Maximes de Mahâvîra
Aucune
montagne n’est plus haute que le mont Méru, rien n’est plus étendu que le
ciel ; de même, sachez qu’il n’y a pas de religion en ce monde égale à
celle de la non-violence (i.e. le Jaïnisme) !
Oh ! Être
mortel ! N’ayez pas peur et laissez les autres ne pas avoir peur ! Dans ce
monde transitoire, pourquoi vous adonnez-vous à la violence ?
Celui-ci
est avec moi et celui-là ne l’est pas, ceci est fait par moi et cela ne
l’est pas ; même quand un homme est conscient de cela, il est enlevé par
la mort. Comment peut-on être inconscient dans un tel état ?
Pour celui
qui dort, les nombreuses choses excellentes dans ce monde sont perdues
sans le savoir. Par conséquent, restez éveillés tout le temps et détruisez
les karmas accumulés dans le passé !
Il vaut
mieux que le dévot soit éveillé et que le méchant dorme, c’est ce que le
Jina a dit à Jayanti, la sœur du roi du Vatsadesa.
Une
personne sage qui a une fine intelligence doit rester éveillée, même parmi
ceux qui dorment ; elle ne doit pas être satisfaite parce que le temps
fuit et le corps est faible, aussi doit-elle être toujours vigilante comme
l’oiseau mythique Bharanda.
Il y a de
la peur dans toutes les directions pour une personne non vigilante, tandis
qu’il n’y a pas de peur pour une personne qui est vigilante.
Une
personne paresseuse ne peut jamais être heureuse et une personne endormie
ne peut jamais acquérir de connaissance. Une personne avec de
l’attachement ne peut pas acquérir le renoncement et une personne
violente ne peut pas acquérir la compassion.
Oh ! Êtres
humains ! Soyez toujours vigilants ! Celui qui est vigilant acquiert de
plus en plus de connaissance. Celui qui n’est pas vigilant n’est pas béni.
Celui qui est vigilant est toujours béni.
Celui qui
est modeste et respectueux acquiert de la connaissance alors que celui qui
est arrogant et qui manque de respect ne parvient pas à en acquérir. Celui
qui est au courant de ces deux faits acquiert l’éducation.
L’orgueil,
la colère, la négligence, la maladie et la paresse sont les cinq facteurs
de l’échec pour l’acquisition de l’éducation.
Ne pas
s’adonner aux plaisanteries, toujours se contrôler, ne pas révéler les
secrets des autres, ne pas manquer de bonnes manières, ne pas exhiber de
mauvaises manières, ne pas être très avide, ne pas se mettre en colère et
dire la vérité, tels sont les huit traits de caractère de quelqu’un qui
est appelé un vrai chercheur d’éducation.
Une lampe
allume des centaines d’autres lampes et reste encore allumée ; ainsi sont
les Acharyas qui, comme une lampe, éclairent les autres et continuent à
rester eux-mêmes éclairés.
Une fois
su que l’âme pure est différente de toute autre chose, existe t’il un
sage qui dise « cela est à moi ?
Je suis
seul, vraiment pur et exempt d’attachement. J’ai les facultés
d’appréhension et de compréhension. Ferme dans la concentration de la
vraie nature de soi, je ne tiens pas compte de toutes les formes qui me
sont étrangères.
On
comprend par sa connaissance juste la nature des substances, on croit à
elles par sa foi juste, on se contrôle par sa conduite juste et on purifie
son âme par la pénitence (i.e. les austérités).
Sans foi
juste, il ne peut pas y avoir de connaissance juste, sans connaissance
juste, il ne peut pas y avoir de conduite juste, sans conduite juste, il
ne peut pas y avoir de délivrance des karmas, et sans délivrance des
karmas, il ne peut pas y avoir de nirvana (de salut).
La
connaissance juste ne sert à rien en l’absence de la conduite juste,
l’action ne sert à rien en l’absence de la connaissance juste.
Inexorablement, dans le cas de conflagration le boiteux brûle, même s’il
est capable de voir, alors que l’aveugle brûle, même s’il est capable de
s’enfuir.
Le
résultat désiré est atteint quand il y a une harmonie entre connaissance
juste et conduite juste, car un char ne roule pas avec une seule roue.
C’est comme un boiteux et un aveugle qui vont ensemble dans une forêt et
qui se débrouillent pour atteindre la ville en s’aidant mutuellement.
Assurément, mon âme est ma connaissance juste, ma foi juste, ma conduite
juste, mon renoncement aux mauvaises actions, mon contrôle de moi-même et
mon remède.
Ceux qui
ont renoncé à la foi juste sont des personnes dépossédées. Il n’y a pas de
libération pour une personne qui n’a pas la foi juste. Ceux qui ont
renoncé à la conduite juste peuvent atteindre la libération mais non ceux
qui ont renoncé à la foi juste.
Celui qui
a la foi juste est assurément pur ; celui qui possède la foi juste atteint
la libération. Une personne qui n’a pas la foi juste n’atteint pas le
résultat désiré ( i.e. la libération).
Un homme
qui a la foi juste même lorsqu’il jouit d’un objet il n’en jouit pas alors
qu’une autre personne en jouit même si elle n’en jouit pas. Une personne
qui joue dans une pièce de théâtre ne se transforme pas en réalité dans le
personnage qu’elle incarne. Quelqu’un qui a la foi juste pense toujours à
son âme et reste détaché de ce qui se passe autour de lui.
Les objets
de jouissance des sens ne produisent pas soit l’équanimité soit la
perversion. Celui qui a de l’attachement ou de l’aversion pour ces objets
devient perverti, lorsqu’il en jouit, du fait de son illusion.
Après
avoir entendu ce qu’il y a dans les écritures, une personne arrive à
connaître ce qui est bon et ce qui est cause de péchés, ayant cette
connaissance, elle doit réaliser ce qui conduit à son bien - être.