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Sub-Categories of TATTVĀRTHA SŪTRA
 

Introduction

  Chapitre 1
  Chapitre 2
  Chapitre 3
  Chapitre 4
  Chapitre 5
  Chapitre 6
  Chapitre 7
  Chapitre 8
  Chapitre 9
  Chapitre 10

TATTVĀRTHA SŪTRA 

Chapitre 2
Les âmes, les sens, les corps des êtres vivants.

Sūtra 1. Les caractéristiques distinctives de l’âme (jīvā) sont les dispositions (les activités de la pensée) qui viennent de la diminution (aupashamika), de la destruction (kshāyika),du mélange (mishra) de la diminution et de la destruction des karma, de la fructification des karma (audayika), et de la nature propre ou capacité de l’âme (parināmika).
Sūtra 2. Ces cinq sortes de disposition sont de deux, neuf, dix-huit, vingt et un et trois types respectivement.
Sūtra 3. Les deux sortes de disposition qui résultent de la diminution (des karma) sont : la foi juste et la conduite juste.
Sūtra 4. Les neuf sortes de disposition qui viennent de la destruction sont : la destruction des karma qui affectent la connaissance (jñānāvaranīya), la perception (darshana), la charité ( dāna) , le gain (lābha), le plaisir (bhoga), la réjouissance (upabhoga), l’habileté (vīrya), la foi (samyaktva) et la conduite ( cāritra) justes.
Sūtra 5. Les dix-huit sortes de disposition qui viennent de la destruction avec réduction des karma sont :quatre sortes de connaissance (sensorielle, scripturale, clairvoyante et télépathique), trois sortes de connaissance erronée (sensorielle, scripturale et clairvoyante), trois sortes de perceptions (oculaire, non oculaire, clairvoyante) et cinq sortes de réalisation ( le don, le gain, le plaisir, la réjouissance et l’ énergie), la foi juste, la conduite juste et la conduite mixte ( de contrôle et de non contrôle).
Sūtra 6. Les vingt et une sortes d’apparition des karma sont liées : aux quatre conditions d’existence (gati), aux quatre passions (kashāya), aux sexes (linga), à la foi erronée (mithyādarshana), à la connaissance erronée (ajñāna), au non contrôle (asanyata), à la non atteinte du salut (asiddha) et aux six colorations de la pensée (leshyā) qui sont de quatre, quatre, trois, une, une, une, une et six sortes respectivement.
Sūtra 7. Les trois qualités naturelles de l’âme sont: le principe de vie ou conscience (jīvatva), la capacité pour le salut (bhavyatva) et l’incapacité pour le salut ( abhavyatva).
Sūtra 8. La conscience (upayoga) est le differentia ou caractéristique distinctive (lakshāna) de l’âme.
Sūtra 9. La conscience est de deux sortes i.e. la connaissance et la perception. Celles-ci, à leur tour, sont de huit sortes: la sensorielle, la scripturale, la clairvoyante, la télépathique et l’ omnisciente, et la sensorielle, la scripturale et la clairvoyante erronées, et de quatre sortes : oculaire, non oculaire, clairvoyante et parfaite, respectivement.
Sūtra 10. Les âmes sont de deux sortes : celles qui transmigrent (samsārī) et celles qui sont libérées ( mukta).
Sūtra 11. Les deux sortes d’âmes qui transmigrent sont avec et sans esprit ( samanaska et amanaska).
Sūtra 12. Les âmes qui transmigrent sont aussi divisées en deux catégories i.e. les êtres mobiles (trasa) et les êtres immobiles ( sthāvara).
Sūtra 13. Les êtres immobiles sont de cinq sortes : ceux qui ont un corps de terre (prithivī), ceux qui ont un corps d’eau (apa), ceux qui ont un corps de feu ( teja), ceux qui ont un corps d’air (vāyu) et ceux qui ont un corps végétal ( vanaspati).
Sūtra 14. Les êtres mobiles ont deux sens ou plus.
Sūtra 15. Il y a cinq sens ( endriyā) : le toucher, le goût, l’odorat, la vue et l’ouïe.
Sūtra 16. Chaque sens est de deux sortes i.e. matériel (dravyendriya) et émotionnel (bhāvendriya).
Sūtra 17. Le sens matériel se compose de l’organe lui-même (nirvritti) et des moyens ou des instruments de son environnement protecteur ( upakarana).
Sūtra 18. Le sens émotionnel se compose de la manifestation de sa faculté (labdhi) et de la conscience (upayoga).
Sūtra 19. Les cinq sens du toucher (sparshana), du goût (rasana), de l’odorat (ghrāna), de la vue (cakshu) et de l’ouïe (shrorta) se rapportent à un organe du corps e.g. les yeux pour la vue.
Sūtra 20. Le toucher ( sparsha), le goût ( rasa), l’odeur (gandha), la couleur (varna) et le son (shabda) sont les objets des sens.
Sūtra 21. La connaissance scripturale est du domaine de l’esprit.
