SAMANA SUTTAM
(SHRAMANA SUTRA)
Deuxième Partie
LA VOIE DE LA LIBÉRATION
24.Préceptes sur la religion des moines (Shramanadharma sūtra)
(A) L’Équanimité.
(336) Shramana, Samyata, Rishi, Muni, Sādhu, Vītarāga, Anagāra, Bhadanta et
Dānta, ce sont les désignations employées pour les moines aux conduites
idéales.
(337) Les moines, qui cherchent la voie suprême de la libération, ressemblent
à un lion (en courage), un éléphant (en dignité), un taureau (en force), un
cerf ( en honnêteté), une bête (en exemption d’attachement), au vent (étant
sans compagnon), au soleil (en brillance), à un océan (en sérénité), au Mont
Mandara (en solidité), à la lune (en calme), à un diamant (en éclat), à la
terre (en patience), à un serpent (en étant sans demeure) et au ciel (en
n’étant pas dépendant).
(338) Dans ce monde, il y a beaucoup de moines qui se conduisent mal qui sont
appelés moines ; un pseudo-moine ne doit pas être appelé un moine ; seul un
vrai moine doit être appelé un moine.
(339) Une personne qui possède la connaissance (juste) et la foi (juste), qui
pratique le contrôle de soi et la pénitence, et qui est dotée véritablement de
toutes ces vertus, doit être appelée un moine.
(340) Une personne ne devient pas un moine simplement en rasant sa tête, un
Brahmane en répétant le Omkāra mantra, un moine en résidant dans une forêt, ni
un ermite en portant des vêtements tissés d’herbe darbha.
(341) Une personne devient un Shramana par équanimité, un Brahmane par sa
chasteté, un Muni par sa connaissance et un ascète par ses austérités.
(342) Une personne devient un moine par ses vertus et un pseudo-moine par
l’absence de vertus ; par conséquent, possédez toutes les vertus d’un moine et
soyez exempts de tous les vices d’un pseudo-moine ; conquérez votre soi par le
soi. Celui qui possède l’équanimité à la place des attachements et de
l’aversion mérite la vénération.
(343) Les moines qui sont attachés à leur corps, qui s’adonnent aux plaisirs
sensuels, qui sont pleins de passions, et endormis par rapport à leur propre
nature, sont assurément dépourvus de justesse.
(344) Un moine entend beaucoup de chose avec ses oreilles et voit beaucoup de
choses avec ses yeux ; mais tout ce qu’il a vu et entendu ne mérite pas d’être
raconté.
(345) Les moines ne dorment pas longtemps la nuit car ils sont occupés à
l’étude des écritures et à la méditation. Ils ne dorment pas car ils
réfléchissent toujours au sens des préceptes.
(346) Les (vrais) moines sont exempts d’attachement, de suffisance de soi, de
compagnie et d’égoïsme, ils traitent de façon impartiale et égale tous les
êtres vivants, qu’ils soient mobiles ou immobiles.
(347) Un vrai moine conserve son équanimité, dans le succès et dans l’échec,
dans le plaisir et dans la douleur, dans la vie et dans la mort, dans la
censure et dans la louange, dans l’honneur et le déshonneur.
(348) Il est complètement insensible à l’honneur, aux passions, à la punition,
à l’affliction et à la peur ; il n’est ni dérangé, ni esclave, et exempt
d’hilarité et de chagrin.
(349) Il ne s’intéresse ni à ce monde ni au suivant. Il est indifférent à la
nourriture ou aux jeûnes. Il ne fait pas attention si son membre est enduit de
pâte de santal ou coupé avec une hache.
(350) De cette façon, un moine évite l’invasion des karmas par des portes
défavorables (i.e. les moyens) de toutes sortes et il devient occupé à son
self-contrôle rigoureux et à la discipline par sa méditation spirituelle.
(351) Il doit supporter sans aucun tourment la faim, la soif, le sol
inconfortable pour dormir, le froid, la chaleur, la gêne et la peur. La
mortification du corps est la plus fructueuse.
(352) Oh ! Tous les hommes instruits ont dit que pour observer la pénitence
constamment, il faut toujours pratiquer le contrôle de soi et ne prendre qu’un
seul repas par jour.
(353) A quoi sert-il de vivre dans un endroit isolé, de mortifier le corps, de
faire différentes sortes de jeûnes, d’étudier les écritures, de garder le
silence, etc. à un moine qui est dépourvu d’équanimité ?
(354) Le moine éclairé et qui n’est attaché à rien doit se contrôler ; qu’il
soit dans un village ou dans une ville, il doit prêcher la voie de la paix à
tous. Oh, Gautama ! Fais attention tout le temps !
(355) Dans le futur, les gens diront « On ne voit pas de Jaïns de nos jours,
alors que ceux qui prêchent la voie du progrès spirituel ont des vues
différentes ». Étant maintenant sur la voie juste, Oh Gautama ! Fais attention
tout le temps !
(B) L’apparence extérieure ou les marques distinctives
(356) L’habit n’est pas la preuve de quelqu’un qui se contrôle, car une
personne qui ne se contrôle pas ne porte-t’elle pas le même vêtement ? Un
poison ne tue-t’il pas une personne qui l’avale, même si elle change de
vêtement ?
(357) Les gens portent différentes sortes d’habits pour gagner la confiance
des autres. Une marque distinctive est utile à une personne qui se contrôle
pour montrer aux autres qu’il est un moine.
(358) Des fous mettent différentes sortes d’insignes de faux ascètes ou de
faux maîtres de maison et assurent que cette marque extérieure procure la voie
de la libération.
(359) Celui, qui est sans force comme un poing creux, qui est non testé comme
une pièce de monnaie fausse ou une perle en verre qui brille comme un diamant,
n’aura pas le respect des sages qui connaissent la vérité.
(360) Sachez que c’est l’état d’esprit et non l’habit qui est la première
marque distinctive de la spiritualité. Les Jinas affirment que c’est l’état
d’esprit qui est la cause des vertus et des vices.
(361) Le renoncement aux biens extérieurs est la cause de la pureté mentale.
Le renoncement aux biens extérieurs est futile s’il n’est pas associé à la
résolution interne de non-attachement.
(362) Si un moine qui est d’une mentalité impure renonce à tous les biens
extérieurs, que peut faire un tel renoncement à celui qui est dépourvu de
l’état mental qui convient ?
(363) Celui, qui n’est pas attaché à son corps, qui est absolument sans
passion comme l’orgueil, etc. et qui possède une âme absorbée en elle-même,
est un vrai moine.