conduite juste.
(302) Un maître de maison pieux est quelqu’un qui a renoncé à (manger) cinq fruits udumbar (comme le banyan, le pipal, la figue, le kathumara et le pākar), qui est exempt de sept vices et qui est appelé darshana shrāvaka, un homme dont l’intellect est purifié par la foi juste.
(303)Les sept vices sont : 1) le rapport sexuel avec quelqu’un d’autre que sa femme, 2) le jeu d’argent, 3) la consommation de liqueurs, 4) la chasse, 5) la dureté de la parole, 6) la dureté dans la punition et 7) l’appropriation de la propriété d’un autre.
(304) Manger de la viande augmente l’orgueil, l’orgueil crée un désir de boissons alcooliques et le plaisir de jouer de l’argent ; ainsi germent tous les vices cités ci-dessus.
(305) Les écritures des autres religions ont dit que les sages qui se déplacent dans l’air sont tombés sur le sol en mangeant de la viande ; par conséquent, la consommation de viande doit être rejetée.
(306) Une personne perd le contrôle d’elle-même en buvant des liqueurs alcoolisées et commet de nombreuses actions blâmables. Elle éprouve des maux sans fin à la fois dans ce monde et dans le suivant.
(307) Une personne, qui a une dévotion ferme envers le Jina comme le solide mont Meru, un penchant pour le renoncement, et qui n’a pas de défauts de caractère (shalya), n’aura pas peur dans ce monde.
(308) Puisque même un ennemi approche un homme humble avec amitié, un maître de maison doit cultiver l’humilité de trois façons : (en pensée, en parole et en action).
(309) Blesser des êtres vivants (himsā), dire des mensonges, prendre une chose qui n’est pas donnée (vol), avoir une jouissance sexuelle avec une autre que sa femme (incontinence), et un désir illimité de possession (parigraha)- l’abstention de ces actes s’appelle les (cinq) petits vœux.
(310) On ne doit pas attacher, blesser, mutiler, charger de lourds fardeaux et priver de nourriture et de boisson un animal ou un être humain, avec un esprit pollué par la colère ou par les autres passions, qui sont les cinq transgressions (aticāra) du vœu d’ahimsā.
(311) S’abstenir du type majeur de mensonge, c’est le second vœu ; ce type majeur de mensonge est de cinq sortes : dire des mensonges sur des jeunes filles célibataires, des animaux et des terres, nier des dettes ou des promesses et donner une fausse preuve.
(312) Faire une fausse accusation sans réfléchir (ou sans considération), divulguer un secret de quelqu’un, révéler les secrets confiés par sa femme, donner un mauvais conseil et préparer un faux document ou un faux écrit - tout cela doit être rejeté.
(313) On ne doit pas : acheter un bien volé, inciter quelqu’un d’autre à commettre un vol, se soustraire aux lois du gouvernement, utiliser de faux poids et mesures, frelater et contrefaire des pièces de monnaie et des notes.
(314) On doit s’abstenir d’avoir un rapport avec une femme gardée par un vagabond ou avec une dont personne ne prend soin, de commettre un acte sexuel contre nature, d’arranger le mariage d’un autre (éventuellement d’être bigame) et d’avoir un désir intense pour l’acte sexuel.
(315 et 316) Les personnes doivent s’abstenir d’accumuler de la propriété sans limite en raison d’une soif insatiable (i.e. l’avidité) car cela devient une voie de l’enfer et provoque de nombreuses fautes. Une personne vertueuse et à l’esprit pur ne doit pas dépasser la limite qu’elle s’impose dans l’acquisition de terres, d’or, de richesse, de serviteurs, de bétail, de récipients et de meubles.
(317) Une personne qui a fait le vœu de limiter ses possessions doit se contenter (de ce qu’elle a). Elle ne doit pas penser pour elle « cette fois j’ai décidé inconsciemment de posséder une petite (quantité de biens) mais, dans le futur, je ne ferai pas cela i.e. si c’est nécessaire j’en accumulerai plus ».
(318) Décider de ne pas voyager au-delà de limites fixées par soi-même dans dix directions (digvrata), s’abstenir d’activités sans raisons (anarthadandaviramananavrata) et décider de ne pas franchir les frontières régionales fixées dans le but de plaisirs sensuels (deshāvakāshika) - voila les trois gunavratas (i.e. les trois vœux méritoires).
