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Sub-Categories of LE SAMAYASĀRA

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LE SAMAYASĀRA

CHAPITRE IX

LE MOKSHA OU LA LIBÉRATION

288 à 290. De même qu’une personne, qui a été enchaînée pendant longtemps, peut être curieuse de la nature de cet attachement (intense ou faible) et aussi de sa durée si longue qu’elle ne fait aucun effort pour briser ses chaînes, ne devient pas elle-même libre et peut rester ainsi pendant longtemps sans obtenir sa libération. De même, une personne avec un asservissement karmique, même si elle a connaissance de l’étendue, de la nature, de la durée et de la force de cet asservissement, ne devient pas libérée (par cette simple connaissance) mais devient libérée si elle est pure de cœur.


291. De même qu’en pensant (simplement) à l’asservissement, quelqu’un dans des chaînes ne devient pas libre, de même le Soi, en pensant simplement à l’asservissement (karmique), n’atteint pas le moksha.


292. De même que celui qui est enchaîné ne se libère qu’en brisant ses chaînes, de même, le Soi atteint l’émancipation seulement en brisant l’asservissement (karmique).


293. Quiconque a une connaissance claire de la nature de l’asservissement karmique et de la nature du Soi, ne devient pas attiré par l’asservissement. Cette personne obtient la libération des karmas.


294. Le Soi et l’asservissement se différencient par leurs traits intrinsèques et distinctifs ; en dehors de cela, ils se séparent par l’instrument de la sagesse discriminatoire.


295. Quand le Soi et l’asservissement, qui se différencient par leurs attributs intrinsèques et distinctifs sont ainsi séparés, alors en jetant au loin tout asservissement, le Soi pur doit être réalisé.


296. Comment le Soi est-il réalisé ? Le Soi est réalisé par la sagesse discriminatoire. De même qu’il est séparé par la sagesse discriminatoire, de même il est réalisé par exactement la même sagesse discriminatoire.


297. Ce (pur) être conscient, qui est appréhendé par la sagesse discriminatoire est en réalité le « Je ». Tous les états mentaux qui sont en plus sont connus comme étant autres que « miens ».


298. Ce seigneur qui est appréhendé par la sagesse discriminatoire est en réalité le « Je ». Tous les autres états mentaux qui restent sont connus comme étant autres que « miens ».


299. Ce Connaisseur qui est appréhendé par la sagesse discriminatoire est en réalité le « Je ». Les autres états mentaux qui sont en plus sont tous connus comme étant autres que « miens ».


300. Quel homme sage, connaissant la nature du Soi pur, et comprenant tous les états mentaux causés par des conditions étrangères, dirait les mots «Ils sont miens ? »


301. Celui qui commet des crimes, tels que le vol, lorsqu’il se meut dans la foule est troublé par l’anxiété et la peur « Je peux être arrêté, à tout moment, comme voleur ». 


302. Mais, celui qui ne commet pas un tel crime se meut dans la foule librement, sans aucune anxiété. Parce que, dans son cas, aucune pensée d’arrestation ne se produit jamais.


303. De même, le Soi qui est en faute a toujours peur « Je peux être asservi ». Alors que, sans faute, le Soi ressent « Je suis sans peur et donc je ne peux pas être asservi ».


304. Samsiddhi (la réalisation), rādha (la dévotion au Soi), sidhi (l’accomplissement), sādbitam (l’accomplissement), āradhitam (l’adora- ration), sont synonymes. Lorsque l’âme est sans dévotion au Soi pur, elle est alors assurément coupable.


305. Quand l’âme est exempte de faute, elle est aussi exempte de peur. Ainsi, réalisant l’ego, elle est toujours engagée dans l’adoration du Soi.


306. Pratikramana (le repentir de la mauvaise conduite passée), pratisaranam (la poursuite du bien), parihāra (le rejet du mal), dharanā (la concentration), nivritti (l’abstention d’attachement aux objets externes) nindā (l’auto-censure), garhā (la confession devant le maître) et shuddhi (la purification par l’expiation), ces huit éléments constituent le pot de nectar (poison dans le texte).


307. Le non repentir pour la mauvaise conduite passée, la non poursuite du bien, le non rejet du mal, la non concentration, la non abstinence d’attachement aux objets externes, la non auto-censure, la non confession devant le maître et la non purification par l’expiation, ces huit éléments constituent le pot de poison (nectar dans le texte).