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Sub-Categories of TATTVĀRTHA SŪTRA
 

Introduction

  Chapitre 1
  Chapitre 2
  Chapitre 3
  Chapitre 4
  Chapitre 5
  Chapitre 6
  Chapitre 7
  Chapitre 8
  Chapitre 9
  Chapitre 10

TATTVĀRTHA SŪTRA 

Chapitre 1
La voie de la libération, les réalités, la connaissance.

Sūtra 1. La foi (la vision) juste (samyak darshana), la connaissance juste (samyak jñāna), et la conduite juste (samyak cāritrā) constituent ensemble la voie de la libération (mokshamārga)).
Sūtra 2. La croyance dans les réalités (tattva), telles qu’elles sont, constitue la foi juste.
Sūtra 3. Cette foi juste est obtenue par l’intuition (nisargā) ou par l’acquisition de la connaissance (adhigamā).
Sūtra 4. Les substances vivantes (jīvā) et non vivantes (ajīvā), l’afflux (āsrava) l’asservissement (bandha) , l’arrêt (samvara), l’effacement (nirjarā) et la libération (mokshā), des karma sont les sept sortes de réalité.
Sūtra 5. Les réalités : la foi juste, etc. sont analysées par leur nom (nāma), leur représentation (sthāpanā), leur substance (dravya) et leur état présent (bhāva).
Sūtra 6. La connaissance des réalités : la foi juste, etc. est atteinte par les moyens de la connaissance totale (pramāna) et de la connaissance partielle (naya).
Sūtra 7. La connaissance est aussi atteinte par la description (nirdesā), la possession (svāmitva), la cause (sādhana), la place (adhikarana), la durée (sthiti) et la division (vidhāna).
Sūtra 8. L’existence (sat), le nombre (samkhyā), la place présente (kshetra), l’étendue dans l’espace (sparshana), le temps (kāla), l’intervalle de temps (antara), la qualité (bhāva) et la quantité (alpa-bahutva) aident aussi à atteindre la connaissance.
Sūtra 9. La connaissance est de cinq sortes : la connaissance sensorielle (mati), la connaissance scripturale (shruta), la connaissance extraordinaire ou clairvoyance (avadhi), la connaissance à distance ou télépathie (manah paryaya)) et l’omniscience ou connaissance parfaite ( kevala).
Sūtra 10. Toutes ces cinq sortes de connaissance sont valables et de deux types.
Sūtra 11. Les deux premiers types de connaissance (sensorielle et scripturale) sont indirectes (paroksha) (puisqu’elles sont atteintes par les organes des sens et par l’esprit).
Sūtra 12. Les trois connaissances restantes (clairvoyance, télépathie et omniscience) sont directes (pratyakshsa) puisqu’elles sont obtenues par l’âme elle-même.
Sūtra 13. La cognition sensorielle, le souvenir (smriti), la recognition (sañjñā), l’induction (chintā) et la déduction (abhinibodha)) sont synonymes de connaissance sensorielle.
Sūtra 14. La connaissance sensorielle est atteinte au moyen des cinq sens (indriya) et de l’esprit (anindriya).
Sūtra 15. Les quatre divisions de la connaissance sensorielle sont : la perception (avagraha), la conception (īhā) , le jugement ( āvāya) et la mémoire (dhāranā).
Sūtra 16. Les subdivisions de chacune de celles-ci sont nombreuses (bahu), de différentes sortes (bahuvidha), rapides (kshipra), cachées (anihshrita), inexprimées (anukta), durables (dhruva) et leurs contraires.
Sūtra 17. Ce sont les qualités des objets déterminables par la connaissance sensorielle.
Sūtra 18. Les objets indéterminables (vyañjana) sont connus seulement par la perception (avagraha).
Sūtra 19. La perception des objets indéterminables ne provient pas des yeux et de l’esprit.
Sūtra 20. La connaissance scripturale (shruta) est précédée par la connaissance sensorielle (mati). Elle est de deux sortes (verbale et mentale), de douze sortes (les douze Anga) et de nombreuses sortes ( les Angabāhya).
Sūtra 21. Les êtres célestes (deva) et infernaux (nārakā) possèdent la clairvoyance (avadhi), dès leur naissance.
Sūtra 22. La clairvoyance provenant de la destruction et de la baisse des karma qui l’obscurcissent est de six sortes. Elle est acquise par le reste ( c’est-à-dire : par les êtres humains et les animaux).
Sūtra 23. La télépathie ou connaissance mentale (manahparyāya) est de deux sortes : simple ou actuelle (rijumati) et complexe ou actuelle, passée et future (vipulamati).
Sūtra 24. La complexe (vipulamati) est spéciale, comparée à la simple (rijumati), du fait de sa plus grande pureté et de son infaillibilité.
Sūtra 25. La télépathie et la clairvoyance différent concernant la pureté, l’espace, le connaisseur et les objets. La télépathie est plus pure que la clairvoyance, mais la clairvoyance s’étend sur un espace plus large. Ceux qui possèdent la télépathie sont particulièrement limités, alors que la clairvoyance peut être possédée dans les quatre états d’existence.
Sūtra 26. Le domaine de la connaissance sensorielle et de la connaissance scripturale s’étend aux six substances, mais non à toutes leurs modifications (formes).
Sūtra 27. Le domaine de la clairvoyance est la substance qui a une forme (la matière).
Sūtra 28. Le domaine de la télépathie s’étend seulement à une partie infinitésimale de celui de la clairvoyance.
Sūtra 29. L’omniscience (kevala jñāna) s’étend à toutes les substances et à toutes leurs modifications.
Sūtra 30.Une âme possède au minimum une et au maximum quatre sortes de connaissance simultanément. Si l’âme possède seulement une sorte de connaissance : c’est l’omniscience ; si elle en possède deux : ce sont la sensorielle et la scripturale ; si elle en possède trois : ce sont la sensorielle, le scripturale et la clairvoyance ou la télépathie ; et si elle en possède quatre : ce sont la sensorielle, la scripturale, la clairvoyance et la télépathie.
Sūtra 31. Les connaissances sensorielle, la connaissance scripturale et la clairvoyance peuvent aussi être des connaissances erronées.
Sūtra 32. Du fait de son manque de discernement entre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas, la connaissance erronée est fantaisiste comme celle d’un fou.
Sūtra 33. Le figuratif (naigama), le synthétique ( sangraha), l’analytique ( vyavahāra), le réel, (riju sūtra), le descriptif (sabda), le spécifique (samabhirūdha) et l’actuel (evambhūta) sont des aspects de la connaissance ou points de vue (naya).

