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Sub-Categories of LE NIYAMASĀRA
L’ÂME (Jiva)  
  CE QUI N’A PAS D’ÂME (Ajiva)
  L’ACTIVITÉ DE LA PENSÉE PURE ( Shuddha Bhava)
 

LA CONDUITE JUSTE PRATIQUE (Vyavahara Charitra)

  LE REPENTIR  (Pratikramana)
  LE RENONCEMENT  ( Pratyaichyana)
  LA CONFESSION   (Alochana)
 

L’EXPIATION  (Prayashchitta)

  L’ÉQUANIMITÉ  SUPRÊME  (Parama Samadhi)
  LA DÉVOTION SUPRÊME  (Parama  Bhakti)
  L’INDÉPENDANCE  RÉELLE (Nishchaya Avashyaka)
  LA CONSCIENCE PURE  ( Shudda Upayoga)

                                

LE NIYAMASĀRA 

Ce texte de KUNDAKUNDA (1er siècle de notre ère) est l’une des œuvres les plus représentatives de la foi Digambara. Ecrit en prakrit, il se compose de 12 chapitres et de 167 versets. Son titre comprend deux mots : niyama (contrainte, règle, répression, observance) et sāra (essence) on peut le traduire par « l’essence de l’observance religieuse jaïne ».

 CHAPITRE I  L’ÂME (Jiva) 

  1. M’inclinant avec respect devant le Jina valeureux qui, par nature, possède la connaissance et la perception infinies et suprêmes, je vais composer le Nyama Sāra prêché par les Kevalis et les Shruta-Kevalis.

2.      Dans les écritures Jaïnes, la voie et le fruit de la voie sont décrits comme les deux parties. Les moyens de la libération constituent la voie et la libération constitue le fruit.

3.      En réalité, ce qui vaut la peine d’être fait c’est le Niyama, et ça ce sont la foi, la connaissance et la conduite. En vue d’éviter une déviation, le mot Sāra a été spécialement ajouté.

  1. Le Niyama c’est la voie de la libération  et son fruit c’est le Nirvana suprême. Chacun des trois moyens de la libération est à nouveau décrit.
  2. La foi dans les âmes parfaites, les écritures et les principes c’est la foi juste.

Ce qui est sans aucun défaut, et qui possède toutes les qualités pures, c’est l’âme suprême.

  1. Les défauts ce sont la faim, la soif, la peur, la colère, l’attachement, l’illusion, l’anxiété, la vieillesse la maladie, la mort, la transpiration,  la fatigue, l’orgueil, l’indulgence, la surprise, la somnolence et l’agitation.
  2. Celui qui est sans aucun défaut, et qui possède la sublime grandeur, telle que l’omniscience, est appelé Paramatma (l’âme la plus haute) ou le Parfait. Celui qui n’est pas ainsi n’est pas Paramatma.
  3. Les paroles qui sortent de sa bouche, pures et exemptes du défaut d’inconsistance, sont appelées Agama (l’écriture). Dans cet Agama les principes (tattvartha) sont énoncés.
  4. L’âme, la matière, le principe du mouvement, le principe du repos, l’espace, les substances qui ont une dimension et le temps, avec leurs qualités et leurs modifications diverses, sont appelés ensemble les  principes (tattvartha).
  5. L’âme est caractérisée par l’upayoga. L’upayoga c’est la conscience vers darshana ou jnana. La jnana upayoga est de deux sortes : swabhava jnana (la connaissance naturelle) et vibhava jnana (la connaissance non-naturelle).

11-12. La connaissance naturelle est parfaite, sans l’assistance des sens, et indépendante. La connaissance non-naturelle est de deux sortes. La connaissance juste est de quatre sortes : la connaissance sensorielle (mati jnana), la connaissance scripturale (shruta jnana), la connaissance visuelle (avadhi jnana) et la connaissance mentale (mana-paryaya jnana).  La mauvaise connaissance est de trois sortes.

 13. La perception attentive est de deux sortes : naturelle (swabhava darshana) et son opposée non-naturelle (vibhava darshana). Ce qui est parfait, sans l’aide des sens, et indépendant, est appelé naturel.

  14. La perception non-naturelle est de trois sortes : oculaire (chakshu darshana), non-oculaire (achakshu darshana) et visuelle (avadhi darshana). La modification  est de deux sortes : non-naturelle (vibhava paryaya) et naturelle (swabhava paryaya).

  15. Les états : humain, infernal, sous-humain et céleste sont dits non-naturels. Les états sans les souffrances qui proviennent de l’effet des karmas sont appelés naturels.

16-17. Les âmes humaines sont de deux sortes : celles nées dans une région du travail et celles nées dans une région du plaisir. Les âmes infernales doivent être connues comme étant de sept sortes, à cause des régions. Les âmes sous-humaines sont dites de quatorze sortes et les âmes célestes de quatre sortes. Leur exposé détaillé se trouve dans l’écriture que l’on appelle «  Loka-Vibhaga ».

    18. Du point de vue pratique, une âme dans le monde provoque l’asservissement des karmas matériels et subit leurs résultats mais, du point de vue réel impur,  l’âme crée et éprouve les activités de la pensée produites par l’effet des karmas.

    19. Du point de vue de la substance, toutes les âmes sont exemptes des modifications sus-mentionnées ; mais, du point de vue de la modification, elles possèdent des modifications naturelles et non-naturelles.