Sūtra 22. Jusqu’à la fin des êtres végétaux (i.e. tous les êtres immobiles) ont un seul sens, celui du toucher.
Sūtra 23. Le vers, la fourmi, l’abeille, etc. et l’homme (manushya), ont chacun un sens de plus que le précédent.
Sūtra 24. Les êtres qui ont les cinq sens et l’esprit (la capacité de percevoir et de juger le bien et le mal ) sont appelés intelligents ( sanjñi).
Sūtra 25. Dans la transmigration de l’âme d’un corps dans un autre, il y a seulement la vibration du corps karmique (karma yoga).
Sūtra 26. Le transit d’une incarnation dans une autre (vigraha-gati) a lieu en lignes (lignes droites) dans l’espace.
Sūtra 27. Le mouvement d’une âme libérée va directement vers le haut sans une courbe.
Sūtra 28. Le mouvement des âmes qui transmigrent fait une courbe et peut prendre jusqu’à quatre instants (samayā), qui est le mouvement avec trois courbes. Chaque courbe demande un instant supplémentaire.
Sūtra 29. Un mouvement sans courbe prend seulement un instant.
Sūtra 30. Pendant le mouvement jusqu’à la dernière courbe, l’âme reste non assimilatrice (anāhārkā) i.e. elle n’attire pas de molécules de matière dont les corps sont formés pendant un, deux ou trois instants.
Sūtra 31. La naissance (est de trois sortes) par génération spontanée (sammūrchhana), de l’utérus (garbha) ou par groupement instantané de matière ( upapāda).
Sūtra 32. La matière vivante, le froid, le couvert, leurs opposés et leurs combinaisons sont les nuclei ou lieux de naissance individuels.
Sūtra 33. La naissance de l’utérus est de trois sortes : ombilicale (avec une poche protectrice), incubatrice (d’un œuf) et non ombilicale (sans poche protectrice).
Sūtra 34. La naissance des êtres célestes et infernaux a lieu par groupement instantané dans des lits spéciaux (upapāda).
Sūtra 35. La naissance des autres êtres ( excepté ceux par embryon et par groupement instantané) a lieu par génération spontanée.
Sūtra 36. Les corps (sharīra) sont de cinq sortes : physique (audārika) = cas des hommes et des animaux, transformable ou fluide (vaikriyika) = cas des êtres célestes et infernaux, projetable ( āhāraka) = cas de l’émanation spirituelle semblable à un homme de la tête d’un ascète qui doute, lumineux ou électrique (taijāsa) = cas du corps des âmes ordinaires formé de fines molécules de matière électrique) et karmique (kārmana) = cas du corps des âmes ordinaires formé de fines molécules de matière karmique.
Sūtra 37. Les corps sont successivement de plus en plus fins.
Sūtra 38. Jusqu’au corps lumineux, chacun a d’innombrable fois le nombre de points d’espace du corps précédent.
Sūtra 39. Les deux derniers corps (électrique et karmique) ont d’infinies fois les points d’espace du précédent.
Sūtra 40. Les deux derniers corps sont sans obstacle ( ils peuvent pénétrer et aller jusqu’aux confins de l’univers).
Sūtra 41. Les deux derniers corps sont associés à l’âme depuis toujours.
Sūtra 42. Les deux derniers corps sont associés à toutes les âmes qui transmigrent.
Sūtra 43. Une même âme peut avoir eu simultanément jusqu’à quatre corps, en commençant par les corps (lumineux et karmique), puisqu’ elle peut avoir, à un certain moment, soit un corps physique soit un corps transformable.
Sūtra 44. Le dernier corps (karmique) n’a pas les moyens de la jouissance (nirupabhoga).
Sūtra 45. Le premier corps (physique) naît de façon utérine ou par génération spontanée.
Sūtra 46. Le corps transformable apparaît par naissance dans des lits spéciaux.
Sūtra 47. L’atteinte par une austérité spéciale est aussi la cause de l’origine du corps transformable.
Sūtra 48. Le corps lumineux est aussi causé par atteinte.
Sūtra 49. Le corps projetable, qui est favorable, pur, et sans obstacle, apparaît seulement chez l’ascète à la sixième étape (du développement spirituel), pour dissiper ses doutes.
Sūtra 50. Les êtres infernaux et ceux qui naissent de façon spontanée sont de sexe neutre.
Sūtra 51. Les êtres célestes (deva et devī) ne sont pas de sexe neutre.
Sūtra 52. Les autres âmes qui transmigrent peuvent avoir l’un des trois sexes (masculin, féminin ou neutre) .
Sūtra 53. La durée de vie des êtres vivants nés dans des lits spéciaux, de ceux avec des corps absolument supérieurs et de ceux avec d’innombrables années, ne peut pas être abrégée (à la différence des humains, par exemple, dont la vie peut être abrégée par accident, suicide, maladie, etc.).

