LES LEGS DE MAHAVIRA
CHAPITRE
2 PRÉCEPTES
6. Les devoirs des ascètes.
Un moine qui observe l’ordre et les commandements, qui manifeste le
respect qui convient aux plus anciens, et qui agit suivant les désirs de
son maître, est un moine discipliné.
Lorsqu’il est réprimandé, le moine sage ne doit pas être en colère, mais
avoir de l’indulgence. Il doit éviter la compagnie, les plaisanteries et
le jeu avec des personnes méprisables.
Les autres peuvent maltraiter un moine, mais le moine ne doit pas se
mettre en colère parce que, dans ce cas, le moine devient comme un enfant
et il ne doit pas se mettre en colère.
Le moine qui se discipline doit retirer avec force son esprit dirigé vers
un désir, une pensée violente ou un acte coupable.
En pensée, en mots ou en actes, un moine ne doit pas exercer d’activité
malfaisante envers les êtres qui vivent dans ce monde, qu’ils soient
mobiles ou immobiles.
Une nourriture bien présentée soulève rapidement les passions. Un moine
qui est résolu à pratiquer la chasteté doit toujours éviter une telle
nourriture.
Un moine, résolu dans la pratique du vœu de chasteté, doit s’abstenir
d’ornements et ne doit absolument rien faire pour orner ou décorer son
corps d’aucune manière.
Un moine doit toujours s’abstenir de cinq choses agréables (des objets qui
donnent des plaisirs), à savoir : les sons, les couleurs, les odeurs, les
goûts et le toucher.
La vie ascétique de ceux qui sont absorbés dans le contrôle de soi est
comparable à la vie dans le ciel, tandis que la vie de ceux qui ne
pratiquent pas le contrôle de soi est comme la vie en enfer.
Mortifiez-vous, abandonnez le sentiment de tendresse pour votre corps,
vainquez vos désirs, alors vous réaliserez que vous avez vaincu tout le
chagrin et la souffrance ! Coupez toutes les sortes d’attachement et
supprimez la haine, alors vous serez heureux de l’existence en ce monde.
Celui qui est désireux d’accumuler est un maître de maison et non un moine.
Un moine doit toujours se concentrer sur la sorte de méditation la plus
élevée et la plus pure, être sans nidana (désir ardent des gains du monde
ou temporels, au lieu des austérités), ne doit rien posséder et se mouvoir
dans le monde en méprisant complètement son corps, jusqu’à ce que le temps
de la mort s’abatte sur lui.
Comment un moine, qui ne peut pas contrôler ses passions, qui est toujours
sous l’emprise de pensées qui distraient son attention, et qui est
découragé à chaque pas, peut-il arriver à pratiquer les règles de
l’ascétisme ?
Celui qui abandonne la mauvaise pensée de l’attachement aux objets du
monde peut seul abandonner les possessions. Lui seul est un moine, celui
qui a compris le réel danger dans le monde, et qui n’a pas d’attachements
terrestres.
Un moine ne doit pas se soucier pour dormir, doit éviter les plaisanteries
blessantes, ne doit pas s’intéresser aux secrets des autres, mais doit
toujours être occupé et consacré à ses études.
Un moine est sans aucune possession, sans égoïsme, sans attachement, sans
vanité ou suffisance, il est impartial envers tous les êtres vivants,
qu’ils soient mobiles ou immobiles.
Un moine est indifférent au succès ou à l’échec, au bonheur ou au chagrin,
à la vie ou à la mort, à la censure ou à la louange, à l’honneur ou aux
insultes.
Les moines éclairés, qui sont complètement désintéressés dans le monde,
qui sont assidus à recevoir des aumônes de différents endroits et non d’un
seul uniquement, et qui se contrôlent, sont comme des abeilles. C’est
pourquoi ils sont appelés de vrais moines.
Un moine ne doit pas manger eu égard au goût délicieux de la nourriture,
mais pour la subsistance de sa vie et de son corps, ne pas être avide de
douceurs, ni de bonne chère, doit restreindre sa langue et être exempt
d’avidité.
Si quelqu’un fait subir des sévices à un moine, il ne doit pas être en
colère après lui.
Celui qui ne raconte jamais d’histoires qui incitent aux querelles, qui
n’est jamais en colère, qui contrôle toujours ses sens, qui est calme et
serein, qui suit toujours avec fermeté les préceptes établis pour observer
le contrôle de soi, qui n’est jamais perturbé et qui n’offense, ni
n’insulte les autres, celui-la seul est un vrai moine.
Un moine doit avoir de la compassion envers tous les êtres, doit avoir une
nature indulgente, doit être maîtrisé et chaste, et doit éviter toutes les
activités qui sont des péchés. Il doit se mouvoir dans le monde avec tous
ses sens correctement contrôlés.
Un moine ne doit pas utiliser de mots de critique derrière le dos d’un
autre, ni employer un langage déplaisant en présence d’un autre. Il ne
doit pas, non plus, user d’expressions déterminatives et désagréables. Un
moine qui se conduit ainsi est vraiment quelqu’un d’estimable.