(319) Le Seigneur Mahāvīra a dit que le premier gunavrata dans la religion du maître de maison c’est le digvrata suivant lequel on doit limiter ses activités ( pour raison d’affaires et de plaisir des sens, etc.) à certaines frontières régionales dans la direction au-dessus, au-dessous et oblique.
(320) Sachez que le second gunavrata (deshāvakāshika gunavrata) est de ne visiter aucune région géographique particulière où il est possible de violer un vœu accepté (i.e. de franchir les frontières régionales fixées dans un but de jouissance sensuelle).
(321) Le troisième gunavrata consiste à s’abstenir d’un acte violent futile qui peut être de l’un des quatre sortes qui suit : 1) entretenir une pensée mauvaise, 2) une conduite négligée, 3) prêter à quelqu’un un instrument de violence et 4) conseiller à quelqu’un de commettre un péché.
(322) Les activités sérieuses (de himasā, etc.) ne causent pas plus d’asservissement que les activités inutiles. Les activités sérieuses ( de himsā, etc.) sont seulement effectuées dans certaines circonstances (i.e. les besoins du moment, etc.) mais ce n’est pas le cas des activités inutiles.
(323) Une personne qui observe le vœu de (anarthadanda viramana) doit s’abstenir d’activités amoureuses, d’imitation, de paroles grossières, de loquacité, de possession d’instruments de violence et d’armes, de jouissance sexuelle excessive et de posséder en excès des choses de la vie quotidienne.
(324) Mettre une limite aux objets consommables et non consommables de jouissance sensuelle, pratiquer l’équanimité mentale (sāmāyika), offrir de la nourriture, etc. aux moines, aux invités et aux autres personnes dans le besoin et pratiquer le jeûne suivant le dispositif religieux appelé paushadha, tout cela constitue les quatre vœux de discipline.
(325) Le premier vœu de discipline (i.e. bhogopabhoga viramana) est de deux sortes : celui qui a rapport au plaisir et celui qui a rapport à l’occupation. Le premier consiste à s’abstenir de manger les légumes aux âmes infinies (i.e. les racines bulbeuses), les fruits qui contiennent des organismes microscopiques que l’on appelle udumbaras, de la viande, etc. le second consiste à s’abstenir de ces commerces et de ces industries qui impliquent la violence et d’autres actes coupables.
(326) Destiné à l’abstention d’actes coupables, le seul acte religieux favorable c’est le sāmāyika. Donc, considérant qu’il est supérieur aux actes ordinaires du maître de maison, une personne intelligente doit réaliser le sāmāyika pour son bien-être.
(327) En observant le vœu de sāmāyika (i.e. en s’abstenant d’actes blâmables et en pratiquant l’équanimité mentale) un maître de maison devient l’égal d’un saint ; pour cette raison, il doit l’observer maintes fois (dans une journée).
(328) Si un maître de maison pense aux autres choses de ce monde (qu’a son soi) en pratiquant le sāmāyika, il deviendra plongé dans une méditation douloureuse ; son sāmāyika sera infructueux.
(329) Le poshadhopavāsa implique l’abstinence de nourriture, d’embellissement du corps, d’union sexuelle et de violence. Il est de deux sortes : partiel et total et pour effectuer le proshadha du second type, on doit nécessairement réaliser le sāmyika.
(330) Un maître de maison qui offre de la nourriture pure, etc. aux moines de la façon qui convient et suivant les règles et les nécessités de lieu et de temps, observe le quatrième vœu de discipline appelé atithisamvibhāga.
(331) Le don est de quatre sortes : celui de nourriture, celui de médicament, celui d’enseignement des écritures et celui d’assurance contre la peur. Dans le texte scriptural Upāsakādhyayana ce quadruple don est déclaré valable à réaliser.
(332) Un maître de maison qui donne de la nourriture par charité devient digne de louange, à quoi bon demander l’aptitude ou l’inaptitude de la personne qui reçoit la charité ?
(333) Les maîtres de maison pieux qui sont prudents, et qui ont une bonne conduite suivant les écritures, ne prennent pas de nourriture dans une maison où aucune charité d’aucune sorte n’est jamais faite à un moine.
(334) Celui, qui mange ce qui est laissé après qu’un moine s’est nourri, jouit du meilleur plaisir de ce monde et obtiendra graduellement le bonheur de l’émancipation. C’est ce qu’a prêché le Jina.
(335) Sachez que protéger toujours les êtres vivants qui ont peur de la mort s’appelle abhayadāna, la meilleure de toutes les charités.