SAMANA SUTTAM
(SHRAMANA SUTRA)
Deuxième Partie
LA VOIE DE LA LIBÉRATION
25.Préceptes sur les vœux (Vratasūtra)
(364) Un moine sage, après avoir fait les cinq grands vœux de non-violence, de
sincérité, d’honnêteté, de chasteté et de non-possessivité, doit pratiquer la
religion prêchée par le Jina.
(365) Un moine qui est sans épines de caractère (shalya) observe véritablement
les (cinq) grands vœux ; les vœux deviennent inefficaces du fait de trois
épines de caractère i.e. le désir du retour au monde pour ses bons actes, la
fausse foi et la tromperie.
(366) Celui, qui manifeste du désir pour les plaisirs sans valeur du monde, et
qui méprise le bonheur de l’émancipation, est comme une personne qui détruit
une (vraie) pierre précieuse pour un (brillant) morceau de verre.
(367) L’état mental sous forme d’abstention de tuer des êtres vivants après
avoir eu connaissance d’eux concernant leur espèce, leur lieu de naissance,
leurs particularités et (mārganasthāna) est appelé le premier vœu (viz. ne pas
tuer).
(368) L’ahimsā est le cœur de toutes les étapes de la vie, le cœur de tous les
textes sacrés, la somme (pinda) et la substance (sāra) de tous les vœux et de
toutes les vertus.
(369) On ne doit pas dire ou inciter les autres à dire des paroles fausses
blâmables, soit dans son propre intérêt ou dans celui d’un autre, par colère
ou par peur.
(370) Celui, qui renonce au désir de prendre quelque chose qui appartient à
d’autres, en la voyant gisant dans un village, une ville ou une forêt, observe
le troisième vœu de ne pas voler.
(371) Rien d’animé ou d’inanimé, bon marché ou non, pas même un morceau de
bois servant de brosse à dents (ne doit être pris) sans qu’on le demande,
alors que l’on se trouve dans un lieu de résidence fixé.
(372) Un moine sorti pour mendier ne doit pas aller au-delà de la limite de
territoire prescrite ; donc, ayant auparavant une information sur les familles
où il est permis aux moines de mendier leurs aumônes, il doit errer dans un
espace limité de territoire.
(373) Comme le rapport sexuel est à la racine de toute irréligiosité et est de
la forme d’une accumulation massive de grands défauts, le moine
immanquablement s’en abstient.
(374) Lorsque vous rencontrez les trois sortes de femmes, voyez en elles les
reflets d’une mère, d’une fille et d’une sœur (suivant leur âge) et
abstenez-vous de raconter des histoires sur les femmes ; le célibat est digne
de vénération dans tous les trois mondes.
(375) Le cinquième vœu, pour les moines qui suivent la conduite juste, c’est
le renoncement aux attachements à toutes choses avec un esprit dépassionné.
(376) A quoi sert un argument de plus pour ceux qui ne désirent pas renaître ?
Le Jina suprême a indiqué qu’ils ne doivent pas avoir d’attachement même pour
leurs corps et qu’ils doivent s’abstenir d’embellir leurs corps.
(377) Un moine ne peut garder que les choses qui sont nécessaires à
l’observance des vœux, qui ne sont pas désirées par les gens dans le monde et
qui sont incapables de créer un attachement ; toute chose susceptible de créer
le moindre attachement est inacceptable pour un moine.
(378) Si, en liaison avec sa nourriture et son errance, un moine agit en
prenant en considération le lieu, le temps, le travail nécessaire, sa propre
capacité, les instruments requis, il pourra y avoir un petit asservissement
des karmas.
(379) Jñātaputra ( Bhagavān Mahāvīra) a dit qu’un objet lui-même est sans
possessivité ; ce que ce grand saint a dit c’est que l’attachement à un objet
est possessivité.
(380) Un moine ne doit rien prendre, pas même un petit peu de nourriture
collée à son bol à aumônes ; comme un oiseau vole au loin avec ses ailes, de
même, il doit errer seul sans avoir aucun moyen.
(381) Même lorsqu’il y a beaucoup de draps, de lits, de sièges, de nourriture
et de boisson, un moine qui désire seulement un peu et qui s’en contente est
digne d’adoration.
(382) Un moine ne doit pas désirer, même dans sa pensée, manger après le
coucher du soleil et avant le lever du soleil.
(383) Il y a d’innombrables petits êtres vivants, mobiles et immobiles, qui
sont invisibles la nuit ; comment un moine peut-il se mouvoir pour chercher de
la nourriture à ce moment-là ?