Résumé du chapitre

La nature de l’âme

Les activités de la pensée d’un être vivant sont guidées par : la réduction (la diminution) du karma, la destruction du karma, la destruction avec réduction du karma, la fructification du karma, la nature propre de l’âme.
La caractéristique qui distingue l’âme c’est la conscience

La classification des âmes.
Les deux sortes d’âmes sont : les âmes dans le monde et les âmes libérées. Les deux sortes d’âmes dans le monde sont avec ou sans esprit. Une autre classification des âmes dans le monde c’est les âmes mobiles et les âmes immobiles.
Les êtres vivants immobiles sont de cinq sortes : incorporés dans la terre, incorporés dans l’eau, incorporés dans le feu, incorporés dans l’air et incorporés dans les végétaux.

Les sens.
Les êtres vivants immobiles ont seulement le sens du toucher. Les êtres vivants mobiles ont deux sens ou plus. Les vers, les fourmis, les abeilles et les humains ont un sens de plus que ceux qui les précèdent. Il y a cinq sens qui sont : le toucher, le goût, l’odorat, la vue et l’ouïe. La forme et l’instrument matériels constituent les sens physiques. La capacité de la cognition sensorielle et la conscience constituent les sens abstraits.

Les êtres vivants et les corps.
Les êtres vivants qui ont un esprit sont des penseurs.
Au cours du transit d’un corps à un autre, une âme dans le monde est guidée par le karma. Les corps des êtres vivants sont faits de cinq composants : le corps physique, le corps fluide, le corps projetable, le corps de splendeur (énergique), et le corps karmique. Les composants des corps ci-dessus sont successivement de plus en plus fins. Les corps de splendeur et karmique sont sans empêchement. L’association de l’âme à ces deux composants des corps est sans commencement. Toutes les âmes dans le monde ont ces deux composants des corps. En plus des corps de splendeur et karmique, un être vivant peut avoir simultanément jusqu’à quatre composants des corps.