Résumé du chapitre :

La voie de la libération.

La perception (juste) rationnelle, la connaissance (juste) rationnelle et la conduite(juste) rationnelle constituent ensemble la voie de la libération.
La foi dans la réalité (les substances considérées telles qu’elles sont) constitue la perception (juste) rationnelle. Elle est atteinte par l’intuition ou par l’acquisition de la connaissance.

Les aspects de la réalité.

La réalité a sept aspects : 1) les âmes, 2) les entités inanimées, 3) l’afflux de la matière karmique vers l’âme, 4) l’asservissement de l’âme par la matière karmique, 5) l’arrêt de l’afflux de la matière karmique dans l’âme, 6) l’effacement de la matière karmique de l’âme, 7) la libération de l’âme de la matière karmique. ( Dans certaines écritures, le mérite (punya) et le démérite (pāpa) sont aussi comptés comme des aspects de la réalité et ainsi neuf « tattva » ont été décrits. L’Āchārya Umasvāti, et quelques autres sages jaïns, considèrent le mérite et le démérite comme une partie de l’afflux et de l’asservissement du karma).

La réalité est comprise par l’expérimentation et par la pensée logique. (L’expérimentation signifie l’information et la preuve obtenues par l’étude des écritures, l’observation de la nature et l’expérience). La compréhension d’une entité ou concept comporte la prise en considération de sa description, de sa propriété, de sa cause, de sa place, de sa durée et de sa classification. Elle implique aussi de connaître son existence, son nombre, son étendue, son aire, son temps, ses traits distinctifs, sa qualité et sa comparaison.

Les sortes de connaissance.

La connaissance est de cinq sortes : la cognition sensorielle, la connaissance scripturale (dérivée des signes, des symboles, des lettres et des mots), la connaissance extraordinaire (clairvoyance), la connaissance mentale (télépathie) et la connaissance parfaite (omniscience).

La cognition sensorielle inclut le souvenir, la reconnaissance, l’induction et la déduction. Elle est acquise à l’aide des sens et de l’esprit. La connaissance scripturale est précédée de la connaissance sensorielle. Le sujet de la connaissance extraordinaire (clairvoyance) c’est la matière, y compris l’âme incorporée. Les formes les plus fines de matière constituent le sujet de la connaissance mentale. Toutes les entités de l’univers, y compris leurs modifications, forment le sujet de la connaissance parfaite. La cognition sensorielle, la connaissance scripturale et la connaissance extraordinaire (clairvoyance) peuvent être erronées.